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Culture - Livres

« Les amants de Gibraltar » de Dominique Baudis

Dominique Baudis signera ce soir*, à la Librairie Antoine de l'ABC, « Les amants de Gibraltar », son tout dernier roman paru il y a moins d'un mois en France aux éditions Grasset. Et déjà couronné du Prix Méditerranée 2010.

On ne présente plus Dominique Baudis. En particulier aux Libanais qui le suivent depuis son premier livre, La passion des chrétiens du Liban, paru en 1978. Depuis, cet ex-journaliste, qui avait commencé sa carrière dans notre pays avant de devenir grand reporter et correspondant pour le Proche-Orient puis de se convertir à la politique - il a été maire de Toulouse, député à l'Assemblée nationale et il est actuellement député européen -, a écrit plusieurs romans historiques qui révèlent, s'il en faut, son goût pour l'Orient. Un attrait qui l'a porté également à la tête de l'Institut du monde arabe, à Paris, dont il est l'actuel président.
Son dernier opus ne déroge pas à la règle. Dans Les amants de Gibraltar, Dominique Baudis revient sur une époque qui a connu une poussée extraordinaire de conquêtes arabes : l'aube du VIIIe siècle. C'est à cette période charnière, au cours de laquelle les musulmans vont entrer en Espagne, qu'il va placer les protagonistes de son roman, pas vraiment d'amour, en dépit du titre, mais plutôt d'espionnage et, bien sûr, d'histoire.
En Orient, l'empire byzantin tente de résister à l'islam naissant. Pour éviter la prise de Constantinople, l'empereur Justinien II et son conseiller et espion Angelos imaginent un plan : détourner les envahisseurs en favorisant leur entrée en Occident par le détroit qui sépare le Maghreb de l'Hispanie. Déguisé en moine, puis en Vénitien, Angelos ira de Damas à Ceuta, de Tanger à Kairoun, manipuler les uns et les autres et semer les éléments perturbateurs qui conduiront les Arabes à entrer en Occident par la porte espagnole.
Fiction sur fond de vérité historique ? Dominique Baudis reprend une hypothèse formulée par certains historiens sur l'implication de Justinien II dans cette conquête. Lequel aurait incité les musulmans à franchir le détroit de Gibraltar, alors appelé Colonnes d'Hercule, pour préserver son empire.
À partir de là, l'auteur brosse une belle fresque, déroulant autour de la Méditerrané orientale intrigues et usurpations, fastes byzantins et coutumes barbares, épopées guerrières et secrets expédiés par pigeons voyageurs... Mêlant la fiction à la réalité, il narre, entre autres, la naissance de deux célèbres mosquées, celle de Damas et de Kerouan, fleurons de l'architecture islamique. Et tisse une histoire d'amour entre Florinda, l'ensorceleuse fille de Kahina, la célèbre reine berbère guerrière, et le général berbère Tarek ibn Ziyad qui, en franchissant le détroit pour conquérir l'Espagne, laissera son nom à la postérité, Gibraltar étant la dénomination occidentalisée de Jabal Tarek.
Alexandre Dumas disait : « S'il faut violer l'histoire, autant lui faire de beaux enfants. » Dominique Baudis, sans véritablement l'agresser, lui a assurément fait un bel enfant avec...ces Amants de Gibraltar.

*Rendez-vous donc ce soir avec Dominique Baudis, à partir de 18h30.
On ne présente plus Dominique Baudis. En particulier aux Libanais qui le suivent depuis son premier livre, La passion des chrétiens du Liban, paru en 1978. Depuis, cet ex-journaliste, qui avait commencé sa carrière dans notre pays avant de devenir grand reporter et correspondant pour le Proche-Orient puis de se convertir à la politique - il a été maire de Toulouse, député à l'Assemblée nationale et il est actuellement député européen -, a écrit plusieurs romans historiques qui révèlent, s'il en faut, son goût pour l'Orient. Un attrait qui l'a porté également à la tête de l'Institut du monde arabe, à Paris, dont il est l'actuel président. Son dernier opus ne déroge pas...
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