L'Irak organisera le 21 janvier ses premières législatives depuis le carnage confessionnel ayant ensanglanté le pays durant trois ans et, en principe, les dernières à l'ombre de l'armée américaine qui a renversé l'ancien dictateur Saddam Hussein en 2003.
Les députés ont accouché dimanche au forceps d'une loi électorale qui permet la tenue du scrutin dans une atmosphère radicalement différente de celui de décembre 2005.
"Nous nous sommes mis d'accord pour que le élections se tiennent le 21 janvier", a annoncé à l'AFP le chef de la commission électorale irakienne, Faraj al-Haïdari.
"Nous avons envoyé aujourd'hui (lundi) une lettre à la présidence et nous avons reçu la confirmation lors d'un entretien téléphonique que cette date avait été acceptée", a-t-il ajouté.
Il a par ailleurs précisé que la prochaine assemblée serait composée de 323 sièges, contre 275 pour l'actuelle.
L'approbation de la loi électorale a été saluée par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui a affirmé que ce scrutin contribuerait au "progrès politique de l'Irak". Dimanche, le président américain Barack l'a qualifiée "d' étape importante dans la reprise en mains de son destin par le peuple irakien".
Le scrutin de 2010 sera marqué par le clivage politique apparu au sein des trois principales communautés, qui présentaient chacune un front uni il y a quatre ans.
"Lors des prochaines élections, le facteur confessionnel sera très faible et, dans la prochaine chambre, le conflit opposera les laïcs aux religieux plutôt que les sunnites aux chiites", a affirmé à l'AFP l'expert politique Ibrahim al-Soumaidaï.
Deux grandes coalitions se disputent les voix des chiites: l'Alliance nationale irakienne (ANI) et la Liste de l'Etat de droit du Premier ministre Nouri al-Maliki.
Chez les sunnites, qui avaient boycotté le scrutin précédent, deux grands courants sont également en lice: le Front de la Concorde irakienne, dont le Parti islamique est la principale composante, et l'Alliance de l'Unité nationale d'un patron de presse, Nehru Abdel Karim.
Cette nouvelle donne, résultat de la meurtrière guerre confessionnelle entre sunnites et chiites, offre une chance à deux blocs laïques: celui conduit par deux anciens baassistes, Saleh al-Moutlaq et l'ex-Premier ministre Iyad Allaoui, et l'autre qui réunit l'actuel ministre de l'Intérieur Jawad al-Bolani et le chef tribal sunnite Ahmad Abou Richa.
Ce scrutin devrait être le dernier en présence de soldats américains. Les Etats-Unis, qui comptent actuellement 117.000 militaires en Irak, doivent se désengager totalement du pays fin 2011.
Le vote de la loi électorale, pour lequel l'ambassadeur américain Christopher Hill a pesé de tout son poids, enlève une épine du pied de Washington qui entend retirer ses troupes de combat en août 2010 pour en envoyer éventuellement une partie en Afghanistan, devenu sa priorité.
"Ce qui est significatif sur la date de janvier c'est que les plans de réduction des troupes peuvent se réaliser selon le calendrier" prévu, a expliqué M. Hill.
Mais il a fallu beaucoup de patience et des trésors d'imagination pour trouver un compromis sur la question la plus épineuse qui bloquait tout consensus: la représentation électorale de la riche province pétrolière de Kirkouk, disputée par les Arabes, les Turcomans et les Kurdes.
Arabes et Turcomans affirment que les Kurdes sont venus en masse depuis 2003 pour modifier le rapport démographique. Les Kurdes assurent qu'ils n'ont fait que revenir après en avoir été chassés par Saddam Hussein, et souhaitent que les listes électorales correspondent à la démographie actuelle.
Les députés ont accouché dimanche au forceps d'une loi électorale qui permet la tenue du scrutin dans une atmosphère radicalement différente de celui de décembre 2005.
"Nous nous sommes mis d'accord pour que le élections se tiennent le 21 janvier", a annoncé à l'AFP le chef de la commission électorale irakienne, Faraj al-Haïdari.
"Nous avons envoyé aujourd'hui (lundi) une lettre à la présidence et nous avons reçu la...

