Alors que dans les 18 mois précédant les élections législatives, entre 15.000 et 18.000 Irakiens revenaient chaque mois au pays ou chez eux - après avoir été déplacés à l'intérieur même du pays - ce chiffre est depuis tombé à quelque 10.000 en raison de l'absence de gouvernement.
Lors des législatives du 7 mars, le Bloc irakien, alliance laïque soutenue par des sunnites, est arrivé en tête, avec deux sièges d'avance sur l'Alliance de l'Etat de droit (AED) du Premier ministre sortant Nouri al-Maliki, un mouvement chiite.
Malgré des mois de négociations et les multiples tentatives américaines de conciliation, aucun des deux n'est parvenu à forger une coalition de gouvernement.
"Ce que nous voyons, c'est que durant ces six derniers mois, le nombre de retours a chuté considérablement", a déclaré Walter Kaelin, représentant du secrétaire général des Nations Unies pour les droits des personnes déplacées dans leur propre pays, lors d'une conférence de presse à Bagdad.
"Les gens attendent (de voir) ce qui va se passer", a ajouté M. Kaelin, qui s'est rendu en Irak pour une visite de huit jours.
Daniel Endres, représentant de l'Irak auprès du Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, a précisé que 45% des réfugiés irakiens interrogés par du personnel des Nations unies aux frontières jordaniennes et syriennes ne souhaitaient pas y retourner définitivement, du fait de l'incertitude politique.
Par ailleurs, 15% indiquaient ne pas vouloir retourner en Irak en raison des problèmes de sécurité, tandis que 40% jugeaient les services de base insuffisants dans le pays.
Selon M. Endres, 1,52 million d'Irakiens ont été déplacés à l'intérieur du pays, dont environ 500.000 vivent dans des camps.
Après l'invasion américaine de l'Irak en 2003, près de 2 millions d'Irakiens ont quitté leur pays pour s'installer dans les pays voisins, la plupart en Syrie et en Jordanie, selon le HCR.

