Un Bruxellois est décédé en juin à son retour du Pakistan, son pays d'origine, où il avait été infecté par cette bactérie, a expliqué Denis Piérard, microbiologiste à l'hôpital universitaire bruxellois AZ VUB, où l'homme avait été traité.
"Il s'agissait d'un patient diabétique. En voyage au Pakistan, il a été victime d'un accident de voiture. Hospitalisé sur place pour une importante plaie à la jambe, il a ensuite été rapatrié en Belgique" mais était déjà contaminé, a-t-il précisé.
Malgré l'administration de colistine, un antibiotique puissant, le patient est décédé, a indiqué le médecin, cité par la presse belge.
Un autre homme, originaire pour sa part du Monténégro, a été contaminé en juillet par la bactérie NDM-1, lui aussi lors d'un voyage dans son pays d'origine, a par ailleurs a indiqué à l'AFP Youri Glupczynski, responsable du laboratoire de bactériologie des Cliniques Universitaires de l'Université de Louvain.
Soigné dans un hôpital de la région d'Anvers, "son état s'est amélioré et il a pu rentrer chez lui", a précisé le médecin. L'homme s'était rendu comme chaque année en vacances dans sa région d'origine, où il avait lui aussi été hospitalisé après un accident, selon M. Glupczynski.
L'entérobactérie incriminée, productrice d'une enzyme baptisée "New Delhi métallo-beta-lactamase" (NDM-1), a été identifiée pour la première fois en 2009 chez un patient suédois qui avait été hospitalisé en Inde.
Selon une étude publiée cette semaine dans la revue britannique The Lancet Infectious Diseases, des chercheurs l'ont aussi isolée chez 37 patients au Royaume-Uni, dont certains avaient voyagé en Inde ou au Pakistan pour y subir une opération de chirurgie esthétique. Trois Australiens, qui ont voyagé en Inde, ont également été infectés, faisant craindre une propagation mondiale.
"L'épicentre de la présence de la bactérie semble bien être l'Inde et le Pakistan, mais il apparaît que par les contacts, les voyages, sa diffusion soit plus large", a souligné le professeur Glupczynski, évoquant le cas de l'homme contaminé au Monténégro.
Le NDM-1 résiste à pratiquement tous les types d'antibiotiques, y compris les carbapénèmes, généralement réservés aux urgences et au traitement des infections multi-résistantes.
Les hôpitaux belges ont renforcé leur vigilance, notamment pour les cas de patients rapatriés de l'étranger, afin d'éviter les contaminations, ont indiqué des responsables de plusieurs hôpitaux.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine