Une semaine après le début de la crise, la communauté internationale craint une crise alimentaire majeure chez les survivants des pluies torrentielles qui ont dévasté les villages et terres agricoles, tuant au passage plus de 1.500 personnes, dans le nord-ouest et le centre du pays.
Les victimes critiquaient de leur côté le gouvernement, incapable selon eux de les secourir, mettant la pression sur une administration déjà mise en difficulté par la rébellion des talibans et la crise économique.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a chargé mercredi Jean-Maurice Ripert, ancien ambassadeur de France auprès de l'organisation, d'évaluer sur place les dégâts des inondations.
M. Ripert, actuellement chargé des affaires humanitaires pour le Pakistan auprès de l'ONU, devait commencer jeudi à aider Islamabad à répondre "aux besoins les plus urgents et les plus immédiats" des sinistrés et "à organiser la première phase de récupération et de reconstruction", selon l'ONU.
L'ONU et plusieurs pays ont annoncé ces derniers jours l'envoi de dizaines de millions de dollars d'aide pour les victimes des inondations.
Mercredi, le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani avait demandé à son administration d'accélérer la délivrance de l'aide. Il avait ajouté que ses ministres allaient donner chacun un mois de salaire et chaque membre de l'armée un jour de salaire pour venir en aide aux sinistrés.
Les précipitations record qui se sont abattues depuis la semaine dernière ont dévasté villages et plaines agricoles dans la province de Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest), déjà meurtrie par la sanglante rébellion des talibans et les offensives de l'armée, et la province centrale du Pendjab.
"Nous avons un besoin urgent d'aide en nourriture pour prévenir une situation de pénurie alimentaire", a indiqué Amjad Jamal, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations-Unies.
L'ONU a également insisté sur la nécessité d'acheminer de l'eau potable le plus vite possible pour éviter une propagation des maladies.
L'Autorité pakistanaise de gestion des sinistres a émis de nouvelles alertes aux inondations, notamment au Pendjab, la province la plus peuplée du pays, où les flots continuaient à gagner du terrain. "Nous attendons de nouvelles pluies au cours des prochaines 24 heures", a souligné Hazrat Mir, directeur des services météorologiques dans le Pendjab.
"La situation est alarmante. Les victimes se trouvent dans des conditions misérables à certains endroits, notamment près des barrages", a-t-il ajouté.
Sept districts sont désormais affectés dans le Pendjab et cinq dans le Sindh (sud), selon l'ONU.
Les survivants continuaient de critiquer le gouvernement, disant n'avoir reçu aucune aide, sinon de leurs familles, alors que M. Gilani avait annoncé que près de 100.000 personnes avaient été secourues et que du matériel d'aide en quantité suffisante avait été envoyé dans les provinces.
Certains ont manifesté contre le gouvernement mercredi à Peshawar, la principale ville du nord-ouest, ainsi que sur l'autoroute menant à Islamabad, bloquée pendant une heure et demi.
Ils reprochaient notamment au président Asif Ali Zardari, déjà très impopulaire, de ne pas avoir interrompu sa tournée en Europe, et de préférer les hôtels cinq étoiles au chevet des victimes.

