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Auto

Renault Vel Satis : la fin d’une mal-aimée

C'est officiel, la Renault Vel Satis ne verra pas 2010. La fin d'un long calvaire commercial pour une auto qui, malgré d'évidentes qualités, n'aura jamais trouvé son public. Mais pourquoi tant de haine ?
L'usine Renault de Sandouville (Seine-Maritime) a confirmé mercredi l'arrêt de la production de la Vel Satis avant la fin de l'année. La grande Renault, lancée début 2002, marque un énième échec de l'industrie automobile française dans ses tentatives de rivaliser avec le haut de gamme allemand au cours des quarante dernières années. À la différence notable d'une Peugeot 607, elle avait opté pour l'originalité à tout crin afin de ne pas attaquer les berlines d'outre-Rhin directement sur leur terrain, quitte à déconcerter une partie de sa clientèle potentielle. Sur ce dernier point, Renault s'est malheureusement surpassé.
Sachant le pari risqué, le constructeur avait laissé les coudées franches à son très controversé directeur du design, Patrick Le Quément. Honni des anti-Renault primaires, ce dernier a choisi de donner à la Vel Satis une apparence éloignée de tous les canons stylistiques du haut de gamme. Le hayon n'est alors évidemment pas une nouveauté sur les haut de gamme Renault ; l'architecture haute (1,58 m de haut, soit 10 cm de plus qu'une Mercedes Classe E, 15 de plus qu'une Safrane), si. Le style lui-même ne ressemble à rien de connu. L'architecture de la Vel Satis lui donne une silhouette de grosse compacte (4,86 m tout de même), tandis que les gimmicks, baroques, sont ceux des concept cars Initiale et Vel Satis, avec moins de cohérence et de subtilité. À défaut de dynamisme, l'ensemble n'est cependant pas dénué d'élégance et aurait pu faire souffler un vent de fraîcheur sur le segment. Souvent comparées à la française pour leur architecture atypique dans la catégorie, l'Opel Signum (une simple Vectra hatchback) ou la Seat Toledo (un monospace affublé d'un moignon de malle) ne pouvaient en dire autant.
Sur le plan esthétique, la Vel Satis fait l'effet d'un tableau cubiste dans une exposition impressionniste. Sa supposée laideur éclipse toutes les qualités par ailleurs applaudies dans les médias spécialisés. Ni son habitacle vaste, accueillant et bien fini, ni son confort impérial, son excellent comportement routier ou son agrément de conduite ne trouvent grâce auprès du public. Aux côtés du « coupéspace » Avantime, elle devient pour les détracteurs du losange le symbole des bides de l'ère Le Quément (alors même que l'audacieuse Mégane II triomphe sur les mêmes bases stylistiques, sur un segment où l'image représente certes un enjeu de moindre ampleur).
La fiabilité hasardeuse des premiers modèles, mal bêtement récurrent sur les grandes berlines hexagonales, achève de détruire son image, de même que la fragilité de ses moteurs Diesel. L'affaire du régulateur de vitesse fou (2004) lui met un autre uppercut, bien que Renault y ait été mis hors de cause. Pour ne rien arranger, le constructeur applique à son vaisseau amiral des tarifs en rapport avec son niveau de gamme ; simple question de crédibilité, même si la Vel Satis se retrouve bien vite bradée par les concessionnaires. Avant que la direction de Renault n'abrège les souffrances de cette voiture maudite, Sandouville en produisait ces derniers temps une petite dizaine par jour. Ces dernières étaient presque toutes destinées à l'administration française, seule à estimer les mérites de la Vel Satis à leur juste valeur avec les stars du Festival de Cannes, dont l'auto constituait le carrosse officiel depuis sept ans. Désireux d'oublier au plus vite cet épisode désastreux, Renault ne compte pas renouveler l'expérience dans l'immédiat. Si une autre berline haut de gamme prend la relève dans les prochaines années, il s'agira sans doute d'une Samsung rebadgée, produite en Corée. Les ouvriers de Sandouville apprécieront.

C'est officiel, la Renault Vel Satis ne verra pas 2010. La fin d'un long calvaire commercial pour une auto qui, malgré d'évidentes qualités, n'aura jamais trouvé son public. Mais pourquoi tant de haine ?L'usine Renault de Sandouville (Seine-Maritime) a confirmé mercredi l'arrêt de la production de la Vel Satis avant la fin de l'année. La grande Renault, lancée début 2002, marque un énième échec de l'industrie automobile française dans ses tentatives de rivaliser avec le haut de gamme allemand au cours des quarante dernières années. À la différence notable d'une Peugeot 607, elle avait opté pour l'originalité à tout crin afin de ne pas attaquer les berlines d'outre-Rhin directement sur leur terrain,...
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