"Nous avons reçu un mémorandum de la Commission des communications et de la technologie de l'information (CITC, autorité de régulation) nous informant que certains (bien certains) services de BlackBerry seraient suspendus dans le courant du mois d'août", a précisé ce responsable qui a requis l'anonymat.
"La CITC, a ordonné aux fournisseurs locaux de suspendre le service des messageries de BlackBerry ce mois (août)", indique également le journal Saudi Gazette lundi.
Citant des sources officielles, le quotidien rapporte que les trois fournisseurs saoudiens s'attendaient depuis cinq mois à une telle décision.
Selon le journal, ces firmes ont précisé que la suspension, qui concerne la messagerie instantanée, ne concernerait pas le service courriel.
Les trois fournisseurs, Saudi telecommunications co. (STC), Mobily et Zain, ont demandé à Research in Motion (Rim), fabricant canadien du téléphone multimédia, de "modifier son service de messagerie de manière à ce qu'il soit conforme aux normes officielles et sociales" de l'Arabie saoudite.
Rim a informé les firmes saoudiennes qu'il allait s'employer à le faire "pour satisfaire les demandes de responsables d'autres pays dont le royaume et la France", ajoute Saudi Gazette.
Les services de messagerie du téléphone BlackBerry, qui comptent plus de 700.000 abonnés en Arabie saoudite, fonctionnaient normalement lundi matin dans le royaume, selon plusieurs personnes interrogées par l'AFP.
Les Emirats arabes unis, qui comptent 500.000 abonnés, avaient annoncé dimanche la suspension à partir du 11 octobre des principaux services de BlackBerry, non conformes aux législations en vigueur dans le pays et qui soulèveraient des problèmes de sécurité.
La suspension sera valable "tant qu'une solution conforme aux législations sur les télécommunications en vigueur dans le pays n'est pas trouvée", a indiqué l'Autorité de contrôle des télécommunications (TRA).
Selon elle, la décision a été prise "après l'échec de plusieurs tentatives pour que les services de BlackBerry soient compatibles" avec les lois du pays.
Le débat sur le contrôle des services BlackBerry aux Emirats s'est amplifié la semaine dernière, le coeur du problème portant sur le traitement et le stockage hors du pays des données des utilisateurs du BlackBerry.
Une controverse similaire avait éclaté en Inde quand le gouvernement indien avait prévenu qu'il bloquerait les opérations de Rim s'il n'était pas en mesure de surveiller les e-mails et messages textes pour des raisons de sécurité.
Rim avait assuré peu de temps après qu'il aborderait bientôt les inquiétudes concernant "le problème de surveiller le BlackBerry", avait précisé la semaine dernière Utthan Kumar Bansal, un responsable au ministère de l'Intérieur.
L'Inde, confrontée à une insurrection maoïste et aux menaces permanentes de groupes islamistes, est devenue très attentive au rôle potentiel des nouvelles technologies dans ces troubles.

