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Chili: premiers mineurs délivrés dans l'émotion et sans accroc

Les douze premiers des 33 mineurs bloqués depuis 69 jours au fond d'une mine du Chili ont été remontés mercredi à la surface au cours d'un sauvetage sans accroc, pleins de vie et accueillis avec émotion par leurs familles.
Chaque fois qu'un homme est arrivé à la surface après les 622 mètres de remontée dans une étroite nacelle de 53 centimètres de diamètre, des cris de joie et des applaudissements ont éclaté dans le "camp Espoir", où leurs parents et proches attendent les mineurs depuis plus de deux mois.
"J'étais très angoissée, mais maintenant je suis heureuse, j'ai complètement changé d'état d'esprit", a raconté Rossana Gomez, fille de Mario Gomez, 63 ans, doyen des "33" et apparemment en pleine forme malgré ses problèmes pulmonaires.
La santé des mineurs secourus est "assez bonne", a estimé le ministre de la Santé Jaime Manalich. "Les choses vont extraordinairement bien jusque là (...) même mieux que prévu", a-t-il ajouté alors que cette opération sans précédent devait se poursuivre devant les caméras du monde entier jusqu'à jeudi.
Le premier secouru, Florencio Avalos, 31 ans, a serré dans ses bras son enfant de sept ans, Byron, puis son épouse Monica.
Il donné une accolade à la Première Dame chilienne Cecilia Morel, au président Sebastian Pinera, qui a salué dans le sauvetage une opération "sans comparaison dans l'histoire de l'humanité".
Il a fallu une dizaine d'heures pour sauver les 12 premiers mineurs, alors que les autorités tablaient sur 24 à 48 heures pour boucler l'opération.
Le plus expansif des "33" a été le deuxième, Mario Sepulveda, 39 ans, qui a sauté comme un cabri et déclenché l'hilarité en tirant d'un sac de petites roches brillantes venues du fond de la mine, qu'il a distribuées aux secouristes, au président, au ministre des Mines.
"Il m'a surpris avec son sac d'+or+ pour le président. Toujours le même avec ses blagues", a commenté son père.
"J'ai été avec Dieu, et avec le Diable. Je me suis bagarré avec eux", a raconté Mario Sepulveda, aux côtés de sa femme Katty et de ses deux enfants, dans un bref monologue devant une caméra diffusé sur la télévision publique chilienne.
Le mineur, les yeux protégés par des lunettes spéciales après plus de deux mois de pénombre, a demandé qu'on ne traite pas les 33 "comme des artistes ou des journalistes, s'il vous plaît. Je veux qu'on me traite comme un mineur".
Dix autres hommes sont ensuite sortis des entrailles de la terre à bord de la capsule aux couleurs du drapeau chilien, baptisée Phénix en référence à la renaissance des mineurs.
Parmi eux se trouvaient le seul étranger du groupe, le Bolivien Carlos Mamani, 23 ans, et le benjamin, Jimmy Sanchez, 19 ans.
"Merci d'avoir cru que nous étions vivants", a lancé le douzième, Edison Pena, au président Pinera.
Aux abords de la mine, les familles étaient ballottées entre une intense joie et une indescriptible cohue médiatique, proche du pugilat.
"C'est un très grand bonheur, je suis très content, très heureux", a déclaré le père de Florencio Avalos, Alfonso, avant d'être happé par une foule de journalistes qui a fait vaciller la tente où campe la famille depuis le 6 août, lendemain de l'éboulement qui piégea les "33" au fond de la mine San José.
Les familles ont vécu 17 jours d'angoisse, jusqu'à ce qu'une sonde remonte le 22 août un message griffonné sur un bout de papier, désormais célèbre: "Nous allons bien, les 33, dans le refuge".
Après les premières embrassades, les mineurs ont été placés sur des brancards, puis auscultés dans un hôpital de campagne sur place.
Cinq mineurs ont ensuite été transférés par hélicoptère vers l'hôpital de Copiapo, à 50 kilomètres, pour 48 heures d'examens médicaux.
Carlos Mamani, lui, est resté à la mine pour rencontrer le président bolivien Evo Morales, venu le saluer.
Le dernier à sortir devrait être le "capitaine" du groupe, le chef de quart Luis Urzua, 54 ans.
Outre 800 proches et parents, plus de 2.000 journalistes ont accouru pour le "happy end" de cette saga souterraine sans précédent.
Les présidents américain, Barack Obama, et vénézuélien, Hugo Chavez, ont envoyé des messages de soutien aux mineurs qui faisaient mercredi la une des médias du monde entier.
En deux mois, les "33" sont devenus des vedettes planétaires, recevant des maillots dédicacés de stars du football, des chapelets bénis par le pape Benoît XVI, des iPods offerts par le patron d'Apple Steve Jobs, pour les aider à tenir pendant leur épreuve, qui inspire déjà des réalisateurs de cinéma.
Les douze premiers des 33 mineurs bloqués depuis 69 jours au fond d'une mine du Chili ont été remontés mercredi à la surface au cours d'un sauvetage sans accroc, pleins de vie et accueillis avec émotion par leurs familles.Chaque fois qu'un homme est arrivé à la surface après les 622 mètres de remontée dans une étroite nacelle de 53 centimètres de diamètre, des cris de joie et des applaudissements ont éclaté dans le "camp Espoir", où leurs parents et proches attendent les mineurs depuis plus de deux mois."J'étais très angoissée, mais maintenant je suis heureuse, j'ai complètement changé d'état d'esprit", a raconté Rossana Gomez, fille de Mario Gomez, 63 ans, doyen...