La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a averti mercredi la Corée du Nord que les sanctions resteraient inchangées faute d'avancées vers la dénucléarisation, plaidant au passage pour un renforcement de l'action multilatérale contre la prolifération nucléaire.
"Les sanctions actuelles ne seront pas allégées avant que Pyongyang ne fasse des avancées vérifiables et irréversibles vers une dénucléarisation complète", a lancé la chef de la diplomatie américaine lors d'un discours à Washington.
"Les dirigeants de ce pays", a-t-elle insisté, "ne doivent pas se faire d'illusion sur le fait que les Etats-Unis pourraient avoir un jour des relations normales et sans sanctions avec une Corée du Nord dotée de l'arme nucléaire".
Mme Clinton a par ailleurs réaffirmé que les Etats-Unis étaient prêts à discuter bilatéralement avec la Corée du Nord, mais dans le but exclusif de ramener Pyongyang à la table des négociations multilatérales.
La Corée du Nord a procédé à deux essais nucléaires en 2006 puis en 2009. Elle a abandonné en avril les pourparlers à Six (les deux Corées, Etats-Unis, Chine, Japon, Russie) après des sanctions des Nations unies.
Hillary Clinton a par ailleurs détaillé la promesse, faite au printemps à Prague par le président Barack Obama, d'agir pour aboutir à un monde dénucléarisé.
Elle a souligné que l'Amérique montrait l'exemple en progressant, avec la Russie, dans la réduction de l'arsenal stratégique impressionnant hérité de la guerre froide. Les deux pays négocient actuellement un nouveau traité, qui doit prendre la suite de l'accord START de 1991.
Mais tout en soulignant sa foi dans "le dur labeur de la diplomatie", elle a dressé un tableau sombre de l'action multilatérale dans les crises récentes.
"La communauté internationale", a-t-elle rappelé, "n'a pas pu empêcher la Corée du Nord de se doter de l'arme nucléaire, (et) l'Iran continue d'ignorer les résolutions du Conseil de sécurité exigeant qu'il suspende l'enrichissement d'uranium".
Selon Mme Clinton, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA, l'organe de l'ONU censé vérifier la teneur des activités nucléaires des Etats) "ne dispose ni des outils, ni de l'autorité de mener à bien sa mission efficacement."
Alors que les grandes puissances poursuivent leur bras de fer diplomatique avec le régime de Téhéran, la secrétaire d'Etat a indiqué que l'Amérique travaillerait au renforcement des pouvoirs de l'agence.
"Contrecarrer les ambitions nucléaires de la Corée du Nord et de l'Iran renforcerait le régime de la non-prolifération", a-t-elle assuré.
La chef de la diplomatie américaine a aussi estimé que le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) devait être complété pour faire face aux "nouveaux défis", en particulier les menaces de terrorisme nucléaire.
Elle a notamment appelé à "employer les outils financiers et juridiques pour contrarier les réseaux illicites de prolifération".
Barack Obama avait proposé, à Prague en avril, de relancer les efforts contre la prolifération de l'atome en vue d'aboutir à un monde "sans armes nucléaires". Il a renouvelé ce plaidoyer lorsqu'il a été, en septembre, le premier président américain à présider une séance du Conseil de sécurité de l'ONU.
L'objectif est lointain, mais réaliste et surtout nécessaire, a assuré mercredi Mme Clinton, pour qui un monde sans nucléaire "améliorera à la fois notre sécurité nationale et la stabilité internationale".
"Les sanctions actuelles ne seront pas allégées avant que Pyongyang ne fasse des avancées vérifiables et irréversibles vers une dénucléarisation complète", a lancé la chef de la diplomatie américaine lors d'un discours à Washington.
"Les dirigeants de ce pays", a-t-elle insisté, "ne doivent pas se faire d'illusion sur le fait que les Etats-Unis pourraient avoir un jour des relations normales et sans sanctions avec une...


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