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Culture - Correspondance

Rembrandt enfermé dans la salle de bains

« Rembrandt a peint 700 toiles… dont 3 000 sont encore en circulation », avait dit Wilhelm Bode, un historien de l'art allemand et un spécialiste des musées. Celle que l'on vient de trouver à Washington ne fait pas partie des 3 000.

Le révérend O’Connell, découvreur de l’œuvre.

Il y a une dizaine d'années, en ouvrant le placard de sa salle de bains, le révérend David M. O'Connell, président de la Catholic University, avait trouvé un cadre sous un bric-à-brac. À l'intérieur, une gravure représentant un vieil homme à la barbe indisciplinée et au chapeau informe. Ses yeux sont fatigués et sa tête baissée. Le tout... signé Rembrandt. Découverte insolite et préoccupante. Également pour ceux à qui il en avait fait part. La pièce (12 x 11 cm) est mise de côté. L'an dernier, il la confie à l'archiviste de l'université qui, elle, en envoie la photo à un commissaire-priseur. Ce dernier confirme l'authenticité de la gravure.
Par ailleurs, l'assistant de l'archiviste a pu traduire en anglais l'inscription figurant en français sur le dos de l'œuvre et qui précisait : « Buste d'un vieil homme portant une longue barbe, comme on en voyait souvent. Sa tête, penchée en avant, fait penser qu'il s'est assoupi. » Puis, vu qu'il ne s'agissait pas d'un faux, il suggère qu'une exposition soit organisée autour de cette trouvaille. Elle donnerait à voir, entre autres, des œuvres réalisées par des étudiants et ayant trait à cette gravure. Cette exposition, intitulée « Entre les lignes : découvrir Rembrandt et d'autres grands maîtres », a été inaugurée il y a quelques jours. Elle regroupe principalement des compositions du genre dessins, gravures à l'eau forte et sur bois, que l'on n'avait pas auparavant et qui portent la signature d'anciens artistes américains et européens. Elles font partie de la collection d'art de la Catholic University.

Un mystère à élucider
Quant à la valeur de la gravure, elle n'a pas encore été précisée. En fait, il faudrait la soumettre à un examen très approfondi pour détecter le numérotage de son édition et s'assurer qu'il ne s'agit pas d'une reproduction de gravure. Selon son état, elle pourrait valoir de 2 000 à 100 000 dollars. Des sceptiques avancent qu'il faut prendre aussi en considération le grand nombre de disciples de Rembandt qui ont utilisé sa signature.
Reste un grand mystère à élucider : comment ce Rembrandt a fini enfermé dans le placard d'une salle de bains ! Et aussi oublié.
Fondée en 1887, sur approbation du pape Léon XIII, la Catholic University, sise à Washington, qui est un centre d'enseignement et de recherche, est le seul grand établissement du genre à être directement géré par l'épiscopat. Sa devise : la foi et la raison peuvent travailler en harmonie, jouant les vases communicants. Pour l'un de ses responsables : « La foi est une valeur ajoutée que nous apportons à chaque discipline académique. » Outre son importante faculté de théologie, elle compte douze autres facultés prodiguant un enseignement scientifique, littéraire, juridique, économique, politique et artistique. Et on retrouve toujours ses « anciens » à tous les grands échelons du pays.
Il y a une dizaine d'années, en ouvrant le placard de sa salle de bains, le révérend David M. O'Connell, président de la Catholic University, avait trouvé un cadre sous un bric-à-brac. À l'intérieur, une gravure représentant un vieil homme à la barbe indisciplinée et au chapeau informe. Ses yeux sont fatigués et sa tête baissée. Le tout... signé Rembrandt. Découverte insolite et préoccupante. Également pour ceux à qui il en avait fait part. La pièce (12 x 11 cm) est mise de côté. L'an dernier, il la confie à l'archiviste de l'université qui, elle, en envoie la photo à un commissaire-priseur. Ce dernier confirme l'authenticité de la gravure.Par ailleurs,...
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