"L'exode mortel qui afflige nos Eglises ne pourra pas être évité", a déclaré le prélat chaldéen Louis Sako, pour qui "l'émigration est le plus grand défi qui menace notre présence".
Selon les chiffres de l'Eglise catholique, les chrétiens en Irak sont passés de 2,89% de la population en 1980 (378.000) à 0,94% en 2008 (301.000).
Il a appelé les Eglises à trouver avec la communauté internationale et les autorités locales des "choix communs qui respectent la dignité de la personne humaine" et soit fondés "sur l'égalité et la pleine citoyenneté" avec "des engagements de partenariat et de protection".
Mgr Sako a également plaidé pour un dialogue avec les musulmans pour "éliminer les guerres et toutes formes de violence" et "dénoncer ensemble le grand business du commerce des armes, vraie menace de guerre dans notre région".
Un de ses compatriotes, Mgr Shlemon Warduni, lui aussi chaldéen, a, de même, lancé un appel à la paix : "non à la guerre, oui à la paix, non aux armes de destruction, oui au désarmement, non au terrorisme, oui à la fraternité universelle, non aux divisions, aux querelles et au fanatisme, oui à l'unité, à la tolérance et au dialogue".
Mgr Warduni a, à son tour, demandé que les chrétiens du Moyen-Orient soient reconnus comme de "vrais citoyens", ce qui implique "le droit à la citoyenneté" et "le droit de maintenir leur présence" dans les pays de la région.
Dans un rapport publié en novembre, l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) avait affirmé que les minorités, notamment chrétiennes, du nord de l'Irak, étaient les victimes collatérales du conflit entre Arabes et Kurdes pour le contrôle de territoires disputés et devaient être protégées.
Fin 2008, une campagne de meurtres et de violences ciblées a fait 40 morts parmi les chrétiens, entraînant le départ de Mossoul de plus de 12.000 d'entre eux. Les diverses communautés se rejettent la responsabilité de ces attaques.
Plus récemment, entre le 14 et le 23 février, huit chrétiens ont été tués à Mossoul et dans ses environs.

