Interrogée au Sénat sur les craintes exprimées en Europe concernant des risques accrus d'attentats, la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Janet Napolitano a affirmé: "Nous constatons tous une activité en hausse de la part d'un éventail de groupes plus divers" qu'auparavant.
Elle a ajouté que cette menace, "essentiellement de nature islamiste", "vise l'Occident en général", et qu'elle discuterait de cette question avec ses homologues européens la semaine prochaine.
Dans une déclaration écrite au Sénat, le chef des services antiterroristes américains, Michael Leiter, a lui estimé que "l'Europe est le principal objet d'attention d'Al-Qaïda", en affirmant que cinq de leurs complots avaient été déjoués sur le Vieux Continent ces quatre dernières années.
Ses commentaires vont dans le sens des avertissements lancés ces dernières semaines par la France ou encore la Grande-Bretagne, qui s'inquiètent ouvertement d'une menace grandissante d'attentats sur leur sol.
En France, le gouvernement et la police ont fait état ces derniers jours d'importantes menaces terroristes pesant sur le pays, le chef de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, ayant notamment évoqué "une menace terroriste majeure".
Le directeur général de la police nationale (DGPN) Frédéric Péchenard a renchéri mercredi en évoquant "un risque d'attentat important".
En Grande-Bretagne, le directeur général du MI5 (renseignements intérieurs) Jonathan Evans, d'habitude très discret, s'était publiquement inquiété mi-septembre de la menace grandissante de groupes liés à Al-Qaïda basés en Somalie et au Yémen.
Les responsables américains auditionnés au Sénat ont souligné qu'il était de plus en plus difficile de détecter et de déjouer ces complots, neuf ans après les attentats du 11 septembre 2001 qui ont engagé Washington dans une vaste guerre contre le terrorisme.
"La menace évolue de plusieurs manières, qui complexifient la tâche de la police et du renseignement", a fait valoir Mme Napolitano, en évoquant "un nombre plus important de groupes et de régions" à risque, et des "tactiques plus difficiles à détecter".
Al-Qaïda et ses affiliés fomentent désormais des attentats à plus petite échelle contre les Etats-Unis, a-t-elle rappelé, en évoquant les tentatives d'attaque contre un avion de ligne à Noël ou encore sur Times Square le 1er mai.
Une tendance doublée d'une hausse des cas d'individus radicalisés sur le sol américain.
"La menace terroriste a une nouvelle facette, celle de terroristes +made in USA+, des citoyens américains radicalisés ici et qui reçoivent un entraînement sur le sol américain ou ailleurs", a commenté Mme Napolitano.
Le directeur du FBI a donné pour exemple la Somalie, où "au moins deux douzaines d'Américains se sont rendus pour s'entraîner ou se battre ces dernières années".
Depuis 2009, une soixantaine de citoyens ou résidents américains ont été accusés ou inculpés d'activités terroristes, s'est alarmé le sénateur Joe Lieberman.
En mars, les Etats-Unis avaient été choqués par l'affaire de l'Américaine "JihadJane", de son vrai nom Colleen LaRose, inculpée de terrorisme et de préparation d'assassinat à l'étranger.

