Le gouvernement yéménite a appelé lundi Washington à lui remettre ses ressortissants détenus à Guantanamo, dont la libération a été bloquée à la suite de l'attentat raté de Noël, affirmant qu'il est en mesure de les réhabiliter pour qu'ils ne renouent pas avec l'extrémisme.
"Au nom de mon gouvernement, j'appelle de nouveau l'administration à nous remettre les détenus yéménites à Guantanamo", a déclaré le ministre des Waqfs (Biens religieux), Hammoud al-Hattar, dans un entretien avec l'AFP.
"Nous sommes disposés à les réhabiliter de sorte qu'ils réintègrent la bonne voie et ne fassent rien qui puisse nuire à la sécurité du Yémen, des Etats-Unis ou de n'importe quel autre pays", a-t-il assuré.
Le 5 janvier, la Maison Blanche avait annoncé qu'elle avait décidé de ne plus transférer de prisonniers de Guantanamo vers le Yémen pour le moment, à la suite de la tentative d'attentat du 25 décembre à bord d'un avion de ligne américain par un Nigérian qui avait séjourné au Yémen.
"Des discussions sont en cours entre les gouvernements yéménite et américain pour l'accueil de nos ressortissants détenus à Guantanamo", a déclaré M. Hattar, ajoutant qu'"il n'est pas dans l'intérêt de l'administration américaine de maintenir un quelconque prisonnier à Guantanamo, qu'il soit yéménite ou autre".
"Garder des détenus à Guantanamo est une honte pour l'administration américaine", a-t-il encore dit, indiquant "attendre de cette administration d'honorer la promesse du président Barack Obama de fermer la prison de Guantanamo".
Le président américain avait promis en arrivant au pouvoir de fermer en janvier 2010 le centre, qui compte aujourd'hui 198 détenus dont 91 Yéménites.
Mais à quelques jours de la date butoir fixée initialement pour sa fermeture, le centre de détention de Guantanamo est encore bien ouvert et l'arrêt des rapatriements vers le Yémen risque de ralentir encore davantage le processus.
Le ministre des Waqfs a rejeté un transfert de ses compatriotes en Arabie saoudite, pays voisin du Yémen, une option évoquée dans les milieux diplomatiques dans la perspective d'une fermeture rapide de la prison.
"La remise d'un citoyen à un autre pays que le sien est contraire aux conventions internationales. Un pays ne peut accepter que ses propres ressortissants", a-t-il dit.
"Les Yéménites doivent être remis au Yémen. Nous tenons à ce que nos ressortissants nous soient remis, et nous sommes prêts à les accueillir", a-t-il insisté.
Le Pentagone avait indiqué qu'un nombre croissant d'ex-détenus de la prison américaine rejoignent des groupes extrémistes après leur libération.
M. Obama a assuré récemment que son administration ne renverrait plus de Yéménites dans leur pays, dans l'attente que celui-ci sorte de la "situation confuse" dans laquelle il est plongé, en référence aux violences attribuées à la branche d'el-Qaëda dans la région.
"Au nom de mon gouvernement, j'appelle de nouveau l'administration à nous remettre les détenus yéménites à Guantanamo", a déclaré le ministre des Waqfs (Biens religieux), Hammoud al-Hattar, dans un entretien avec l'AFP.
"Nous sommes disposés à les réhabiliter de sorte qu'ils réintègrent la bonne voie et ne fassent rien qui puisse nuire à la sécurité du...

