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UE : Ankara s'impatiente face à la lenteur des négociations

Le ministre turc des Affaires étrangères a refusé vendredi d'ouvrir en l'état les ports et aéroports de son pays aux Chypriotes grecs, malgré un ultimatum européen, et exprimé son impatience face à la lenteur des négociations sur l'adhésion de la Turquie à l'UE.

M. Ahmet Davutoglu, qui s'exprimait à Bruxelles devant un centre de réflexion, a lié toute avancée sur la question de l'ouverture des ports et aéroports turcs à un accord dans les négociations de paix entre communautés grecque et turque de l'île divisée de Chypre.

Les Chypriotes grecs, en insistant sur ce point, "veulent forcer la Turquie à les reconnaître, ce que nous ne ferons pas", a-t-il prévenu.

"La reconnaissance des Chypriotes grecs n'est pas possible pour nous si la question de Chypre n'est pas résolue", a-t-il ajouté.

L'Union européenne a fixé à fin 2009 une date limite pour l'application par les Turcs du protocole dit d'Ankara, qui étend un accord douanier UE-Turquie aux Etats membres entrés dans le bloc en 2004, dont Chypre.

Pour s'y conformer la Turquie doit ouvrir ses ports et aéroports aux navires et avions chypriotes grecs.

En raison du refus d'Ankara d'obtempérer, l'Union européenne a gelé en décembre 2006 huit des 35 chapitres thématiques qui jalonnent les pourparlers d'adhésion de la Turquie.

Et la Commission européenne doit rendre le 14 octobre un rapport très attendu sur la Turquie, qui évaluera les efforts d'Ankara.

Selon des sources diplomatiques, les Européens veulent toutefois éviter une crise grave et Bruxelles pourrait faire preuve de clémence à l'égard de la Turquie.

"L'intention qui se dessine est d'éviter de faire dérailler les négociations de paix à Chypre entre le Nord et le Sud avec un rapport trop négatif", souligne un haut fonctionnaire européen.

De manière générale, le chef de la diplomatie turque a laissé percer l'impatience de son pays face à la lenteur des négociations d'adhésion à l'UE engagées en 2005, qui piétinent.

Interrogé sur la date à laquelle il aimerait voir son pays entrer dans l'Union européenne, il a répondu: "mon opinion personnelle est que même 2015 serait trop tard, pas seulement pour nous mais pour l'Union européenne".

Cette adhésion doit intervenir "le plus tôt possible", a-t-il martelé.

Le ministre, qui devait rencontrer dans la journée le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, a mis en garde contre le non respect par l'UE de ses "engagements", en référence à l'ouverture des négociations en 2005 avec pour but l'adhésion pleine et entière de la Turquie.

"Nous rappellerons toujours aux dirigeants européens qu'une valeur fondamentale de l'UE est le respect des engagements pris", a-t-il dit.

La France et l'Allemagne, en particulier, s'opposent à l'entrée de ce pays dans l'UE et lui proposent à la place un partenariat privilégié, dont Ankara ne veut pas entendre parler.

Et la position de l'Allemagne pourrait se durcir encore, avec le départ des sociaux-démocrates du futur gouvernement de la chancelière conservatrice Angela Merkel.

Son parti refuse l'adhésion de la Turquie et a désormais les coudées franches. Les sociaux-démocrates, défaits lourdement aux dernières élections, y étaient au contraire favorables.

Le ministre turc des Affaires étrangères a refusé vendredi d'ouvrir en l'état les ports et aéroports de son pays aux Chypriotes grecs, malgré un ultimatum européen, et exprimé son impatience face à la lenteur des négociations sur l'adhésion de la Turquie à l'UE.
M. Ahmet Davutoglu, qui s'exprimait à Bruxelles devant un centre de réflexion, a lié toute avancée sur la question de l'ouverture des ports et aéroports turcs à un accord dans les négociations de paix entre communautés grecque et turque de l'île divisée de Chypre.
Les Chypriotes grecs, en insistant sur ce point, "veulent forcer la Turquie à les reconnaître, ce que nous ne ferons pas", a-t-il prévenu.
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