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Ban Ki-moon en Afghanistan pour parler de la présidentielle

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon est arrivé lundi en Afghanistan, toujours englué dans sa crise politique, pour y rencontrer le président sortant Hamid Karzaï et l'ancien ministre Abdullah Abdullah, qui a annoncé dimanche son retrait du 2e tour de la présidentielle.

Cette visite fait "suite à l'attaque d'une maison d'hôtes la semaine dernière dans laquelle cinq employés de l'ONU ont été tués", ont aussi précisé les Nations unies dans un communiqué.

Mercredi, trois kamikazes avaient attaqué la maison d'hôtes Bekhtar, au centre de Kaboul, tuant cinq expatriés de l'ONU et deux policiers. Un corps carbonisé reste à identifier. Les talibans avaient revendiqué l'attaque.

Outre le personnel de l'ONU, à qui il exprimera sa solidarité, "le secrétaire général rencontrera aussi le Dr. Abdullah Abdullah et le président Hamid Karzaï" dans la journée, a ajouté l'ONU.

Cette visite survient alors que le flou règne toujours sur l'élection présidentielle, entre la tenue comme prévu d'un second tour samedi prochain ou la proclamation de la victoire de M. Karzaï.

Mais la situation pourrait s'éclaircir rapidement: la Commission électorale indépendante (IEC), chargée de l'organisation du scrutin, a annoncé une conférence de presse pour 16H00 (11H30 GMT), où elle annoncera "sa décision sur la conduite du second tour de l'élection présidentielle".

La direction de l'IEC est réunie pour décider "s'il faut tenir un second tour ou pas", selon un des dirigeants, Daoud Ali Najafi, alors que la commission assurait dimanche que le "délai de rétractation" pour les candidats étant écoulé, l'élection se tiendrait bien samedi, même avec un seul candidat.

Des pressions diplomatiques s'exercent actuellement pour qu'un second tour à un candidat n'ait pas lieu. "Ca arrangerait tout le monde", glisse un diplomate européen sous couvert d'anonymat.

Un autre diplomate européen souligne la menace de violences des talibans. "Au niveau pratique, tenir l'élection signifie une importante dépense et la possibilité de pertes en vies humaines", explique-t-il.

"Pour le moment, c'est comme un match de boxe en 15 rounds, dans lequel un des deux combattants dit au bout de 12 rounds +je m'en vais+ (...). La question est de savoir si le match doit s'arrêter ou non", a résumé ce diplomate.

M. Abdullah avait annoncé dimanche son retrait de la compétition, après le refus de M. Karzaï d'accéder à ses demandes visant à diminuer les risques de fraudes.

Sa décision replonge le pays dans l'incertitude politique, plus de deux mois après le calamiteux premier tour du 20 août, entaché de violences, d'une faible participation et de fraudes massives en faveur d'Hamid Karzaï ayant entraîné l'annulation d'un quart des bulletins de vote.

M. Karzaï avait recueilli 49,67% des voix, contre 30,59% à M. Abdullah. Son retrait lui évite une probable défaite au second tour, jugent les observateurs.

M. Karzaï n'avait accepté un second tour qu'après d'intenses pressions diplomatiques.

Des sources diplomatiques expliquent que l'éventualité du retrait d'un candidat du second tour n'étant pas prévue dans la Constitution, ce serait à la Cour suprême, considérée pro-Karzaï, que reviendrait le dernier mot.

Les experts interrogés par l'AFP sont partagés, certains jugeant que la loi oblige à tenir un second tour, d'autres que le problème peut être réglé différemment, par exemple via la tenue d'une Loya Jirga, un conseil traditionnel rassemblant les chefs tribaux au niveau national.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé les autorités afghanes à "décider de la voie à suivre pour que ce processus électoral aboutisse à une conclusion conforme à la constitution afghane".

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon est arrivé lundi en Afghanistan, toujours englué dans sa crise politique, pour y rencontrer le président sortant Hamid Karzaï et l'ancien ministre Abdullah Abdullah, qui a annoncé dimanche son retrait du 2e tour de la présidentielle.
Cette visite fait "suite à l'attaque d'une maison d'hôtes la semaine dernière dans laquelle cinq employés de l'ONU ont été tués", ont aussi précisé les Nations unies dans un communiqué.
Mercredi, trois kamikazes avaient attaqué la maison d'hôtes Bekhtar, au centre de Kaboul, tuant cinq expatriés de l'ONU et deux policiers. Un corps carbonisé reste à identifier. Les talibans avaient revendiqué...