Les essais de la nouvelle BMW série 5 à Abou Dhabi: la joie célèbre la beauté.
Née officiellement en 1972, la série 5 a bien changé depuis lors. Devenue la plus longue de sa catégorie, la « 5 » marche sur des plates-bandes autrefois occupées par la série 7. À l'instar de sa sœur aînée, la nouvelle « 5 » adoucit ses traits pour plaire au plus grand nombre. Comme sa grande sœur, la sixième génération de la routière à l'hélice fait le plein de technologies. Une montée en gamme qui, à l'image de la « 7 », n'empêche pas une progression sur le plan dynamique. Bref, on ne bouscule pas une formule éprouvée...
Nom de code F10, la nouvelle berline série 5 s'appuie actuellement sur six motorisations, 4 essence et deux diesel (qui ne seront pas disponibles au Liban), toutes dotées du système Efficient Dynamics, avec, entre autres, récupération de l'énergie au freinage. Elle semble être loin, l'époque du designer Chris Bangle, où chaque nouvelle BMW semblait prendre un malin plaisir à choquer le puriste par son dessin atypique. La nouvelle série 5 renoue ainsi avec les codes habituels de la marque : classicisme, sportivité et élégance. Le profil, superbe et simple à la fois, permet surtout de bien observer comment les dessinateurs ont usé de leurs crayons pour obtenir une ligne d'un rare dynamisme. Au programme, un empattement très long (2,97 m, le plus grand de la catégorie), avec un porte-à-faux avant réduit à sa plus simple expression, créant un mufle très écrasé, semblant bondir sur la route. Le capot très long au dessin très musclé confère à l'auto un look résolument sportif.
Très fuyante, la ligne de toit singe les coupés avec une descente de pavillon plongeante. Le résultat, d'une rare finesse, est tout simplement magnifique. À l'arrière, le dessin est plus classique, ce qui contribue à renforcer l'apparence statutaire de la voiture.
À bord, le niveau de finition est excellent, la qualité des matériaux exemplaire (cuirs, plastiques de qualité, bois ou encore aluminium) et l'on a tout de suite la sensation d'être dans un véhicule haut de gamme.
Fidèle aux préceptes de la marque, c'est un véritable cockpit que l'on a sous les yeux, avec notamment une partie centrale très légèrement orientée vers le conducteur. On notera que malgré l'abondance de commandes à bord, leur maniement demeure très intuitif avec notamment une gestion parfaite de l'ergonomie. Il est ainsi impossible de confondre, comme trop souvent de nos jours, la commande de volume de radio avec celle du chauffage.
Un grand bravo à BMW qui parvient ici à joindre l'utile à l'agréable. Pas si courant. Toutefois, avant de succomber à cette invitation à prendre le volant, il faudra par contre se familiariser avec un équipement très high-tech, dont la richesse n'a quasiment pas de limite... hormis peut-être celle de votre portefeuille.
À bord
Les premiers maniements du levier de la boîte automatique à 8 rapports sont un peu confus, mais très rapidement le joystick se révèle assez génial à l'usage : de simples impulsions permettent d'enclencher très rapidement tous les modes disponibles, et une pression sur le poussoir au sommet enclenche directement le mode « P » à l'arrêt.
Les commandes de régulation du comportement dynamique permettent de paramétrer la série 5 selon 4 modes : confort (très souple), normal, sport et sport + (déclenchement de l'ESP retardé). Si ces modes ne génèrent souvent que peu de différences, il est bluffant de constater ici comment toutes les fonctions de conduite s'en retrouvent bouleversées (toucher du volant, réponse à l'accélérateur, lois d'amortissement). C'est comme si on avait 4 voitures en une.
Justement, sur la route, cela donne quoi ? Le meilleur. L'efficacité d'ensemble est redoutable. La direction est d'une précision diabolique, les changements d'appui semblent faciles, seul le poids de la bête vous rappelle à l'ordre.
