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Culture - Livre

De l’identité culturelle libanaise et arabe

Parler de la culture libanaise et arabe, c'est évoquer un long parcours où la capitale du pays du Cèdre a été le théâtre, turbulent et passionné, de toutes les créativités artistiques. Dans son livre « Beyrouth wal hadatha », l'écrivain Kamal Dib en donne une image reluisante avec des interrogations que seuls peut-être le temps et le futur pourront éclaircir et élucider.

En devanture des librairies, un livre de réflexion, capital et d'actualité, sur l'identité culturelle libanaise et arabe. À un moment où seule la férocité de l'économique prime car, en ce XXIe siècle supermatérialiste, «avoir» est devenu bien plus important et essentiel qu' «être».
Mais aujour-d'hui, comme toujours, la culture est un produit parfaitement «commercialisable». Elle (se) vit et s'exporte. La culture, valeur suprême de la transcendance et sens absolu de l'élévation de l'être, peut avoir aussi odeur et pouvoir d'argent.
L'économiste Kamal Dib prend la plume pour défendre les couleurs multiples de la culture en langue arabe. D'origine libanaise et émigré au Canada, l'auteur a toujours une langue maternelle d'excellent aloi.
Il publie à Dar an-Nahar un volumineux ouvrage, minutieusement analytique et informationnel, étayé d'une documentation sourcilleuse et approfondie, intitulé Beyrouth wal hadatha (Beyrouth et la modernité, 362 pages). Et en sous-titre «La culture et l'identité, de Gibran à
Feyrouz».
Vaste programme et épineux dossier pour dégager l'âme d'un pays et faire la lumière sur un panorama, un kaléidoscope d'événements qui s'étendent dans le temps et où sont répertoriés, décortiqués, commentés et analysés tous les «actants» de cette scène mouvante et mobile qu'on appelle le monde de la culture. Histoire d'une ville par conséquent avec ses facettes profondément ramifiées où, de 1891 à 2010, une mégapole cosmopolite mais farouchement levantine, active et créative, dessine les méandres de son destin et sculpte, dans l'urgence et les revirements de l'histoire, le profil de son vrai visage.
Un destin et un visage pour une identité de culture et de civilisation entre Orient et Occident, avec toutes les richesses, les paradoxes, les particularités et les contradictions que cela comporte et charrie.
Douze chapitres pour tracer l'image d'un combat culturel révélant la nature et la grandeur humaine où, contre l'obscurantisme, l'adversité, l'oppression, l'analphabétisme et les valeurs arrêtées, sclérosées se sont dressés les ardents défenseurs de la liberté et de la vérité. Des hommes de lettres, des poètes, des musiciens, des dramaturges, des chorégraphes, des cinéastes. La clef de l'épanouissement et du dépassement est toujours dans la création.
En tête du peloton, Gibran Khalil Gibran et Mikhaël Neaïmeh. Suivent, pour ce cortège un peu bigarré par ses options et diversités politiques ou même nationalistes: Assi et Mansour Rahbani, Feyrouz, Hicham Charabi, Édouard Saïd, Nizar Kabbani, Adonis, Khalil Haoui, Mahmoud Darwiche, Ziad Rahbani, Bourhane Alawiyé, Maroun Baghdadi, Randa Chahal, Jocelyn Saab et Nadine Labaki.
Les générations et les courants de pensée se mêlent pour tout ce qui a donné des couleurs, du glamour et de la passion de vivre. Beyrouth aux nuits scintillantes, aux jours d'été torrides, aux montagnes sentant le thym et le romarin, aux plages fabuleuses, temple de la culture et lieu d'enseignement et de références culturelles au monde arabe, pour ne jamais étancher sa soif de liberté et de rêve, a toujours eu recours aux mots des poètes, à la farandole des notes des musiciens, aux pas martelés des danseurs, aux levers de rideaux houleux, au regard impertinent d'une caméra goulue et insolente.
Grandeur et décadence d'une ville qui se positionne constamment sur l'échiquier du monde et qui a toujours un rôle régional culturel phare.
En «addendum» de l'ouvrage, comme pour mieux rester au plus près du sujet, les opinions et les avis des enfants de la Cité. Beyrouth d'aujourd'hui à travers des pages d'Adonis, Paul Chaoul, Chawki Bzeikh, Akl Awit, Abbas Baydoun, Mohammad Ali Chams, Abdo Wazen...
Beyrouth muse, Beyrouth centre de création, Beyrouth aune de la culture, Beyrouth âme d'un pays, Beyrouth clef de la liberté? Tout cela à la fois, car les villes ont une âme et une vie, et c'est cela qu'il faut toujours sonder et ausculter pour conjurer les maléfices et les présages des tristes et lugubres Cassandre.
En devanture des librairies, un livre de réflexion, capital et d'actualité, sur l'identité culturelle libanaise et arabe. À un moment où seule la férocité de l'économique prime car, en ce XXIe siècle supermatérialiste, «avoir» est devenu bien plus important et essentiel qu' «être».Mais aujour-d'hui, comme toujours, la culture est un produit parfaitement «commercialisable». Elle (se) vit et s'exporte. La culture, valeur suprême de la transcendance et sens absolu de l'élévation de l'être, peut avoir aussi odeur et pouvoir d'argent.L'économiste Kamal Dib prend la plume pour défendre les couleurs multiples de la culture en langue arabe. D'origine libanaise et émigré au Canada,...
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