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Suisse et minarets : l'UE préoccupée par une stigmatisation de l'islam

Les pays de l'Union européenne ont déploré lundi le vote suisse interdisant les minarets et exprimé leur préoccupation face aux conséquences d'une décision pouvant être perçue dans le monde musulman comme une stigmatisation de l'islam.

"C'est l'expression d'un préjugé et peut-être même d'une peur mais il est clair qu'il s'agit à tous égards d'un signe négatif, il n'y a aucun doute à ce sujet", a déclaré le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, dont le pays assure la présidence de l'UE. Il s'exprimait à la radio suédoise.

A Bruxelles, son collègue ministre de l'Intérieur, Tobias Billstrِm, a jugé "surprenant" de soumettre un tel sujet à référendum, tandis que la ministre suédoise chargée de l'Intégration Nyamko Sabumi a estimé que si "les Suisses ont un excellent système de consultation populaire", parfois "il peut être utilisé d'une mauvaise manière, comme dans ce cas précis".

"Il n'y a pas de problèmes entre les musulmans et les Européens dans l'Union européenne. Les musulmans sont Européens", a souligné la jeune ministre d'origine africaine.

Les Suisses ont voté dimanche à une large majorité de 57,5% l'interdiction de la construction de nouveaux minarets à l'appel de la droite populiste, qui dénonce un "symbole politico-religieux".

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, s'est lui déclaré "un peu scandalisé" par une vote qui est selon lui "une expression d'intolérance".

"Il ne faudrait pas donner le sentiment de stigmatiser une religion, en l'occurrence l'islam", lui a fait écho à Bruxelles le ministre français de l'Immigration Eric Besson.

"Nous devons favoriser en France l'émergence d'un islam de France qui s'intègre dans les valeurs de la République, et le meilleur moyen de parvenir à cela c'est d'éviter les faux débats", a insisté le ministre.

La Commission européenne, pour sa part, s'est voulue prudente. Elle s'est refusée à commenter directement "une décision souveraine prise par un pays tiers" (extérieur à l'Union européenne, NDLR).

Mais elle a rappelé à l'attention d'Etats membres de l'UE qui seraient tentés de prendre des décisions similaires la nécessité "de respecter les droits fondamentaux, comme la liberté de religion".

La ministre suisse de la Justice Evelyne Widmer-Schlumpf, présente à Bruxelles pour participer à une réunion prévue de longue date avec des représentants de l'UE, n'a pas caché son embarras.

"Je vais expliquer à nos partenaires que ce n'est pas un vote contre la religion des musulmans, mais seulement contre les minarets", a-t-elle déclaré.

"En Suisse, nous respectons la liberté de la foi. C'est un droit très important pour nous", a-t-elle assuré. Mme Widmer-Schlumpf reconnaît toutefois que ce vote "n'est pas un signe très bon de la part de la Suisse". Mais "je suis persuadée qu'on peut expliquer que c'est notre démocratie, où on a la possibilité de voter", a-t-elle estimé.

Les pays de l'Union européenne ont déploré lundi le vote suisse interdisant les minarets et exprimé leur préoccupation face aux conséquences d'une décision pouvant être perçue dans le monde musulman comme une stigmatisation de l'islam.
"C'est l'expression d'un préjugé et peut-être même d'une peur mais il est clair qu'il s'agit à tous égards d'un signe négatif, il n'y a aucun doute à ce sujet", a déclaré le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, dont le pays assure la présidence de l'UE. Il s'exprimait à la radio suédoise.
A Bruxelles, son collègue ministre de l'Intérieur, Tobias Billstrِm, a jugé "surprenant" de soumettre un tel...