Si sur le terrain, l'UE fournit de l'assistance technique à un allègement du blocus israélien contre Gaza, "elle risque d'être impliquée dans une action illégale au regard du droit international", a prévenu Mahmoud Abou Rahma, de l'ONG palestinienne de droits de l'Homme Al Mezan, lors d'un point presse.
"L'UE peut faire plus", et il semble qu'elle ait "un manque de volonté" à le faire, a déploré, à ses côtés, Sari Bashi, de l'ONG israélienne Gisha, spécialisée dans l'assistance juridique aux Palestiniens.
Le problème n'est pas uniquement d'autoriser les biens à entrer dans Gaza, mais d'autoriser les exportations de biens de Gaza, estime Mme Bashi: "Sans autorisations d'exportations, pas d'industrie" à Gaza.
Actuellement, la bande de Gaza est maintenue "au bord de la crise humanitaire", a dénoncé Mahmoud Abou Rahma, la population bénéficiant de distributions de nourriture et de médicaments, en particulier grâce au soutien de l'UE.
En cas de crise humanitaire, "Israël ne pourrait poursuivre sa politique" de blocus de Gaza, a-t-il relevé.
Sans demander à l'UE de renoncer à son aide humanitaire, les ONG demandent à l'Europe de se concentrer sur des politiques qui encouragent le développement économique et la reconstruction de Gaza, ont-il souligné.
Israël devrait avoir finalisé dans "les prochains jours" une liste de produits dont l'entrée à Gaza demeurera interdite en dépit de l'allègement du blocus terrestre du territoire palestinien, a estimé jeudi à Paris Tony Blair, émissaire du quartette pour le Proche-Orient.
Le 20 juin, Israël a confirmé la levée de l'embargo sur tous les "biens à usage civil" à destination de Gaza, tout en maintenant son blocus maritime pour empêcher l'importation d'armes.
L'UE fait pression sur Israël depuis plusieurs semaines pour alléger le blocus de Gaza et a proposé son aide pour faciliter l'entrée des biens et des personnes.
L'Italie se prépare à mener une délégation ministérielle européenne dans la bande de Gaza contrôlée par le Hamas.

