La construction du viaduc qui reliera la route de Damas au boulevard Camille Chamoun est en cours.
Sayyad-Galerie Semaan
Les travaux sur ce tronçon sont d'ores et déjà visibles. Ils vont compléter un projet d'une grande complexité visant à décongestionner le rond-point Sayyad et les entrées et sorties de Hazmieh et de la banlieue sud, tout en assurant à ces régions un accès facile vers Beyrouth et vers l'aéroport. C'est dans le cadre de ce projet qu'ont déjà été réalisées les deux pénétrantes vers Achrafieh et vers le port de Beyrouth (Nahr Beyrouth).
Quels travaux sont en cours actuellement ? Ils portent sur une troisième pénétrante qui va jusqu'au boulevard Camille Chamoun. Le projet comporte quatre composantes : il y aura, d'une part, un viaduc (pont à plusieurs travées) qui passera au-dessus du boulevard Camille Chamoun et le reliera à l'intersection de Sayyad. Dans une deuxième étape sera réalisé un autre viaduc qui va de la banlieue sud vers Sayyad, et donc vers la route de Damas. Un troisième viaduc ira de la région Galerie Semaan vers la route de Damas, en enjambant l'intersection de Sayyad. Enfin, un quatrième pont assurera le passage de Sayyad vers le palais présidentiel de Baabda, sachant qu'actuellement, il faut effectuer tout un détour pour couvrir la même distance. Avec ces quatre nouvelles voies rapides, il n'y aura quasiment plus d'intersection à Sayyad, mais des accès facilités vers les différentes directions. L'objectif est de décongestionner le trafic sur cette route qui, rappelons-le, relie Beyrouth à la Békaa.
Outre les viaducs et les voies rapides, ce projet comporte des tunnels pour faciliter encore plus le passage d'un endroit à un autre. Un premier tunnel sera creusé un peu plus haut que Sayyad, exactement au niveau de la bifurcation du palais présidentiel, pour permettre aux automobilistes de faire demi-tour sans problème à cet endroit. Actuellement, un passage entre les deux voies (l'une montant vers la Békaa et l'autre descendant vers Beyrouth) est une cause permanente d'embouteillages. Deux autres petits tunnels seront réalisés au niveau de Sayyad, l'un pour assurer un passage vers l'autoroute de l'aéroport, l'autre vers le boulevard de Chiyah, en allant vers Galerie Semaan.
Le projet sur ce tronçon, déjà entamé rappelons-le, devrait durer encore deux ans et demi. Il ne prévoit pas seulement les travaux sur des routes, mais aussi l'agrandissement et la modernisation des infrastructures des régions de Hazmieh et de la banlieue sud : canalisations d'eau potable, installations d'électricité, réseaux d'égouts, câbles de
téléphone.
Le coût global du projet est de 33 millions de dollars, assurés entièrement par le Fonds koweïtien, sur base de prêts à longue échéance. L'entreprise qui exécute le projet est la société Nicolas Srouji, et le bureau de surveillance est ACE (Associated Consulting Engineers).
Hazmieh-Jamhour
Le deuxième grand tronçon du projet de réhabilitation de la route de Damas va de Hazmieh vers la région de Jamhour. Il consiste principalement en la construction de trois grands échangeurs, l'un au niveau du ministère des Travaux publics (Fayadiyeh, école militaire), l'autre au niveau du ministère de la Défense, et un troisième au niveau de la bifurcation de l'école Notre-Dame de Jamhour. Ces trois échangeurs sont conçus pour faciliter les demi-tours à ces endroits, tout en réduisant les embouteillages et les risques d'accidents.
Également prévue dans le cadre de ce projet, la construction d'un pont au niveau de la bifurcation de Bsous, elle aussi problématique actuellement.
Par ailleurs, un viaduc est prévu sur la route près du ministère de la Défense, en un point que les automobilistes connaissent bien, et où la route passe par une sorte de dépression (descente et montée). Ce pont permettrait d'en finir avec cette section problématique de la route, en raison des nappes phréatiques qui la rendent instable pour le moment.
Ce projet, lui aussi entamé, coûtera 38 millions de dollars. Il sera réalisé par CET (Consolidated Engineering and Trading), et la surveillance reviendra au bureau Khatib et Alami.
