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Culture - Festival

Toupies humaines sur incantations soufies

Clôture du Festival de Tripoli ce soir par un spectacle de derviches tourneurs traditionnels, accompagnés d'un orchestre de récitants et de musiciens.

Tableau giratoire de danse soufie. (Photos Sami Ayad)

Invitée à ce produire ce soir dans le cadre de la soirée de clôture du Festival de Tripoli* - et en préambule à l'ouverture du jeûne du ramadan -, la troupe damascène Tahlileh a présenté en avant-première à la presse, au théâtre Ivoire (Sin-el-Fil), des morceaux choisis de son spectacle.
C'est par une prière de louanges que s'ouvre la prestation de cette formation regroupant quelque vingt-cinq récitants, musiciens et derviches. Dès le premier tableau, le ton religieux et traditionaliste est donné. Il ne s'agit pas ici d'une interprétation contemporaine de la danse-transe des soufis, mais d'une véritable assemblée de croyants en prière.
Prières incantatoires des récitants de versets du Coran, en abbayas et tarbouches, alignés en fond de scène. Récitations mélodieuses des poétiques mouachahat au son du nay, du oud, du qanun, de la tabla et autres instruments du takht oriental. Et surtout magnifique prière giratoire des derviches. Lesquels, dans leur tenue traditionnelle (robe blanche : couleur de pureté, mais aussi du linceul, symbole de mort matérielle et d'élévation, chapeautés d'un tarbouche longitudinal beige, couleur de la terre), vont entraîner les spectateurs à leur suite dans un tourbillonnant voyage spirituel.
Tournoyant, dans le sens contraire de l'aiguille d'une montre, main droite levée, paume ouverte vers le ciel et main gauche tendue horizontalement, paume vers la terre, ces danseurs mystiques - dont le plus jeune est âgé de 9 ans ! - figurent ainsi des capteurs d'énergie divine.
Leur rotation, lente au départ, s'accélère de plus en plus aux sons des rythmes scandés, déployant leurs longues jupes blanches en corolle, dans ce qui est le symbole d'une nappe d'énergie pure recouvrant la terre. La gestuelle de ces toupies humaines, extrêmement codifiée, reprend aussi différents mouvements de bras. Ascendants, comme les mains jointes en triangle au-dessus de leur tête, pour signifier toujours cette aspiration d'énergie, mais aussi croisées sur la poitrine dans un geste d'humilité. Une gestuelle explicitement désynchronisée, témoignant d'une véritable danse-transe que chacun des derviches atteint à son rythme et non pas en tableaux chorégraphiques préélaborés. Une absence de synchronisation qui ne diminue néanmoins en rien l'esthétique, par moments saisissante, de ce spectacle issu d'une tradition religieuse ancestrale. Et interpellant le sentiment mystique. Avis aux amateurs !

*Billets en vente dans tous les points Telepaty. Informations aux : 06/412560 ou 06/411611.
Invitée à ce produire ce soir dans le cadre de la soirée de clôture du Festival de Tripoli* - et en préambule à l'ouverture du jeûne du ramadan -, la troupe damascène Tahlileh a présenté en avant-première à la presse, au théâtre Ivoire (Sin-el-Fil), des morceaux choisis de son spectacle. C'est par une prière de louanges que s'ouvre la prestation de cette formation regroupant quelque vingt-cinq récitants, musiciens et derviches. Dès le premier tableau, le ton religieux et traditionaliste est donné. Il ne s'agit pas ici d'une interprétation contemporaine de la danse-transe des soufis, mais d'une véritable assemblée de croyants en prière. Prières incantatoires des récitants de...
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