Nora Joumblatt entourée du ministre du Tourisme, de la directrice du ministère, Nada Sardouk, du Dr Walid Gholmieh, et des représentants des sponsors. (Michel Sayegh)
Après avoir adressé ses remerciements à tous ceux qui, tout au long de ces années, ont accompagné le Festival de Beiteddine: ministère du Tourisme, sponsors (principalement la Bank Med, Fidus-Société-Générale et la Medgulf) et journalistes, Nora Joumblatt a annoncé le jumelage du Festival de Beiteddine avec celui de Amman. «Cet accord a pour but d'élargir la carte des festivals culturels dans la région, à travers des échanges de compétences et de programmations, notamment théâtrales, dans un proche avenir», a-t-elle soutenu.
Profitant de la présence du ministre du Tourisme, Fadi Abboud, la présidente du comité a soulevé le problème des taxes élevées imposées aux festivals par le ministère. «Taxes que nous ne répercutons pas dans les prix de nos billets, afin qu'ils restent accessibles», a-t-elle cependant signalé.
S'il n'a pas directement répondu à cette question, le ministre Abboud a tenu, par contre, à rassurer les festivaliers, à travers les médias présents, sur le «très bel été» qui les attend, mettant en évidence l'augmentation de 28 % du nombre des touristes en mars 2010 par rapport au même mois de l'année dernière. Croisons les doigts !
Voici donc, dans cette perspective, les grandes lignes du programme de Beiteddine 2010.
25 juin
Ouverture avec l'OPL dirigé par Walid Gholmieh avec la participation de Hiba al-Kawas
Walid Gholmieh, maestro et fondateur de l'Orchestre philharmonique libanais, n'est plus à présenter. De même que la pionnière de la composition et du chant opératique arabe Hiba al-Kawas. Au programme de la soirée, des pages musicales extrêmement variées: Strauss, Wagner, Rossini, Nielsen, ainsi que les propres compositions de Gholmieh et celles de al-Kawas. Laquelle a composé, spécialement pour ce festival, une ouverture symphonique intitulée Beiteddine, ainsi qu'un morceau dédié au poète Kamal Joumblatt.
26, 27, 28 et 29 juin
« Le cirque invisible » de Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée
Ils forment un couple à la ville comme sur scène. « Lui en clown illusionniste, elle en femme oiseau, volant au-dessus de la piste et faisant naître, par ses costumes, un bestiaire fantastique», dixit Le Monde.
Dernière fille de Charlie Chaplin, récompensée du Molière des costumes en 2006 pour La Symphonie du Hanneton de son fils James Thierrée, Victoria Chaplin a le talent en héritage.
Ex-comédien de Peter Brook et de Federico Fellini, Jean-Baptiste Thierrée est le fondateur en 1971, au Festival d'Avignon, du novateur et fantasmagorique «Cirque Bonjour», «l'ancêtre» des nouveaux cirques. Délesté, en 1974, de ses fauves, de sa cavalerie, de son orchestre et de sa quarantaine d'artistes, il deviendra, avec la participation des deux enfants du couple, James et Aurélia, «Le Cirque imaginaire» et, en 1990, «Le Cirque invisible».
3 juillet
Les Pink Martini
Je ne veux pas travailler, tirée de leur premier album, sorti en 1997 (meilleure chanson et révélation des Victoires de la musique) et intitulé, à juste titre, Sympathique, est quasiment une chanson culte. Depuis, cette formation, créée par deux étudiants de Harvard, le pianiste Thomas Lauderdale et la chanteuse China Forbes, a fait son chemin. Tout autour du monde, notamment où, de Portland à Cannes (au festival en 1998), en passant par le Canada, les pays asiatiques, l'Europe, le Liban, où ils étaient venus il y a une dizaine d'années, ils ont enchaînés les concerts. Du quintette de départ, les Pink Martini sont aujourd'hui une formation de 12 membres qui se produisent aussi bien dans les clubs et les salles enfumées, que les prestigieuses salles de concerts, comme le Carnegie Hall à Londres ou la Salle Pleyel à Paris, en compagnie de L'Orchestre national d'Île-de-France. Leur second album, Hang On Little Tomato, a également atteint le numéro 1 des ventes sur Amazon.com.
Fidèles à leur multilinguisme et à leur inspiration très «musicals» hollywoodiens des années 40 et 50, ils continuent à distiller, à travers un répertoire de mélodies romantiques et joyeuses, du bonheur, de l'optimisme et de l'espoir.
8 juillet
Le quartette opératique Il Divo
Composé de deux ténors, l'Américain David Miller et le Suisse Urs Buhler, du chanteur français Sebastien Izambard et d'un baryton espagnol Carlos Marin qui mettent toute la passion et la virtuosité de leur technique opératique dans leur interprétation des chansons romantiques et airs populaires, Il Divo apporte un nouveau son au répertoire de musiques populaires.
Ces quatre jeunes chanteurs aux voix exceptionnelles, découverts il y a moins de quatre ans par l'imprésario Simon Cowell, ont déjà sorti quatre albums (Il Divo, Ancora, Siempre et The Promise) et vendu plus de 25 millions de CD dans le monde, où leur première tournée a enregistré un succès phénoménal. Ils ont interprété l'hymne d'ouverture de la Coupe du monde de football en 2006, ont rejoint Barbara Streisand dans sa tournée nord-américaine et se sont produits, entre autres, au bal d'intronisation du président Obama à Washington et, le mois dernier, dans le cadre du premier Festival d'Abou Dhabi.
