Un indicateur de la disponibilité de ses services, mis en ligne mercredi, révélait une nouvelle restriction sur l'accès au moteur de recherche entre mardi et mercredi: une petite clé à molette jaune avait remplacé le signe vert montrant que les services en Chine fonctionnaient normalement. Mais le groupe internet ne fournissait aucun commentaire dans l'immédiat.
Google, sollicité par l'AFP, a précisé que seules les recherches répondant à des "suggestions" de Google, donc partiellement complétées par le moteur de recherche lui-même, étaient bloquées. "Les recherches normales n'utilisant pas de suggestions de recherche ne semblent pas touchées", a indiqué un porte-parole.
La difficulté à taper des caractères chinois rend les recherches par suggestion particulièrement populaires en Chine.
Durant trois jours depuis le début du mois, le moteur de recherche de Google était déjà apparu "partiellement bloqué", les 17, 18 et 20 juin, et il était difficile de savoir si les problèmes rencontrés mercredi étaient liés à l'expiration de la licence d'exploitation.
Dans la nuit de lundi à mardi, juste avant l'expiration de cette licence, Google avait annoncé une modification de son système visant à cesser de censurer son moteur de recherche, dans un effort destiné à satisfaire les exigences des autorités chinoises.
Les internautes se rendant sur son site chinois Google.cn ne sont donc plus automatiquement dirigés sur son site hong-kongais, comme c'était le cas depuis mars, mais ont l'option de se rendre sur le site hong-kongais pour accéder à des pages non censurées.
Le directeur juridique de Google David Drummond avait expliqué sur le blog officiel du groupe que le basculement automatique sur le site hong-kongais avait été jugé "inacceptable" par les responsables du régime communiste, qui maintient un strict contrôle de l'internet.
Or, la licence permettant à Google de fonctionner en Chine expirait mercredi, et le site voulait une solution lui permettant de garder une présence sur cet énorme marché.
Une porte-parole de Google à Pékin avait indiqué mercredi que le groupe resterait en communication avec les autorités, "pour voir quelles informations ils nous donnent".
Le ministère chinois compétent était injoignable par l'AFP mercredi à Pékin.
En janvier, Google s'était déclaré excédé par des attaques informatiques visant son code source et la messagerie Gmail de militants chinois des droits de l'homme. Le groupe avait annoncé son intention de cesser de censurer les résultats de son moteur de recherche et prévenu que si les autorités chinoises s'y opposaient, il arrêterait ses opérations dans le pays.
Mardi, l'association de défense des droits de l'homme Human Rights in China avait salué les efforts de Google pour arrêter la censure sans cesser ses opérations en Chine.
"Quant à savoir si ça va passer auprès des autorités chinoises, c'est une autre question", avait estimé la directrice générale de cette organisation, Sharon Hom, ajoutant: "c'est difficile à dire".

