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Culture - Programme

Le Festival du printemps de Beyrouth, ou Samir Kassir in memoriam

La deuxième édition du Festival du printemps de Beyrouth se tiendra du 3 au 8 juin, dans divers lieux de la capitale.

Gisele Khoury, entourée du ministre Abboud et de Mme Sardouk au cours de la conference de presse.  (Michel Sayegh)

Des spectacles pluridisciplinaires et gratuits, allant de la danse contemporaine à l'opéra de chambre arabe, en passant par le théâtre, les musiques du monde et le hip-hop, sont dédiés à la mémoire de Samir Kassir et de son héritage intellectuel et humain, dont ce festival se veut le porteur.
« Ce festival est à l'image de Samir Kassir qui voyait Beyrouth comme espace de coexistence, le symbole de culture dans le monde arabe, mais avant tout une terre de liberté où l'impossible devient possible», a relevé Gisèle Khoury lors d'une conférence de presse tenue au ministère du Tourisme en présence du ministre Fadi Abboud et de la directrice générale Nada Sardouk.
- « Le 2 juin, à 18h00, remise du prix Samir Kassir pour la liberté de la presse, à l'hôtel Phoenicia Intercontinental. Elle sera précédée à 16h00 par une conférence à l'AUB donnée par un économiste de renommée mondiale mais dont l'identité sera divulguée plus tard », a indiqué Randa Asmar, en charge de la programmation artistique du
festival.
- Le 3 juin, à 21h00, au Théâtre de Beyrouth, Ain el-Mraysseh, une pièce intitulée Moi Anna Politkovskaïa, de la compagnie française Le Minotaure. Sur un texte de Jean-Jacques Greneau, dans une mise en scène de Katy Grandi, qui interprète également le rôle-titre. Dans sa note d'intention, celle-ci écrit : « Anna Politkovskaïa, grand reporter pour Novaïa Gazetta, écrit, témoigne, dénonce un régime autoritaire qui ne tient compte d'aucune valeur démocratique. Elle n'a que son stylo pour percer le silence, pour dire à l'Europe, au reste du monde, ce qui perdure en Russie : le non-droit, la force brutale de l'armée, les privilèges d'une nomenklatura postsoviétique. Elle n'a aucune mission sacrée, elle ne fait pas de mendicité. Elle plaide pour les victimes, se fait éclaireur pour d'autres journalistes. Serviteur de la presse, elle tend un miroir aux hommes de ce temps, leur dit ce qu'ils font et non pas ce qu'ils devraient faire. Elle nous fait entendre le silence des opprimés et le mutisme des dirigeants. Elle a été assassinée en octobre 2006. »
« Que faire, sinon prolonger sa voix dans nos consciences et jusque dans nos théâtres, faire ce qu'elle a toujours osé dans sa vie, outrepasser son devoir », note Grandi.
- Le 4 juin, à 21h00, au Dôme-City Center (également connu sous le nom de « La Bulle » ), Pazzi, un spectacle de ballet contemporain de la compagnie suisse Interface. Une danse théâtre charnelle et mystique - musique et mise en scène d'André Pignat, avec deux danseuses, une comédienne et un vidéaste - inspirée de la vie de Marie-Madeleine de Pazzi, sainte florentine dont les écrits, le mysticisme et la spiritualité ont fortement influencé la Florence du XVIIe siècle. Un spectacle qui parle de « refus de la soumission passive, de la soumission au monde et à sa morale, de cette soumission qui rend les rêves inaccessibles et qui justifie le fatalisme de sa propre vie ».
- Le 5 juin, à 21h00, au Dôme-City Center, concert par l'ensemble Badila (France/Inde/Iran). Initié par le percussionniste et voyageur français Bastien Lagatta, Badila est un projet de fusion délicate et raffinée entre passionnés européens de musiques orientales et artistes mystiques orientaux. Composé d'une danseuse et de cinq musiciens, l'ensemble Badila met en scène une rencontre exceptionnelle au confluent des traditions musicales indiennes et arabo-persanes, savantes et populaires. Les influences de l'islam soufi s'unissent ici étroitement à celles de l'hindouisme. Projet unificateur et porteur d'espoir, Badila propose un dialogue ouvert et moderne, où chacun se met à l'écoute des mondes secrets de l'autre. En puisant librement dans un patrimoine poétique et spirituel séculaire, l'ensemble Badila réinvente ses propres traditions, voguant des racines de l'Orient aux espaces libres de l'imaginaire. Un hommage à la fête, à la joie, à l'amour.
- Le 6 juin, à 21h00, au jardin Samir Kassir, centre-ville, concert de hip-hop avec Rayess Bek et son groupe. Khartech 3al Zaman, titre du dernier album de cette figure phare du rap libanais. De son vrai nom Waël Khoudaih, Rayess Bek est un interprète compositeur et producteur de rap libanais vivant et travaillant aussi bien en France qu'au Liban. « D'un pays meurtri, en guerre, je veux extraire l'humanité et la tolérance en évitant de sombrer dans le manichéisme, dans les clivages trop évidents, martèle l'artiste. Pouvoir parler du monde sans s'engouffrer dans les brèches des revendications stériles. Être témoin et messager à la fois. Je n'ai jamais voulu que mon travail soit confiné à une partie du monde, qu'il porte le reflet d'une pensée unique et d'un discours uniforme. Je veux offrir un rap créatif dans ses textes et sa musique car il est trop souvent formaté dans ses rythmes, dans ses thèmes, jusque dans son esthétique. Pouvoir porter le rap comme un emblème musical. Pas de fardeau, juste de l'envie, du partage, des idées. Éviter de faire la part belle aux césures franches en mêlant arabe et français, deux langues qui cohabitent et s'unissent, sans opposition, avec ou sans transition » , indique Rayess Bek.
- Le 8 juin, à 21h00, sur le site des Bains romains, près du Grand Sérail de Beyrouth, un concert d'opéra arabe avec Zad Moultaka et l'orchestre Ars Nova avec Fadia el-Hage et Gabriel Yammine. Intitulée Zajal, la nouvelle création de Zad Moultaka est, comme on l'imagine, inspirée de cette tradition du zajal, ces joutes poético-musicales clamées en libanais. Moultaka a donc voulu « enrichir sa réflexion sur les langages contemporains à partir de cette forme spécifique, d'en garder la substance, le goût de la langue, l'ambiance, la dramaturgie primitive pour la transcrire dans son univers musical sensible et chargé de sens... », indique le fichier du spectacle.
Des spectacles pluridisciplinaires et gratuits, allant de la danse contemporaine à l'opéra de chambre arabe, en passant par le théâtre, les musiques du monde et le hip-hop, sont dédiés à la mémoire de Samir Kassir et de son héritage intellectuel et humain, dont ce festival se veut le porteur. « Ce festival est à l'image de Samir Kassir qui voyait Beyrouth comme espace de coexistence, le symbole de culture dans le monde arabe, mais avant tout une terre de liberté où l'impossible devient possible», a relevé Gisèle Khoury lors d'une conférence de presse tenue au ministère du Tourisme en présence du ministre Fadi Abboud et de la directrice générale Nada Sardouk. - « Le 2 juin,...
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