Les chefs de l'opposition iranienne, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, ont appelé leurs partisans à manifester à l'occasion de l'anniversaire de la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad, le 12 juin, a indiqué mardi un site de l'opposition.
"Mehdi Karoubi et Mir Hossein Moussavi ont insisté sur l'organisation d'un rassemblement le 12 juin et appelé tous les groupes et partis réformateurs à présenter leurs demandes (pour organiser une manifestation) au ministère de l'Intérieur", a rapporté Sahamnews.org.
MM. Karoubi et Moussavi, deux candidats malheureux à la présidence, ont critiqué la politique économique du gouvernement qu'il accusent de "porter atteinte à l'islam".
"Je ne vois pas de perspective claire pour résoudre les problèmes économiques parce que les bases (de l'économie) ont été détruites" par le gouvernement, a accusé M. Moussavi.
"A cause des sanctions, ils signent des contrats avec la Chine, la Malaisie et le Venezuela et donnent les projets aux militaires", souligne pour sa part M. Karoubi, faisant référence aux Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime qui a pris un poids croissant dans l'Etat ces dernières années.
Les Gardiens de la révolution sont de plus en plus actifs dans l'économie par le biais de sociétés qui leur sont affiliées et qui ont décroché de gros contrats ces dernières années.
Ils ont également joué un rôle clé dans la répression du mouvement de contestation après la réélection du président Ahmadinejad.
"Ils nous demandent de nous repentir, mais ne faut-il pas se repentir pour les meurtres, les mensonges, les tortures, les atteintes aux droits des gens et la perte de capitaux appartenant à la nation ?", demande M. Karoubi, en allusion aux organes du pouvoir.
MM. Karoubi et Moussavi ont lancé cet appel lors d'une rencontre lundi.
Tout rassemblement public doit être autorisé par le ministère de l'Intérieur, qui a interdit toute manifestation de l'opposition depuis juin 2009.
La dernière tentative de manifestation de l'opposition remonte au 11 février dernier à l'occasion du 31ème anniversaire de la victoire de la Révolution islamique. Les autorités avaient alors pris d'importantes mesures policières pour éviter tout rassemblement de l'opposition.
L'opposition critique la réélection du président Ahmadinejad et affirme que le scrutin a été entaché de fraudes massives.
Lors des manifestations qui ont suivi la présidentielle, plusieurs milliers de personnes ont été arrêtées. La plupart ont été relâchées mais plusieurs dizaines de personnes, notamment des journalistes mais aussi des responsables réformateurs et modérés, ont été condamnés à de lourdes peines de prison alors que plusieurs journaux ont été interdits.
Dix personnes accusées d'avoir participé aux troubles ont été condamnées à mort.
Deux militants accusés d'appartenir à un groupe monarchiste clandestin ont par ailleurs été pendus le 28 janvier, marquant les premières exécutions d'opposants depuis le début de la crise politique provoquée par la présidentielle.
Les autorités ont également interdit de toute activité deux importants partis réformateurs ayant soutenu le candidat malheureux Mir Hossein Moussavi à la présidentielle de 2009.
Le Front de la participation de l'Iran islamique (FPII) et l'Organisation des Moudjahidine de la révolution islamique (OMRI), qui regroupent des personnalités réformatrices proches de l'ex-président Mohammad Khatami, ont été interdits de poursuivre toute activité en attendant une décision de la justice, selon le site internet du quotidien gouvernemental Iran.
"Mehdi Karoubi et Mir Hossein Moussavi ont insisté sur l'organisation d'un rassemblement le 12 juin et appelé tous les groupes et partis réformateurs à présenter leurs demandes (pour organiser une manifestation) au ministère de l'Intérieur", a rapporté Sahamnews.org.
MM. Karoubi et Moussavi, deux candidats malheureux à la présidence, ont critiqué la politique économique du gouvernement qu'il accusent de "porter atteinte à...

