Il s'agirait aussi pour la banque, à travers la tenue d'expositions dans ses locaux, de manifester son « adhésion aux valeurs de la responsabilité des entreprises envers la société à travers son soutien aux jeunes talents », indique d'ailleurs le communiqué de presse.
Pour son premier accrochage - ouvert au public* - la FFA, sur les conseils de la consultante en art Nada Boulos el-Assaad et en collaboration avec le galeriste Fadi Mogabgab (qui représente l'artiste installé depuis plusieurs années au Canada), a choisi de frapper un grand coup en exposant une dizaine d'œuvres picturales de Marwan Sahmarani. Sans conteste, l'un des artistes libanais les plus talentueux de l'heure.
Liberté et intensité
Un talent qui se nourrit de liberté, d'intensité, d'un regard incisif et sans tabous sur le monde. Et une œuvre qui naît d'une inlassable réflexion autour des grands thèmes universels, traités d'une manière contemporaine et éminemment personnelle, à travers une palette variée de genres et de techniques.
S'il est une constante dans l'œuvre de cet artiste pluridisciplinaire, peintre prolifique mais également sculpteur et céramiste, c'est la force, la vigueur de son expression artistique.
Guerre, sexe, violence, solitude et faux-semblants...Le travail, sous toutes ses formes, de cet artiste dépeint - et dénonce -, avec une charge émotionnelle puissante, le cynisme de nos sociétés contemporaines.
La grande rétrospective qui lui avait été consacrée en 2006, à la Planète de la découverte, avait fait découvrir aux Libanais l'étendue de son talent, d'une authentique flamboyance, ainsi que la sincérité de son parcours artistique - entamé au début des années quatre-vingt-dix, après un diplôme décroché à l'école supérieure d'art graphique Pennighen - qui n'aura admis aucune concession au « goût du jour» ou à l'esthétisme. La crudité de certaines de ses toiles peut choquer. Les nus torturés aux contours déformés, qui reviennent souvent sous son pinceau, peuvent bouleverser jusqu'à l'insoutenable. Marwan Sahmarani n'en continuera pas moins à représenter, sans se censurer, son intime perception des êtres et du monde.
Orateurs, pervers
ou possédés
Une vision humaniste qui, derrière l'impression première de noirceur, fait souvent la part belle à la satire. C'est particulièrement le cas dans la présente exposition qui, à travers dix études préparatoires pour un monument sur le thème du Dictateur (mixed-médias, fusain, pastel et acrylique, de 230 x 75 cm chacune), explore les différentes facettes de la dictature. « Il ne s'agit pas de caricatures, mais d'études des expressions du pouvoir», signale Fadi Mogabgab. En grands formats longitudinaux, qui soulignent la symbolique entre monument et dictature, s'affiche l'autocratie sous toutes ses expressions : primitive, policière, religieuse, phallique...À travers des figures inédites d'orateurs, de pervers, de possédés, d'exaltés, d'illuminés, de primates ou encore de charognards...
* Jusqu'au 30 septembre, du lundi au vendredi, de 10h00 à 18h00. FFA, rue Foch, Marfaa. Tél. : 01/985195.

