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Culture - Performance-Lecture

« Parlez-moi d’amour » et… redites-nous ces choses tendres

Une soirée poétique, de vers, de prose mais aussi de confidences que Chritian Gonon, sociétaire de la Comédie-française, a partagée avec le public. «Parlez-moi d'amour» a charmé par la résonance des mots et le bonheur qu'a l'artiste à les livrer. Comme un plat savoureux.

Christian Gonon enivre la salle de mots et de poésie.   (Ibrahim Tawil)

« Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers, picoté par les blés, fouler l'herbe menue : Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds. Je laisserai le vent baigner ma tête nue. Je ne parlerai pas, je ne penserai rien ; mais l'amour infini me montera dans l'âme (...). » C'est par ces vers rimbaldiens que Christian Gonon aborde sa performance et l'audience s'envole immédiatement sur les ailes de la poésie.
Il enchaînera par des paroles à l'allure prophétique issues de notre terroir : « Quand l'amour vous fait signe, suivez-le. Bien que ses voies soient dures et rudes. Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui. L'amour ne possède pas, ni ne veut être possédé. Car l'amour suffit à l'amour. Quand vous aimez, vous ne devriez pas dire, "Dieu est dans mon cœur", mais plutôt "Je suis dans le cœur de Dieu". » C'est bien Gibran Khalil Gibran qu'on croirait apparaître de derrière les nuages afin d'offrir son testament sur l'amour.
Ce sentiment qui peut être universel, tel celui d'Anna de Noailles : « Être dans la nature comme un arbre humain (...) et sentir la sève universelle affluer dans ses mains. » Bacchanale comme celui de Baudelaire : « Enivrez-vous de vin, de vertu, de poésie à votre guise. » Romantique comme celui de Gérard de Nerval : « Il est un air, pour qui je donnerais, tout Rossini, tout Mozart et tout Weber. Un air très vieux,... Qui pour moi seul a des charmes secrets !... » Sensuel comme celui de Ghérasim Luca : « Je te mains, je te sueur... je te navigue, je t'ombre, je te corps et te fantôme, je te rétine dans mon souffle, tu t'iris. Je t'écris, tu me penses. » Ou rêveur comme Robert Desnos : « J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité. »

Amours et délices...
Mais l'amour a également d'autres facettes, que Christian Gonon reflètera de cette voix qu'il module à sa guise. Il sera tour à tour mutin en interprétant un texte de Prévert. « Je suis comme je suis. J'aime celui qui m'aime. Est-ce ma faute à moi si ce n'est pas le même que j'aime chaque fois », dira-t-il d'une voix coquine. Mais il peut être ce soutien solide pour la bien-aimée en lui promettant d'être à ses côtés en toute circonstance en reprenant les mots d'Henri Michaux : « Agir, je viens ».
Il peut être également cet amour inconstant comme le Don Juan de Molière : « Tout le plaisir de l'amour est dans le changement » ; amusant et surprenant en rendant les paroles de Pierre Desproges tellement poétiques dans cette petit saynète finale ou encore violent et tiraillé en devenant Chimène.
Quel que soit le visage de l'amour, Christian Gonon a su porter le masque. En effet, le premier désir de théâtre de cet artiste a toujours été celui qui le rattache aux mots et au texte. « L'auteur est en quelque sorte un maître d'armes, a-t-il dit un jour, dont les mots enfouis dans leurs œuvres seraient leurs plus belles lames ; j'espère pour ma part être celui capable de tirer cette arme de son fourreau pour en faire le meilleur usage
possible. »
Au cours de cette soirée unique sur les planches du Tournesol, la lame de Christian Gonon a fait mouche.
« Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers, picoté par les blés, fouler l'herbe menue : Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds. Je laisserai le vent baigner ma tête nue. Je ne parlerai pas, je ne penserai rien ; mais l'amour infini me montera dans l'âme (...). » C'est par ces vers rimbaldiens que Christian Gonon aborde sa performance et l'audience s'envole immédiatement sur les ailes de la poésie. Il enchaînera par des paroles à l'allure prophétique issues de notre terroir : « Quand l'amour vous fait signe, suivez-le. Bien que ses voies soient dures et rudes. Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui. L'amour ne possède pas, ni ne veut être...
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