"Nous estimons que la Turquie veut faire une Bosnie unitaire et centralisée, à la mesure d'un seul peuple", a déclaré M. Dodik à la radio, au lendemain d'un entretien dimanche avec le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman.
Le Premier ministre de la Republika Srpska (RS, entité des Serbes de Bosnie) a ajouté avoir dit à M. Lieberman que sa communauté ressentait "une forte présence de la Turquie en Bosnie-Herzégovine, motivée uniquement par le soutien aux Musulmans bosniaques, sans volonté de comprendre le contexte dans lequel la Bosnie existe".
"J'ai dit au ministre (israélien) qu'on ne pouvait pas accepter un tel rôle intermédiaire de la Turquie", a-t-il déclaré, sans davantage de détails.
La Turquie est un allié traditionnel des Musulmans de Bosnie.
Depuis la fin de la guerre (1992-95), la Bosnie est composée de deux entités, la RS et la Fédération croato-musulmane, unies par de faibles institutions centrales.
Les dirigeants serbes bosniaques s'opposent au renforcement des institutions centrales, souhaité par des responsables politiques musulmans (communauté majoritaire en Bosnie), mais également par l'Union européenne. Ils redoutent que ce processus réduise leur autonomie.
Le chef du gouvernement serbe bosniaque devait rencontrer lundi le président israélien Shimon Peres à Jérusalem.
Les relations entre la Turquie et Israël, deux alliés traditionnels, se sont sévèrement détériorées après le raid israélien le 31 mai contre une flottille d'aide humanitaire se dirigeant vers Gaza, au cours duquel neuf Turcs ont été tués.

