Le Bourgeois gentilhomme, Les Précieuses ridicules, Les Fourberies de Scapin, Le Misanthrope, L'Avare, Le Malade imaginaire... Il est toujours l'auteur le plus joué et on dit communément des Français qu'ils parlent la langue de Molière.
Il a su faire du rire une arme et fustiger l'hypocrisie, l'intolérance ou le pédantisme.
Cette nouvelle édition, en vente (en France) le 17 mai, «reconstitue la trajectoire éditoriale de l'œuvre et insiste sur ce qui distingue Molière des autres auteurs de son temps», souligne l'éditeur : une indifférence souveraine à l'égard des règles de poétique théâtrale, des innovations radicales dans la manière de jouer, comme dans la structure des pièces, et surtout un jeu permanent, sans précédent, avec les valeurs, les mœurs et les contraintes de la société, créant ainsi entre salle et scène une connivence qui dure encore.
Selon les légendes biographiques, Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière (1622-1673), aurait écrit sur la médecine parce qu'il était malade, sur le mariage et la jalousie parce que sa femme aurait été légère...
Mais si Molière tomba bien malade en 1666, ce n'était pas un patient grincheux qui raillait les médecins. C'était un auteur censuré qui, après l'interdiction en 1664 du Tartuffe, utilisa la médecine comme allégorie de la religion. Ce ne sont pas de prétendues difficultés conjugales qui l'ont fait se pencher sur le statut des femmes, mais des valeurs partagées par la société mondaine de son temps.
De même, souligne l'éditeur, on ne peut pas mettre sur le même plan les pièces qu'il publia lui-même, à partir des Précieuses ridicules (1959), celles que firent imprimer ses héritiers et celles qui restèrent inédites jusqu'au XIXe siècle.