Dès les premiers tours de roue, les deux motorisations essayées, les 528i et 535i, ont surpris par leur douceur. Agrément encore exacerbé par l'excellente transmission automatique à 8 rapports ZF. Il est évident que la firme de Munich a préféré l'agrément au caractère pur et dur. N'allez pas croire que la nouvelle BMW se traîne pour autant. Bien au contraire. Il suffit d'enfoncer franchement la pédale de droite pour révéler un tout autre registre, plus rageur.
En dépit de son gabarit imposant, la bavaroise offre une agilité surprenante tandis que son arsenal électronique digère sans coup férir le couple de son moteur. C'est toutefois au chapitre « suspensions » que la nouvelle BMW série 5 rallie tous les suffrages. Équipée de série de l'amortissement variable piloté, elle absorbe les irrégularités de la chaussée de manière saisissante.
Cette série 5 reçoit les mêmes trains roulants perfectionnés. En option, elle peut également être dotée d'une direction « active intégrale » (démultiplication variable en fonction de la vitesse et essieu arrière directionnel) ainsi que d'un amortissement piloté. Résultat, volant en main, elle associe une agilité typiquement BMW et un remarquable équilibre. En virage, sa neutralité est telle qu'il faut vraiment le faire exprès pour parvenir à déclencher son antidérapage ESP. Une béquille électronique partiellement ou totalement déconnectable afin de satisfaire les amateurs de « pilotage ». Bref, un engin conçu pour « avaler » les kilomètres.
Une allemande bien équipée
Les voitures allemandes ne sont plus aussi pingres que par le passé. Dès l'entrée de gamme, la nouvelle série 5 dispose déjà de la climatisation automatique deux zones, des jantes alliage de 17 pouces, de huit coussins de sécurité, d'une autoradio CD/MP3, du régulateur de vitesse, de l'indicateur de perte de pression des pneus, etc.
L'équipement de série est même pléthorique en finition « exclusive » : peinture métallisée, toit ouvrant électrique, couvercle de malle motorisé, sellerie cuir, jantes 18 pouces avec pneumatiques roulage à plat, optiques double xénon, navigation GPS avec écran panoramique, services télématiques et accès à Internet...
Pour faciliter les manœuvres de parking (avis aux conductrices libanaises), la série 5 inaugure aussi une technologie baptisée « Surround View », qui permet d'afficher, sur l'écran central, une vision globale des alentours de la voiture, en plus de son système qui propose ainsi l'assistant au stationnement qui détermine si l'emplacement visé est suffisamment grand pour la série 5. Si tel est le cas, le dispositif stationne le véhicule seul ; le conducteur ne contrôlant que l'accélérateur et le frein.
On peut aussi citer le système Night Vision avec repérage des piétons, la vision tête haute, l'alerte de franchissement de lignes, la détection d'angle mort, et la liste est encore longue. Mais le plus pratique est sans aucun doute le dispositif Side View qui, grâce à des caméras implantées sur le côté du bouclier avant, apporte un énorme gain en termes de visibilité dans une intersection.
Les passagers pas oubliés
Si une BMW est construite autour du conducteur, les dernières évolutions des bavaroises ont aussi eu le souci de plaire aux passagers avant et arrière. L'habitabilité de la nouvelle série 5 a gagné quelques centimètres, et les sièges, surtout en finition cuir, offrent un confort et un soutien parfaits. On est peut-être assis un peu bas à l'arrière. La suspension s'est un peu adoucie, au grand bonheur des lombaires. La sécurité passive et active bénéficie des dernières innovations. Le freinage se montre donc incisif, efficace et parfaitement dosable. Si la modularité reste perfectible, on profite enfin d'un équipement de série qui ne soit pas minimaliste.
Autrefois, on achetait une série 5 parce qu'elle était la berline la plus sportive de sa catégorie. Désormais, on la choisit pour son luxe et son confort.
« Nous sommes très confiants, a révélé à l'Orient-Le Jour le directeur des ventes et du marketing pour le Moyen-Orient, James Crichton. Depuis le lancement des premiers modèles en 1972 et jusqu'en 2009, plus de 5,5 millions de voitures ont été vendues dans le monde. Et depuis 1994, 32 000 BMW série 5 ont été écoulées au Moyen-Orient. Il n'y a aucune raison pour que le marché libanais ne confirme pas cette tendance avec notre dernier-né. »


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