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L'aide des riches pays du Golfe essentielle pour le Yémen

Une aide substantielle au Yémen de ses riches voisins du Golfe, avec le soutien promis des grandes puissances, apparaissent comme essentiels pour sortir ce pays de la pauvreté qui nourrit l'extrémisme, estiment des analystes, au lendemain de la réunion de Londres.

Alors que 60% des Yéménites vivent sous le seuil de pauvreté et que le taux de chômage atteint les 34%, le PNB par habitant dans les pays voisins du Golfe est l'un des plus élevés du monde et ils emploient des millions d'étrangers, notamment asiatiques.

"Les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) doivent sérieusement penser à offrir une aide consistante au Yémen, même s'ils refusent qu'il fasse partie de leur groupe", estime l'analyste basé à Londres Abdel Wahab Badrakhan.

Le Yémen est devenu "un foyer d'instabilité qui peut se transformer en une nouvelle Somalie dont les problèmes peuvent affecter les pays du Golfe, qu'il s'agisse d'Al-Qaïda, de la rébellion dans le nord ou du mouvement autonomiste dans le sud", ajoute-t-il.

"Cette situation qui se détériore peut être exploitée par des acteurs régionaux, notamment l'Iran, ce qui ne peut qu'inquiéter les pays du Golfe", poursuit-il.

C'est pourquoi il estime "nécessaire d'aider l'Etat yéménite en lui fournissant une assistance matérielle et en finançant des projets de développement à long terme".

Dans une interview publiée jeudi par le quotidien arabe Asharq Al-Awsat, le Premier ministre yéménite Ali Mohammad Moujawar a affirmé que le Yémen "a besoin d'un plan Marshall de quelque 40 milliards de dollars".

"Ce qui se passe aujourd'hui au Yémen est le résultat de la pauvreté et du taux élevé de chômage parmi les jeunes", a-t-il ajouté, en référence notamment à la montée en puissance de l'extrémisme.

"Je crois que la véritable solution à court et moyen termes au problème du chômage est d'absorber cette main d'oeuvre dans les pays du CCG. En réduisant le chômage, nous pourrons réduire le phénomène de l'extrémisme", a-t-il ajouté.

Une réunion de pays donateurs sur le Yémen se tiendra les 27 et 28 février à Ryad, selon le communiqué de celle de Londres qui a réaffirmé le soutien de la communauté internationale à Sanaa en lui demandant en échange des efforts pour une meilleure gouvernance.

La réunion à Ryad rassemblera des pays occidentaux et arabes sous l'égide du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Qatar, Koweït et Oman).

Londres avait déjà accueilli en 2006 une conférence de pays donateurs, qui avaient promis quelque 5 milliards de dollars d'aide au Yémen, l'un des plus pauvres des pays arabes, mais la plus grande partie de cet argent n'a jamais été versée.

Quant à l'expert dans les affaires du Golfe Neil Partrick, il rappelle que "les pays du CCG et notamment l'Arabie saoudite ont grandement réduit l'emploi de main d'oeuvre yéménite depuis la guerre du Golfe de 1990".

L'Arabie avait alors à elle seule expulsé près d'un million de Yéménites, Sanaa étant accusé d'avoir pris le parti du président irakien Saddam Hussein.

"Les pays du Golfe redoutent une ouverture économique sur le Yémen qui compte 23 millions d'habitants, soit probablement plus que les six pays du Golfe réunis", ajoute-t-il.

Les six monarchies du CCG comptent plus de 38,5 millions d'habitants, dont au moins un tiers de travailleurs immigrés, venant essentiellement du sous-continent asiatique.

Le Yémen cherche en vain depuis des années à faire partie du CCG et avait demandé en décembre 2007 à disposer d'"un quota annuel" de la main-d'oeuvre expatriée dans ce groupement régional.

Une aide substantielle au Yémen de ses riches voisins du Golfe, avec le soutien promis des grandes puissances, apparaissent comme essentiels pour sortir ce pays de la pauvreté qui nourrit l'extrémisme, estiment des analystes, au lendemain de la réunion de Londres.
Alors que 60% des Yéménites vivent sous le seuil de pauvreté et que le taux de chômage atteint les 34%, le PNB par habitant dans les pays voisins du Golfe est l'un des plus élevés du monde et ils emploient des millions d'étrangers, notamment asiatiques.
"Les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) doivent sérieusement penser à offrir une aide consistante au Yémen, même s'ils refusent qu'il fasse partie de leur groupe", estime l'analyste basé à...