Le président afghan Hamid Karzaï, réélu pour cinq ans au terme d'une élection entachée de fraudes, a repoussé à la semaine prochaine la présentation devant le Parlement pour approbation d'une partie de son nouveau gouvernement, a annoncé mardi un porte-parole du Parlement.
"Ils (l'équipe de Karzaï, ndlr) ont informé hier le parlement du report. La session ne se déroulera pas avant la semaine prochaine", a déclaré à l'AFP Haseeb Noori, le porte-parole de l'administration du parlement afghan.
En Afghanistan, la semaine commence le samedi.
Siamak Herawi, l'un des porte-paroles de la présidence, avait annoncé lundi à l'AFP que M. Karzaï soumettrait mardi la composition d'une partie de son nouveau gouvernement au Parlement.
"Ce sera très probablement une grande partie du futur gouvernement, la plupart (des ministres) seront annoncés", avait-il précisé.
M. Karzaï, 51 ans, a été réélu à l'issue d'un scrutin présidentiel calamiteux marqué par des fraudes massives en sa faveur lors du premier tour de la présidentielle le 20 août.
Il est depuis sous la pression de la communauté internationale pour s'attaquer à la corruption endémique qui ronge le pays et présenter un gouvernement efficace dans la lutte contre les talibans.
Washington, qui a décidé de déployer 30.000 soldats supplémentaires dans le pays, a ainsi prévenu que l'aide financière américaine serait désormais conditionnée aux efforts en matière de lutte contre la corruption.
La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, avait également suggéré, fin novembre, au président Karzaï de recruter des ministres ayant un profil d'experts plutôt que des chefs de guerre.
Le Parlement doit accorder sa confiance par un vote au nouveau gouvernement avant que celui-ci ne puisse commencer son travail.
Après sa prestation de serment, le 19 novembre, le chef de l'Etat avait lui-même investi ses deux vice-présidents, des anciens chefs de guerre à la réputation controversée: le Hazara Karim Khalili et surtout le "maréchal à vie" Mohammad Qasim Fahim, un Tadjik, ancien leader de la résistance contre les Soviétiques. Ce dernier est notamment accusé par l'organisation Human Rights Watch de violations des droits de l'homme et de trafic de drogue.
Le gouvernement sortant compte 25 ministres.
Dans une interview diffusée dimanche sur CNN, le président afghan a promis d'éradiquer la corruption dans les instances du pouvoir tout en estimant que les critiques occidentales à ce sujet reflétaient une vision "exagérée" du phénomène.
"Le problème de la corruption a été exagéré politiquement par certains de nos partenaires de la communauté internationale", a déclaré le président afghan.
Mais le gouvernement afghan "s'attaquera à cette question et à tous les problèmes qui sont ceux de l'Afghanistan", a promis M. Karzaï. "C'est de notre responsabilité, et nous devons le faire", a-t-il affirmé.
Arrivé mardi matin à Kaboul pour rencontrer notamment le président Karzaï, le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a promis d'évoquer "l'importance pour nous d'avoir des ministres compétents et honnêtes dans les secteurs-clés de la Défense ou de l'Intérieur".
Selon lui, les ministres détenant ces portefeuilles dans le précédent gouvernement étaient "très compétents".
"Ils (l'équipe de Karzaï, ndlr) ont informé hier le parlement du report. La session ne se déroulera pas avant la semaine prochaine", a déclaré à l'AFP Haseeb Noori, le porte-parole de l'administration du parlement afghan.
En Afghanistan, la semaine commence le samedi.
Siamak Herawi, l'un des porte-paroles de la présidence, avait annoncé lundi à l'AFP que M. Karzaï soumettrait mardi la composition d'une partie de son nouveau...

