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Culture - Festival Al-Bustan

Le figaro, le barbon, l’orpheline et les autres

Grand branle-bas sur la scène de l'auditorium Émile Boustani où « Le Barbier de Séville » de Rossini pointe du nez pour jouer non seulement des tours au public et à ses compères, mais aussi des ciseaux et du rasoir. En toute espiègle dextérité !

Vague « moutonnante » des protagonistes pour chanter à l’unisson.   Photo D.R.

Dans des décors ravissants et astucieux sur fond de mélodies soyeuses et dynamiques, le bel canto de cet opéra-bouffe est mené tambour battant. Il mêle en toute cocasse vivacité, un figaro persifleur et entremetteur, à la course effrénée pour le cœur d'une jeune orpheline entre un vieux barbon et un amoureux transit. Un divertissement de bon aloi où l'art lyrique et le comique tous azimuts font un heureux et étincelant ménage.
Devant une salle comble, surchauffée et caquetante comme une marmite dont le couvercle va éclater, lever de rideau enthousiaste, aussi bien sur scène que dans la salle, pour le très populaire Barbier de Séville de Gioacchino Rossini, l'opéra le plus joué au monde.
Dans la fosse, les premières mesures d'une Ouverture fraîche et pimpante avec l'Orchestre philharmonique libanais placé sous la direction de Paolo Olmi. Le fil mélodique rossinien installé, « les précautions sont inutiles », et cela pour reprendre un peu du sous-titre de l'opus donné sur scène, La précaution inutile.
Un opus dont le livret est signé Cesare Sterbini et qui, en fait, est inspiré des écrits de l'atmosphère arabo-andalouse de Beaumarchais. Et si on veut pousser le détail encore plus loin, on remonterait à L'École des femmes de Molière.
Histoire simple et très commedia dell'arte pour les battements de cœur d'une jeune orpheline et d'un comte où l'amour triomphe de l'argent, des classes sociales et des convenances pour une partition éblouissante où les notes suppléent et supplantent avec éclat et force la puissance des mots.
Le comte Almaviva, tombé amoureux de la jeune Rosine, est prêt à tout pour l'arracher à Bartolo, son vieux tuteur, qui a le projet de l'épouser. Tandis que déguisé, il fait le guet, il tombe à point nommé sur son ancien valet qui l'aidera à convoler en justes noces.
Pour cette comédie alliant avec talent comique de caractère, de langage, de geste, de situation et d'une certaine philosophie (eh oui, le serviteur est plus intelligent que son maître), Rossini a écrit les pages les plus inspirées et les plus étourdissantes de brio et d'originalité.
Peu de temps mort pour la folle journée de ce figaro empêtré dans la passion des autres. Gags sans surcharge sur une scène parfaitement exploitée, malgré ses dimensions réduites. Pour cette production foncièrement italienne, on apprécie l'homogénéité de talent d'une distribution plus que convaincante.
Une Rosine délurée et chantante à souhait, malgré sa carrure un peu massive (la mezzo soprano Francesca Provvisionato), un docteur Bartolo hilarant, au physique ingrat dans sa silhouette de barbon amidonné (la basse Paolo Pecchioli), un comte Almaviva (le ténor Alessandro Luciano) aux aigus percutants et aux vocalises impeccables, un figaro (le baryton Alessandro Battiato ) à l'abattage sans cabotinage excessif et d'une simplicité sans vulgarité, une Berta pétillante (la soprano Felicia Bongiovanni), un Fiorello (la basse Leonardo Nibbi) aux échos caverneux, parfois délicieusement à la russe... Voilà pour la palette de personnages des protagonistes ainsi que des couleurs vocales en situations constamment amusantes. Sans jamais oublier, entre tartufferies, nuances, dynamiques, bouffonnades et bouffonneries, l'art du bel canto.
Si les décors sont absolument charmants et d'une coquetterie de maison de poupées (Maurizio Varamo), un dé d'or est à accorder à Anna Biagiotti, qui a signé des costumes plus que ravissants et dont l'harmonie d'ensemble fait plaisir à regarder.
Un salut à part à l'adresse des Libanais qui ont largement contribué au succès de ces soirées bel cantistes. Bien entendu, non seulement l'Orchestre philharmonique libanais, les comparses, amies de Rosine (Nathalie Abou Jaoudé, Marie Hélou, Nelly Maatouk, Edwina Zoghbi, ainsi que l'assistant du figaro, Raëd Rafeï), mais aussi Toufic Maatouk, le maître du Chœur de l'Université antonine.
Et au regard de l'accueil triomphal réservé aux artistes, on est en droit de se demander si le « pur divertissement » n'a pas encore, et à très juste titre, sa place dans le cœur du public...
Dans des décors ravissants et astucieux sur fond de mélodies soyeuses et dynamiques, le bel canto de cet opéra-bouffe est mené tambour battant. Il mêle en toute cocasse vivacité, un figaro persifleur et entremetteur, à la course effrénée pour le cœur d'une jeune orpheline entre un vieux barbon et un amoureux transit. Un divertissement de bon aloi où l'art lyrique et le comique tous azimuts font un heureux et étincelant ménage.Devant une salle comble, surchauffée et caquetante comme une marmite dont le couvercle va éclater, lever de rideau enthousiaste, aussi bien sur scène que dans la salle, pour le très populaire Barbier de Séville de Gioacchino Rossini, l'opéra le plus joué au monde.Dans la fosse,...
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