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Culture

Les « Imajjazzination » de Greta Naufal

Greta Naufal fait partie des mordus de la note bleue qui ont su établir des correspondances rimbaldiennes entre image et jazz. Elle propose dans « Imajjazzination » une black session des yeux du jazz.
Les yeux. Ce sont les yeux qui envoûtent Greta Naufal. Le regard des jazzmen exerce sur la plasticienne une fascination telle qu'elle s'empresse de traduire cette hypnose sur ses toiles. Entamée depuis plusieurs années, sa galerie de portraits vient d'être exposée à Stockholm, dans un endroit mythique intitulé Fasching, un club de jazz traditionnel et légendaire qui propose à longueur d'année un programme ambitieux et varié. Naufal s'y rend régulièrement les étés où elle se trouve en résidence d'artiste en Suède.
Ses portraits ténébreux et imprévisibles, explorateurs des tourments de l'âme et des noirceurs de bitume, sont un hymne au regard et aux expressions. Greta Naufal est née dans la musique, d'un père oudiste et directeur d'orchestre. Son rêve était d'être musicienne mais « je n'avais pas une technique suffisamment bonne, j'avais commencé trop tard ». Elle se dirige alors vers la communication visuelle, jusqu'à enfin pouvoir exprimer sa musicalité à la pointe du pinceau. Car pour elle, la peinture comme la musique se fait sans compromis, dans la créativité.
Le jazz est venu à Greta Naufal dans les années 80, lorsque la guerre battait son plein à Beyrouth. « Nous allions au Blue Note, écouter Ziad Rahbani et ses amis. Ce club de la rue Makhoul était notre havre de paix, un lieu où l'on se sentait coupé du monde, se souvient l'artiste à la chevelure incendiaire. Le jazz était comme un pansement. Pour vaincre notre peur qui était immense. Et il répondait à notre recherche d'un ailleurs. »
Et puis un jour, elle tombe sur un livre, Eyes of Jazz, de Herman Leonard. Et se trouve entraînée dans ce monde à travers le visuel du photographe américain qui a sublimé les yeux d'enfant du Bird, le cri de Dinah, le bic de Thelonious, les volutes de Dexter, Sonny, Fats et Erroll, la mâchoire d'Art, la beauté de Sarah, la décontraction de Gerry, les fous rires de Julian et de Dizzy, l'élégance de Miles...
Elle écoutait leur musique. Puis, en voyant leurs portraits, a surgi une nouvelle envie, celle de « portraitiser » les bluesmen qu'elle aime tant. « Ce qui m'intéresse, c'est l'expression. » Pour cela, elle exécute des croquis des artistes, se documente, lit leur biographie, écoute leur musique. Elle s'imprègne de ses sujets aussi longtemps qu'il le faut jusqu'à exécuter sur toile les portraits.
Pour peindre, Naufal s'inspire ainsi de photos, d'images glanées dans des ouvrages biographiques ou photographiques, « et bien sûr de leur musique, qui m'aide beaucoup à réaliser ces tableaux. N'est-ce pas dans leur musique qu'ils mettent le plus d'eux-mêmes ? ». Aujourd'hui, elle souhaite continuer à peindre des bluesmen. Des contemporains, croqués sur le vif. Revenir à l'essence du jazz, à sa vibration originelle, à son souffle vital. Une vision plastique et raffinée. Sans doute la clé de ces tableaux si prégnants qui seront réunis dans un ouvrage à paraître dans quelques mois.
Les yeux. Ce sont les yeux qui envoûtent Greta Naufal. Le regard des jazzmen exerce sur la plasticienne une fascination telle qu'elle s'empresse de traduire cette hypnose sur ses toiles. Entamée depuis plusieurs années, sa galerie de portraits vient d'être exposée à Stockholm, dans un endroit mythique intitulé Fasching, un club de jazz traditionnel et légendaire qui propose à longueur d'année un programme ambitieux et varié. Naufal s'y rend régulièrement les étés où elle se trouve en résidence d'artiste en Suède.Ses portraits ténébreux et imprévisibles, explorateurs des tourments de l'âme et des noirceurs de bitume, sont un hymne au regard et aux expressions. Greta Naufal est née...
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