L'attaque perpétrée la veille de Noël, tuant six membres de la communauté copte, témoigne de "l'atmosphère d'intolérance" qui règne en Egypte, a déclaré jeudi le secrétaire d'Etat adjoint américain aux droits de l'Homme Michael Posner.
Les Etats-Unis sont "très préoccupés par les événements tragiques de Nagaa Hammadi," a déclaré M. Posner à des journalistes au Caire. "Cela fait partie de ce que l'on considère comme étant une atmosphère d'intolérance".
Le 6 janvier, à la veille du Noël orthodoxe, trois musulmans avaient ouvert le feu contre la communauté chrétienne à Nagaa Hamadi, localité du gouvernorat de Qena, à 700 km au sud du Caire. Sept personnes avaient été tuées, six coptes et un policier musulman.
Les efforts de réconciliation entre les deux communautés ne sont pas suffisants, a ajouté M. Posner. "Il faut qu'il y ait des poursuites (...), il faut qu'il y ait une brèche dans le sentiment d'impunité et la justice doit être rendue", a-t-il dit.
L'attaque avait suscité la colère des habitants de Nagaa Hammadi, qui ont accusé les autorités de vouloir étouffer les problèmes confessionnels de l'Egypte.
Trois personnes ont été inculpées d'assassinat dans cette affaire.
"Qui était impliqué? Qui aurait pu commanditer les meurtres", a cependant demandé M. Posner, présent en Egypte dans le cadre d'une tournée qui l'a également conduit en Jordanie et en Israël.
Les coptes, qui représentent 10% des 80 millions d'Egypte et sont la plus importante communauté chrétienne du Moyen Orient, se plaignent d'être victimes de discrimination et se sentent marginalisés dans un pays où l'islam strict est en progrès.
M. Posner s'est montré critique vis à vis de la situation des droits de l'Homme en Egypte mais a souligné que la démocratie ne pouvait pas y être importée.
"Il y a de graves problèmes de droits de l'Homme en Egypte", a déclaré M. Posner, citant l'état d'urgence, la situation dans les prisons, la liberté de religion ou la torture.
Mais "nous savons que dans toute société, le changement vient de l'intérieur. En Egypte, nous nous inspirons de ce que disent ou font les Egyptiens", a déclaré M. Posner qui a rencontré des ministres, des responsables, des ONG et des militants.
Début décembre, 16 organisations non-gouvernementales égyptiennes avaient accusé dans un rapport l'Egypte d'être devenue un "Etat policier", où la torture est "routinière et systématique".
"Les prérogatives de l'appareil de sécurité se sont accrues et l'Egypte s'est transformée en Etat policier", écrivaient les ONG.
"Cet appareil joue un rôle central dans tous les domaines de la vie publique" et les "responsables de violations échappent en général à toute punition dans un climat d'impunité créé intentionnellement" dans la foulée de l'état d'urgence, poursuivaient-elles.
Décrétée depuis l'assassinat du président Anouar al-Sadate par des islamistes en octobre 1981, cette loi d'exception, dont la levée est l'une des principales revendications de l'opposition, a été systématiquement reconduite depuis.
Les Etats-Unis sont "très préoccupés par les événements tragiques de Nagaa Hammadi," a déclaré M. Posner à des journalistes au Caire. "Cela fait partie de ce que l'on considère comme étant une atmosphère d'intolérance".
Le 6 janvier, à la veille du Noël orthodoxe, trois musulmans avaient ouvert le feu contre la communauté chrétienne à Nagaa Hamadi, localité du gouvernorat de Qena, à 700 km au sud...

