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Culture - Exposition

Mélange savant d’utopie et de réel

Plus qu'une dizaine de jours (jusqu'au 4 juin) pour s'immerger dans ce monde utopique. Six artistes français et libanais invitent chacun à se créer ses propres rêves. À la salle d'exposition du CCF.

Une ambassade signée Nicolas Prache, qui regrouperait toutes les ambassades du monde. (Photo Michel Sayegh)

S'inscrivant dans une programmation plus vaste et panachée comportant le cinéma, la philosophie, le théâtre et des conférences diverses, l'exposition autant photographique et graphique qu'audiovisuelle interroge le visiteur. Dans quelle utopie aimerait-il s'infiltrer et de quelle société peut-on encore rêver ? « Les utopies sont indissociables de la création artistique. L'exposition passe donc en revue ces utopies mutantes... tournées tantôt vers le rêve, tantôt vers l'espoir. »
Claude Closky présente, sur un écran ordinateur, Construction . Des empilements d'édifices plats et des images qui s'annulent pour ne former qu'un ordre nouveau. Le projet est à mi-chemin entre un jeu d'enfants et un projet d'architecture totalitaire ; entre le cauchemar et le rêve.
Bernard Khoury, lui, propose Cicatrices évolutives, une démarche en opposition aux méthodes d'urbanisme conventionnel, choisies lors du plan de reconstruction du centre-ville en 1991, « une tentative de transformer la démolition des bâtiments en un acte architectural éphémère », dit-il.
Quant à Nicolas Moulin, cet artiste fasciné par l'urbanisme et l'architecture, il conçoit des photomontages de cités oniriques vidées de ses humains. Warmdewar est un film en 16mm, non pas de science-fiction, mais d'une vision au-delà du réel.
Rabih Mroué, l'artiste libanais pluridisciplinaire, propose à son tour deux projets. Dans une antichambre retirée, sur un écran au sol qu'on foule de nos pieds, Utopia- Dystopia dérange et perturbe. Les images qui défilent nous révèlent qu'on peut tout savoir et ne rien savoir en même temps.
Plus loin un autre écran projette le visage de l'acteur à la fois rigide et mouvant. À côté, un panneau où sont inscrites les paroles qui se succèdent, comme des sous-titres au bas de l'écran. Dans cette installation-vidéo, l'artiste présente ses excuses pour beaucoup de crimes commis durant la guerre : crime de négligence, de prétention, d'irrespect de l'autre. Un texte à la fois réel mais absurde (« je présente mes excuses d'avoir tiré des coups de feu de joie lors de la victoire du Brésil au football »). À défaut de l'attitude irresponsable de beaucoup de Libanais qui ont zappé sur leurs crimes et délits, Rabih Mroué a pris la parole.
Le film perdu de Joanna Hadjithomas et Khalil Joreige, qui se profile dans une autre chambre noire, aborde l'histoire d'une copie de long métrage égarée au Yémen. Dans un pays qui ne s'intéresse pas au cinéma, il paraissait étonnant pour les artistes que quelqu'un l'ait pris. Dans cette enquête à l'allure de chassé-croisé, les cinéastes profitent pour s'interroger sur leur statut d'artistes.
Enfin, cette photographie de La dernière ambassade (100 x70cm), bâtiment qui regrouperait toutes les ambassades du monde. Sorte de tour de Babel moderne. Voilà un travail bien utopique que présente Nicolas Prache. « Cet archiviste et compilateur digital, dit Nikola Jankovic, renvoie l'image du monde et le monde de l'image dans un réel refabriqué, qui relève autant d'une justice que d'une justesse. »
Et vous, quelle est votre utopie ?

S'inscrivant dans une programmation plus vaste et panachée comportant le cinéma, la philosophie, le théâtre et des conférences diverses, l'exposition autant photographique et graphique qu'audiovisuelle interroge le visiteur. Dans quelle utopie aimerait-il s'infiltrer et de quelle société peut-on encore rêver ? « Les utopies sont indissociables de la création artistique. L'exposition passe donc en revue ces utopies mutantes... tournées tantôt vers le rêve, tantôt vers l'espoir. » Claude Closky présente, sur un écran ordinateur, Construction . Des empilements d'édifices plats et des images qui s'annulent pour ne former qu'un ordre nouveau. Le projet est à mi-chemin entre un jeu d'enfants et un projet...
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