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Proche-Orient : la France cherche à peser en rapprochant Syrie et Israël

Frustrée de la marginalisation de l'Union européenne dans la relance du dialogue israélo-palestinien monopolisée par les États-Unis, la France cherche à peser dans la quête de paix au Proche-Orient via une médiation entre la Syrie et Israël sur l'avenir du plateau du Golan.

Les autorités françaises reconnaissent que cette médiation doit se faire "en parfaite concertation" avec la Turquie et bien sûr les États-Unis, pilotes quasi-exclusifs du dialogue israélo-palestinien. Après la Syrie, Jean-Claude Cousseran devait enchaîner avec une visite à Ankara, selon le Quai d'Orsay./

Choisi en août comme émissaire, Jean-Claude Cousseran, ex-ambassadeur dans plusieurs pays au Proche-Orient et ancien patron des services secrets français (DGSE), vient de se rendre à Jérusalem et Damas.
Pour la France, le volet israélo-syrien ne doit pas être oublié après la reprise de négociations directes entre Israéliens et Palestiniens. La mise hors jeu de la Turquie - depuis l'affaire de la flotille pour Gaza - dans le dialogue indirect qu'elle pilotait entre la Syrie et Israël sur la restitution du Golan laisse le champ libre à une nouvelle initiative, juge-t-on à Paris.
Le plateau du Golan a été conquis par Israël sur la Syrie en juin 1967 durant la guerre des Six Jours et annexé en 1981. Cette annexion n'a pas été reconnue par la communauté internationale. Damas veut récupérer la totalité du plateau qui surplombe le nord d'Israël, où vivent plus de 18 000 Syriens, majoritairement druzes, et où se sont installés près de 20 000 colons juifs.
Avec cette médiation, "nous allons reprendre le fil du dialogue indirect" et "il s'agit de savoir si on peut recréer un climat de confiance et progresser", souligne un responsable français sous couvert d'anonymat.
Les autorités françaises reconnaissent que cette médiation doit se faire "en parfaite concertation" avec la Turquie et bien sûr les États-Unis, pilotes quasi-exclusifs du dialogue israélo-palestinien. Après la Syrie, Jean-Claude Cousseran devait enchaîner avec une visite à Ankara, selon le Quai d'Orsay.
En le recevant lundi, le président syrien Bachar el-Assad lui a fait valoir l'"importance d'une coordination avec la Turquie pour bâtir sur les acquis des négociations indirectes" menées sous l'égide d'Ankara, selon l'agence syrienne Sana.
Damas et Israël avaient engagé en mai 2008 des négociations indirectes par le biais de la Turquie, mais celles-ci ont été rompues après le déclenchement fin 2008 de l'offensive meurtrière israélienne contre la bande de Gaza.
Pour Denis Bauchard, de l'Institut français des Relations internationales (IFRI), "l'entrée de la Turquie dans une période pré-électorale ne devrait pas l'inciter à jouer un rôle direct" dans un dialogue renoué entre les protagonistes.
Selon lui, une médiation française peut être favorisée par le fait que "Jean-Claude Cousseran est un diplomate expérimenté qui connaît bien la Syrie et le Moyen-Orient".
Le dossier du Golan a déjà été "largement traité", relèvent de surcroît les autorités françaises. Il s'en est fallu de peu qu'une entente soit trouvée à ce sujet en 2000 et "les briques qui peuvent constituer un accord sont là", ajoutent-elles.
Dans un ouvrage paraissant mercredi, intitulé "Les Arabes et la paix", Denise Ammoun, journaliste, rappelle "l'état d'esprit positif" et la "souplesse" des Syriens dans les négociations menées alors par le président américain Bill Clinton. Mais à cette époque, Israël "ne veut pas la paix" en proposant une restitution totale du Golan à Damas sans accès au lac de Tibériade, estime-t-elle.
Dans une région où les services secrets jouent un rôle prépondérant, les états de service de Jean-Claude Cousseran à la tête de la DGSE entre 2000 et 2002 sont enfin un atout non négligeable. "Cela le rend très sympathique dans un certain nombre de pays" de la région, assure un responsable français.
Choisi en août comme émissaire, Jean-Claude Cousseran, ex-ambassadeur dans plusieurs pays au Proche-Orient et ancien patron des services secrets français (DGSE), vient de se rendre à Jérusalem et Damas.Pour la France, le volet israélo-syrien ne doit pas être oublié après la reprise de négociations directes entre Israéliens et Palestiniens. La mise hors jeu de la Turquie - depuis l'affaire de la flotille pour Gaza - dans le dialogue indirect qu'elle pilotait entre la Syrie et Israël sur la restitution du Golan laisse le champ libre à une nouvelle initiative, juge-t-on à Paris.Le plateau du Golan a été conquis par Israël sur la Syrie en juin 1967 durant la guerre des Six Jours et annexé en 1981. Cette annexion...