Discrets pendant la campagne électorale au Soudan, les Etats-Unis pointent désormais les failles du scrutin, mais réaffirment leur foi dans le processus, suscitant les critiques des défenseurs américains de la cause des droits de l'homme dans ce pays.
Les élections "ont constitué une étape essentielle" dans le processus de paix, a remarqué le porte-parole du président Barack Obama, Robert Gibbs, mais elle "n'ont pas répondu aux normes internationales".
"Les droits et libertés politiques ont été étouffés tout au long du processus électoral, il y a eu des informations sur des intimidations et des menaces de violence dans le sud du Soudan, le conflit en cours au Darfour n'a pas permis un environnement propice à la tenue d'élections acceptables, et la préparation inadéquate du vote a eu pour résultat de graves irrégularités", a encore observé la Maison Blanche.
La commission électorale soudanaise a indiqué ne pas avoir de date précise pour l'annonce des résultats du scrutin tenu du 11 au 15 avril et boycotté par un bon nombre de partis d'opposition.
Pour Washington, la réélection attendue du président Omar el-Béchir, placé au ban de la communauté internationale, serait l'arbre qui cache la forêt dans ce scrutin, le premier ouvert à tous les partis depuis 24 ans dans le plus grand pays d'Afrique.
Les nombreux responsables provinciaux élus la semaine dernière, plaidait lundi le porte-parole du département d'Etat Philip Crowley, joueront un rôle "vital" pour la suite du processus, qui doit déboucher sur des référendums en 2011 sur le statut de la région contestée d'Abyei et la possible sécession du Sud-Soudan.
En conséquence, les Etats-Unis "vont continuer de travailler avec le gouvernement (central) du Nord et le gouvernement (semi-autonome) du Sud", a expliqué le diplomate américain.
A Khartoum, le Parti du congrès national (NCP) du président Béchir avait rejeté les premières critiques américaines sur le déroulement des élections.
Mais à Washington, la Save Darfur Coalition juge au contraire que l'administration Obama manque de sévérité envers le pouvoir soudanais.
Ce groupe de défense du Darfour salue la volonté américaine d'être "un honnête courtier" au Soudan, et dit comprendre "le besoin d'un dialogue entre tous les partis", commente pour l'AFP Robert Lawrence, le directeur politique du groupe. Mais il regrette que Washington pointe les défauts du scrutin "sans vraiment attribuer les responsabilités" pour ces manquements.
"Nous voudrions une politique plus équilibrée", poursuit M. Lawrence, "la prise en compte du fait que le NCP a trahi tant de promesses ces dernières années".
Enough Project, un autre groupe observant de près le Soudan, a posté lundi soir sur youtube une vidéo montrant un supposé bourrage d'urnes dans un bureau de vote soudanais.
En validant un processus électoral dont elle reconnaît elle-même les manquements, l'administration Obama pense "faire preuve de pragmatisme pour avancer inexorablement vers les référendums", analyse John Prendergast, co-fondateur d'Enough.
"En réalité, elle signale une fois de plus aux partis soudanais que les violations graves de l'accord de paix Nord-Sud n'auront pas de répercussions", déplore-t-il dans un échange de courriels avec l'AFP.
Au-delà des préparatifs des référendums, ajoute-t-il, cette attitude met en danger l'accord de paix lui-même et "la possibilité de négociations réussies au Darfour".
Les élections "ont constitué une étape essentielle" dans le processus de paix, a remarqué le porte-parole du président Barack Obama, Robert Gibbs, mais elle "n'ont pas répondu aux normes internationales".
"Les droits et libertés politiques ont été étouffés tout au long du processus électoral, il y a eu des informations sur des intimidations et des menaces de violence dans le sud du Soudan, le conflit en cours au Darfour n'a pas permis un environnement propice à la...

