Le porte-parole du Premier ministre israélien, Marc Regev, s'est félicité de la déclaration de la Finul qui, selon lui, "apporte un soutien à la position israélienne"./
"J'espère qu'il n'y aura pas d'escalade, que nous aurons un été calme et que les choses vont redevenir normales (...) Il faut agir de telle sorte qu'un incident local ne dégénère pas en une véritable crise", a affirmé le ministre de la Défense Ehud Barak à l'issue d'une réunion du cabinet de sécurité consacré à ces affrontements.
Les accrochages, qui ont coûté la vie à trois Libanais -deux soldats et un journaliste- et à un officier israélien, se sont produits dans un secteur frontalier où l'armée israélienne voulait déraciner un arbre.
Des responsables militaires libanais avaient affirmé que l'arbre se trouvait au Liban ce qu'ont contesté les Israéliens.
La Force des Nations unies au Liban (Finul), stationnée dans le sud du Liban, a affirmé mercredi que l'arbre de la discorde se trouvait "du côté israélien".
"La Finul a établi (...) que les arbres coupés par l'armée israélienne se situent au sud de la Ligne bleue, du côté israélien", indique un communiqué.
À la suite de la déclaration de la Finul, le Liban a maintenu sa version selon laquelle l'arbre se trouvait en territoire libanais. "Le Liban a toujours exprimé son respect pour la Ligne bleue mais a toujours affirmé qu'elle ne constitue pas la frontière internationale et qu'il existe des secteurs au sud de la Ligne bleue qui sont en territoire libanais", a déclaré le ministre de l'Information Tarek Mitri lors d'une conférence de presse.
"Les arbres (...) se trouvaient au sud de la Ligne bleue mais en territoire libanais", a-t-il dit.
Le porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Marc Regev, s'est félicité de la déclaration de la Finul qui, selon lui, "apporte un soutien à la position israélienne selon laquelle les travaux de routine effectués par notre armée se sont déroulés au sud de la ligne bleue en territoire israélien".
"L'armée libanaise n'avait, de ce fait, aucune raison d'ouvrir le feu vers nos soldats et ses attaques sont injustifiables", a ajouté Marc Regev.
La Ligne bleue a été tracée par l'ONU à la suite du retrait de l'armée israélienne en mai 2000 du Liban sud au bout de 22 ans d'occupation pour faire office de frontière.
Sur le terrain, des soldats israéliens ont finalement déraciné l'arbre mercredi matin au moyen d'une grue et l'ont jeté du côté israélien de la frontière, a constaté un correspondant de l'AFP au Liban. Ils ont également déraciné deux autres arbres à proximité.
La radio militaire israélienne avait indiqué plus tôt que l'armée avait déployé dans la matinée d'importants renforts dans le secteur de la frontière. Des unités équipées notamment de véhicules blindés ont été déployées près de l'endroit afin de protéger les militaires et les engins qui allaient être utilisés pour déraciner l'arbre, avait précisé la radio.
Selon les médias israéliens, cette opération viserait à permettre l'installation d'une caméra sur la clôture de sécurité pour surveiller le territoire libanais.
"L'incident de mardi n'a pas été programmé par l'état major de l'armée libanaise à Beyrouth ni par le Hezbollah", a affirmé M. Barak tout en prévenant qu'Israël réagirait "à toute provocation".
M. Barak a également déploré que les États-Unis et la France "aient fourni des armes sophistiquées au Liban, qui ont été utilisées lors des heurts de mardi et qui pourraient tomber dans les mains du Hezbollah".
Mardi soir, le Hezbollah a affirmé qu'il avait décidé de ne pas intervenir dans les heurts à la frontière mais a averti qu'il n'hésiterait pas à le faire en cas de "nouvelle agression" d'Israël.
Un porte-parole de l'armée libanaise a pour sa part prévenu mercredi que son pays riposterait à toute nouvelle "agression" israélienne peu après l'annonce de l'envoi de troupes israéliennes à la frontière.
Mardi, l'ONU, l'UE et plusieurs pays occidentaux avaient appelé les deux parties à faire preuve de retenue.

