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Culture - Rencontre

Successions culturelles prometteuses à l’ambassade de France

Conseiller de coopération et d'action culturelle et attachée culturelle et audiovisuelle près l'ambassade de France, Aurélien Lechevallier et Carole Prat ont, en ce début de saison, succédé respectivement à Denis Gaillard et Jany Bourdais. Ils dressent pour l'OLJ les grandes lignes de leur programme d'action.

Carole Prat. (Michel Sayegh)

Carole Prat semble déjà comme un poisson dans l'eau dans les locaux de la Mission culturelle française. Occupant auparavant divers postes à la mairie de Paris, la diplômée de l'Institut d'études politiques de Strasbourg et de l'École française des attachés de presse se consacre par la suite - durant 13 ans - aux relations culturelles internationales de la Ville lumière. «Paris a des pactes d'amitié avec de nombreuses capitales à travers le monde, dont Beyrouth, précise-t-elle. J'étais en charge de l'opération "Paris Beyrouth en toutes lettres", qui avait débuté en décembre dernier et s'est concrétisée en avril, à l'occasion de la venue à Beyrouth de Bertrand Delanoé. Une opération qui a été menée dans le cadre du projet de coopération autour de la Maison jaune entre les villes de Paris et de Beyrouth.»
C'est au cours de ses nombreux voyages, notamment au Brésil, en Hongrie, en Russie, la Turquie ou en Algérie, que Prat met en place différents projets. Travaillant d'abord avec des structures étrangères et parisiennes, son champ d'action s'est actuellement élargi pour s'étendre à l'ensemble des institutions culturelles françaises. L'actuelle attachée culturelle et audiovisuelle était donc en terrain familier lorsqu'elle débarque en juillet et fait la connaissance de tous les services culturels du pays: «J'ai eu l'occasion de voir les actions déjà menées au Liban et d'avoir une idée sur les perspectives d'échanges et de programmation pour les années à venir», affirme-t-elle.

Deux parcours, une même vision
Aurélien Lechevallier, énarque et diplômé d'HEC et de Sciences-Po Paris, confirme l'adage «(...) La valeur n'attend pas le nombre des années.» Le jeune diplomate a déjà à son actif un palmarès diplomatique intéressant. Travaillant à l'ambassade de France de Bogota (Colombie) puis au Quai d'Orsay, il sera pendant trois ans premier secrétaire de l'ambassade à Washington. Actuellement, il est conseiller de coopération et d'action culturelle près l'ambassadeur et directeur de la Mission culturelle française. Aujourd'hui, sa responsabilité couvre des domaines au-delà de l'action culturelle, dont s'occupe Carole Prat. «Je suis en charge, précise-t-il, du suivi des écoles françaises au Liban (35) et, conjointement avec le ministère libanais de l'Éducation nationale, de la coopération linguistique et du renforcement de la francophonie dans les écoles publiques et privées libanaises. Je collabore aussi avec mon attaché de coopération dans beaucoup de projets pour renforcer les institutions libanaises comme les Affaires étrangères, le Parlement libanais, la police ou l'aéroport.» «Sans oublier, poursuit-il, le droit de regard sur l'action menée par les coopérations et les collectivités locales comme celles des mairies et des départements français au Liban.» Et d'ajouter: «Nous avons également un responsable pour le livre qui s'occupe de toutes les médiathèques (à noter qu'il y a neuf Centres culturels au Liban - le réseau le plus dense et le maillage le plus étroit qui existe dans le monde par rapport à la taille du pays et à la population, signale le diplomate). »
À la tête de cette structure multiforme couvrant plusieurs domaines, Aurélien Lechevallier est en étroite collaboration avec Carole Prat afin d'organiser les événements au Liban : faire venir les artistes français et promouvoir la mobilité des artistes libanais en France, d'une part, et travailler sur des projets de coopération avec les institutions culturelles libanaises et établir des relations avec Radio-Liban ou les différents médias, de l'autre. « C'est Carole qui est en rapport avec les acteurs de la scène libanaise, ajoute Lechevalier. Elle fait les propositions ainsi que le suivi au quotidien.»
À travers cette présentation non exhaustive des fonctions et des rôles se dessinent un grand enthousiasme et une véritable passion. «Parce que ce n'est pas seulement notre travail qui dicte notre action commune, mais notre caractère et notre personnalité à tous deux, avoue Prat. Nous aimons aller vers les autres, être à l'écoute et communiquer.» C'est pourquoi tous deux abordent cette nouvelle carrière avec plein de projets dans la tête, «même s'ils n'ont pas été finalisés encore», diront-ils de concert.