10 juillet
Hommage à Abdelhalim Hafez avec Abdou Chérif
Accompagné par Ihsan Almounzer et son orchestre, Abdou Chérif, baptisé «le rossignol marocain», va interpréter les plus célèbres titres du répertoire du «rossignol égyptien». «Je ne prétends pas réincarner vocalement Abdelhalim Hafez, mais seulement appartenir à son école vocale», assure Abdou Chérif, qui a conquis le public égyptien, littéralement médusé par la ressemblance de sa voix avec celle de son idole.
14 juillet
Max Raabe & The Palast Orchester
Avec son sourcil sarcastiquement relevé, ses cheveux plaqués à l'arrière, son smoking impeccable et sa voix flexible de baryton, Max Raabe rejoue avec une amusante nostalgie les chanteurs de cabaret berlinois des années 20 et 30.
Volontiers provocateur, cet artiste allemand, qui se proclame tombeur de femmes, «même les plus distantes», revisite avec son orchestre de douze musiciens charleston, rumbas, fox trots et tangos. Dans un mélange de gaieté, d'élégance et d'ironique nostalgie. Qui vaut à ce chanteur, au style et au registre particuliers, et à sa formation un succès international et des salles combles partout où ils se produisent.
17 juillet
Ziad Rahbani
Le trublion de la scène musicale libanaise est de retour à Beiteddine avec son band, dans une soirée jazz unique intitulée Dakt Konzert. «Que signifie Dakt?» lui a demandé Nora Jumblatt. «Dakt is Dakt», lui a-t-il répondu. Avis donc à ses fans et aux amateurs de mystères!
21 et 22 juillet
«Blanche Neige», du Ballet Preljocaj
Créée à la Biennale de la danse de Lyon, cette pièce contemporaine et romantique, construite principalement sur la musique symphonique de Gustav Mahler, est un ballet narratif avec une dramaturgie. Elle réunit sur scène les 26 danseurs de la compagnie, qui incarnent les personnages du conte des frères Grimm dans des costumes créés par Jean-Paul Gaultier et des décors de Thierry Leprous.
La chorégraphie, évidemment signée Angelin Preljocaj, a été primée aux Globes de cristal 2009. Le fameux directeur artistique et chorégraphe français d'origine albanaise n'est plus à présenter. Officier des Arts et des Lettres, chevalier de la Légion d'honneur et officier de l'ordre du Mérite, ses diverses créations ont été couronnées de prix, dont le Grand Prix national de la danse, le «Benois de la danse», pour Le Parc en 1985, le Bessie Award pour Annonciation en 1987, les Victoires de la musique pour Roméo et Juliette en 1997...
27, 28, 29 et 30 juillet
La comédie musicale « Zorro »
Il tient l'affiche depuis 2009 au théâtre des Folies Bergères à Paris: Zorro, «le justicier qui signe son nom de la pointe de son épée», revient dans un «musical» rythmé par les plus grands succès des Gipsy King, comme Bamboleo ou Djobi Djoba joués par un orchestre «live».
Adapté du roman d'Isabel Allende, mis en scène par Christopher Renshaw et chorégraphié par le renommé artiste espagnol Rafael Amargo (qui s'était produit il y a quelques mois au palais de l'Unesco) avec des décors et des costumes signés Tom Piper (créateur rattaché à la Royal Shakespeare Company), Zorro est présenté dans sa version française.
31 juillet
Concert Chopin
Pour célébrer le 200e anniversaire de la naissance de Chopin, un concert du pianiste polonais Bartlomiej Kominek, jeune musicien couronné de prix, accompagné de l'ensemble de l'Orchestre de chambre de Cracovie, entièrement dédié au célèbre compositeur romantique polonais.
2 août
Diana Krall
La très attendue Diana Krall, une des plus importantes voix actuelles du jazz, distillera ses vocalises et sa sensualité à Beiteddine. La chanteuse et pianiste de jazz canadienne cumule les succès. Six nominations aux Grammy Award, elle décroche celui de la meilleure performance de jazz vocal en 1999 et le meilleur album jazz en 2002 pour le remarquable Live in Paris. Sa discographie, qui a régulièrement atteint les sommets des Bilboard Jazz, comporte, entre autres, All for You, un bel hommage à Nat King Cole, Love Scenes, qui a remporté un énorme succès, et Quiet Night sorti en 2009...
6 août
Musique traditionnelle perse
Détenteur de la médaille Mozart ainsi que de la médaille d'or Picasso de l'Unesco, nominé au meilleur album de World Music des Grammy Awards en 2004 et 2006, Mohammad-Reza Shajarian est le plus grand maître vivant de musique traditionnelle perse.
Chanteur, compositeur et interprète renommé de Radif, répertoire classique iranien, il se produira en concert accompagné de sa formation de 18 musiciens.
Expositions
Outre les spectacles et concerts en soirées, deux expositions sont ouvertes au public. La première retrace, en photos, les plus beaux moments des 25 ans d'existence de ce festival. La seconde, organisée avec le Victoria & Albert Museum, donne à voir une sélection des œuvres de 9 jeunes artistes et designers, finalistes du concours Jameel Prize. Ce prix, institué par Mohammad Abdel Latif Jameel (à l'origine de la création de la galerie d'art islamique au sein du V&A Museum) et dont le jury est présidé par Zaha Hadid, récompense, tous les deux ans, les créations d'artistes contemporains qui s'inspirent du patrimoine artistique, artisanal ou architectural islamique.