Jamhour-Baalechmay
Ce troisième tronçon du projet de la route de Damas est le plus problématique de tous. Il n'est pas encore en période d'exécution ni même d'appels d'offres, parce que la difficulté de sa conception a requis des études supplémentaires. Ce tronçon va de Jamhour jusqu'à Baalechmay (au-dessus de Aley). Cette route contient certains des tournants les plus dangereux de l'infrastructure routière du pays, avec un taux d'accidents graves très élevés, surtout que de nombreux camions empruntent cet axe vers ou de la Békaa.
Selon M. Khairallah, l'étude a montré qu'il était pratiquement impossible d'agrandir les tournants au niveau de Kahalé, de Araya et de Aley. Voilà pourquoi l'idée de créer une route parallèle qui rejoindrait l'autoroute arabe a fait surface. Sur cette route, il y aurait des tunnels et des viaducs, mais il n'y a pas de détails plus précis sur ce plan pour le moment.
M. Khairallah nous assure que le CDR est actuellement à la recherche de fonds pour financer le projet et payer les nombreuses expropriations qu'il requiert. Ces fonds seront recherchés auprès d'institutions européennes et arabes, mais rien n'a été finalisé à ce jour.
Baalechmay-Sofar
Le quatrième tronçon qui fait l'objet de travaux sur la route de Damas est celui qui va de Baalechmay (au-dessus de Aley) à Sofar. Sur ce tronçon, les travaux démarreront très prochainement. Ce projet consiste essentiellement en trois échangeurs, l'un à Baalechmay, le deuxième à Bhamdoun et le troisième à Sofar. L'élargissement des routes et la modernisation des infrastructures sont également prévus.
La durée des travaux, comme ailleurs, sera de deux ans et demi. Le budget requis de 28 millions de dollars sera assuré par le Fonds koweïtien, sous forme de prêts de longue échéance. L'entreprise chargée des travaux est koweïtienne, Combined Group, et la surveillance revient au bureau Khatib et Alami.
Autoroute arabe
Où en est l'exécution de l'autoroute arabe qui va de Sofar vers la Békaa ? On se souvient du bombardement des ponts sur cette route par l'aviation israélienne, notamment le pont de Mdeirej, réputé pour être le plus haut du Moyen-Orient, et qui n'était opérationnel que depuis peu lorsqu'il a été
atteint.
Selon M. Khairallah, le tronçon entre Sofar et Mdeirej est terminé depuis plusieurs années et n'était la destruction des ponts, cette partie de l'autoroute aurait été praticable sans problèmes actuellement.
Pour ce qui est du pont de Mdeirej, sa réhabilitation est financée par un don des États-Unis. On en est, selon l'ingénieur, à la dernière phase des travaux, sachant qu'une des deux voies a dû être entièrement reconstruite, avec tous les problèmes techniques que cela a impliqués. La réhabilitation de ce seul pont a coûté 30 millions de dollars, alors que le projet global sur ce tronçon, incluant la construction de deux échangeurs, de deux viaducs, etc, avait alors nécessité un budget de 40 millions de dollars.
La réhabilitation du pont de Sofar, et de l'autoroute attenante, est elle aussi en cours d'exécution. Le budget de huit millions d'euros (quelque 12 millions de dollars) est assuré par un don du gouvernement italien.
Sur un autre plan, les travaux ont démarré sur le tronçon d'autoroute allant de Mdeirej à Taanayel, en passant par Chtaura. Ce projet de 160 millions de dollars comporte essentiellement la construction de cette partie de l'autoroute, qu'on rejoint à partir de Sofar. La durée globale de ce projet est de cinq ans, et son financement provient du Fonds saoudien et, en partie, de la caisse de l'OPEP, sous forme d'un prêt à longue échéance. Les entreprises Abdel Rahman Hourié et CET ont remporté l'appel d'offres pour l'exécution, et la surveillance revient conjointement aux bureaux Team International et Saoud Consult.
Le dernier tronçon de l'autoroute arabe va de Taanayel à Masnaa. Il est en cours d'exécution depuis un an et demi, et devrait encore durer autant. Le financement de 60 millions d'euros (environ 90 millions de dollars) est assuré par la Banque européenne d'investissement (BEI). L'adjudication internationale a accordé le projet à une entreprise turque, Stefa. La surveillance est assurée par le bureau Khatib et Alami.
Notons que, contrairement au projet initial qui délimitait le début de l'autoroute arabe à Baabda, celle-ci commence actuellement bien plus haut, à Sofar. Il semble que le tronçon qui prend son point de départ à Baabda soit pour l'instant mis de côté.