Des moments forts
Le premier défi, donc, qui se présente à ces deux «ambassadeurs» de la culture est celui du Salon du livre francophone. Une date qui marque chaque année le début de la saison culturelle au Liban. «Si, depuis l'an dernier, le syndicat des importateurs du livre est l'organisateur de ce Salon, nous travaillons, pour notre part, en liaison très étroite avec cette institution, dit Lechevallier. Nous signons ainsi l'ossature du programme et nous tenons, en tant que Salon francophone, à avoir nos collaborateurs belges, canadiens ou suisses avec nous.»
«Notre intervention directe concerne, d'une part, l'invitation des auteurs (il s'agira cette année de Laurent Gaudé, prix Goncourt; Yasmina Khadra; Frédéric Lenoir ou encore de Katherine Pancol, le best-seller de l'été, pour ne citer que ceux-là). D'autre part, le thème cette fois étant celui de la Méditerranée, nous organisons un événement sur Albert Camus, grand penseur de cette région, ainsi qu'une exposition venant d'Angoulême sur la bande dessinée.» «Le tout agrémenté d'une programmation musicale, ajoute Prat. Ainsi, avant les conférences, en collaboration avec le Conservatoire national de musique, des intermèdes musicaux à l'Agora permettront à des jeunes élèves, accompagnés de leurs professeurs, de déployer leur talent.»
Par la suite, l'année sera ponctuée de moments forts. «Place à la jeunesse», disent en cœur Prat et Lechevallier. «Un des objectifs de l'année est de focaliser l'énergie sur le potentiel des jeunes et cela en leur permettant de s'exprimer dans différentes disciplines.» En effet, la salle Montaigne pourrait se transformer en un grand atelier accueillant les jeunes talents qui veulent dessiner, peindre ou encore rendre hommage au mot, dans le cadre du Festival du conte organisé avec le théâtre Monnot. «Ce que je souhaite, dit Prat, c'est orienter ce lieu vers un large public. Qu'il vive et qu'il soit ouvert à toutes les initiatives.» «Enfin, si dans cet agenda culturel, la place de choix est réservée à tous nos partenaires, comme Omar Rajeh et son festival Bipod, les différents théâtres de la ville et le Basement, certains projets seront menés par nous directement, dira l'attachée culturelle, tout comme cette opération personnelle et directe sur le mouvement et le théâtre de la rue. Par ailleurs, deux grands événements sont encore à l'étude: l'un autour de l'œuvre de Rabelais, Gargantua, et l'autre une exposition de la mode française (à l'occasion de l'anniversaire d'Esmod France) qui mettrait en avant l'artisanat libanais. Mais tout cela est encore à l'état
embryonnaire.»
«Nous continuons à suivre notre logique de partenariat, car notre objectif n'est pas de planter un drapeau français et de crier Cocorico, conclut Aurélien Lechevallier, mais de tisser des liens durables avec nos partenaires. À travers ces initiatives, c'est la visibilité et la lisibilité adaptées au goût libanais qui sont recherchées.»
Pour sa part, Carole Prat ajoutera que la culture au Liban est un grand chantier «que nous prenons à bras-le-corps. L'important, c'est d'être à l'écoute et de pouvoir transformer ces énergies en événements.»
Carole Prat semble déjà comme un poisson dans l'eau dans les locaux de la Mission culturelle française. Occupant auparavant divers postes à la mairie de Paris, la diplômée de l'Institut d'études politiques de Strasbourg et de l'École française des attachés de presse se consacre par la suite - durant 13 ans - aux relations culturelles internationales de la Ville lumière. «Paris a des pactes d'amitié avec de nombreuses capitales à travers le monde, dont Beyrouth, précise-t-elle. J'étais en charge de l'opération "Paris Beyrouth en toutes lettres", qui avait débuté en décembre dernier et s'est concrétisée en avril, à l'occasion de la venue à Beyrouth de Bertrand Delanoé....
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