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Culture - Exposition

Samir Sayegh épris des « hourouf »

Vingt-neuf toiles de Samir Sayegh, aux tons sourdement ou tendrement monochromes, sur les cimaises de la galerie Agial jusqu'au 28 novembre.
Éloge et célébration des lettres arabes, objet d'exploration esthétique, formelle et symboliste, jusqu'à l'obsession, d'un peintre profondément épris depuis longtemps des «hourouf» d'une calligraphie
incomparable.
Des toiles aux formats variables (du 6 x 6 cm aux 50 x 70 cm, en passant par les 100 x 100 cm) pour créer une dynamique et une expression nouvelles aux lettres arabes. Les belles lettres (une quête entamée depuis 1983 par l'artiste) sans pour autant plonger dans un texte explicite ou cohérent. Tout simplement l'éloquence, l'élégance et la souplesse des lettres dans leur farouche
indépendance...
Touche de mysticisme aussi pour ces « icônes » où la feuille d'or opère sa part de lumière et de faste sur fond de lignes d'une incroyable netteté. Netteté de cristal ou d'épure. Avec parfois une allure, une « aura » qui n'est pas sans rappeler les souveraines atmosphères asiatiques, surtout celles du Japon où l'encre devient, par un seul geste, mystérieux, péremptoire, furtif ou ample, un éventail transparent... Mais aussi mouvements cinétiques qui ne sont pas sans rappeler Vasarely et un certain pop art...
Ronde magistrale d'un «abécédaire» arabe, à lecture multiple, dextrement et patiemment «relooké», sans jamais céder à un modernisme criard, gratuit et facile, dans des normes, des variations, des combinaisons, des parités et des dimensions inédites.
«Arriver à des lettres qui ne soient pas prononcées, mais plutôt observées, des lettres que les yeux contemplent, que l'imagination lise et déchiffre...», tel est l'objectif de Samir Sayegh, véritable «mo'allem» (maître) d'un art d'une grande finesse et précision, sans mettre sous le boisseau fantaisie, originalité, sobriété, profondeur et inventivité.
Des «Alef» droits comme un if, des «Noun» renfermés en coquilles assoupies, des «Baa» ouverts à grands vents, des «Dal» recroquevillés ou bossus, des «Kaf» puissants et bien assis au cœur de l'univers, des «Ha'» sans contrainte, nantis de toutes les libertés, un «Jin» aux échos d'un paradis impalpable, des «Sin» tranchants comme une épée...
Des lettres affalées, combatives, offertes, rêches, tendres, ébouriffées, ordonnées, des lettres robustes comme du bois, fragiles comme un moineau sur l'arbre, des lettres statiques ou en enchevauchées fantastiques comme le galop d'un cheval allant l'amble...
Des lettres coquines, friponnes, espiègles, agressives, timides, sérieuses, ambiguës, à odeur de sainteté, ludiques, sages, graves, sérieuses, enjouées, délurées, délirantes...
Des lettres qui caracolent comme sur une partition, des lettres qui se fuient, se rejoignent, se bousculent, se boudent, se retirent dans leur tour d'ivoire, se clignent malicieusement de l'œil, vivent en toute dignité leur solitude et isolement...
Samir Sayegh, fin et constant «taquineur» des muses, demeure par ailleurs toujours un éloquent défenseur de son art. On lui cède volontiers la parole pour évoquer la sarabande de ses lettres: «Les formes calligraphiques demeureront mon obsession, de même que la toile et son art abstrait. En tant que formes ou lignes, les lettres sont comme des corps. Elles ont une tête, une taille et des extrémités. En calligraphie, les lettres sont des corps qui ont des attributs: agiles, élégantes, souples, debout, étendue, penchées, étirées, détendues, allongées, courtes, attachées, détachées, ouvertes, fermées. En calligraphie, les lettres ont des corps qui s'éveillent et incitent le soleil à se lever et le jour à commencer. Lorsqu'elles marchent, les rivières se mettent à couler et les ailes à battre. En calligraphie, les lettres sont des anges. Elles apparaissent et prêchent, s'insinuent dans les rêves, chuchotent et racontent des histoires, et deviennent un soleil d'or et une lune d'argent.»
Éloge et célébration des lettres arabes, objet d'exploration esthétique, formelle et symboliste, jusqu'à l'obsession, d'un peintre profondément épris depuis longtemps des «hourouf» d'une calligraphie incomparable.Des toiles aux formats variables (du 6 x 6 cm aux 50 x 70 cm, en passant par les 100 x 100 cm) pour créer une dynamique et une expression nouvelles aux lettres arabes. Les belles lettres (une quête entamée depuis 1983 par l'artiste) sans pour autant plonger dans un texte explicite ou cohérent. Tout simplement l'éloquence, l'élégance et la souplesse des lettres dans leur farouche indépendance... Touche de mysticisme aussi pour ces « icônes » où la feuille d'or opère sa...
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