Le principal chef des talibans au Pakistan Baïtullah Mehsud, aurait été tué en milieu de semaine, selon les autorités pakistanaises, ce qui constituerait une victoire importante dans le combat mené par Islamabad et son allié américain contre les rebelles du nord-ouest.
Selon plusieurs responsables pakistanais et habitants du Waziristan du Sud (nord-ouest), fief de Baïtullah Mehsud, ce dernier serait mort mercredi dans l'attaque de drone américain qui a coûté la vie à sa seconde femme.
L'information restait à confirmer officiellement vendredi.
"Des informations indiquant qu'il est mort nous parviennent", a déclaré dans la matinée à la presse le ministre de l'Intérieur Rehman Malik.
"La bonne nouvelle, c'est que cette information provient de son groupe", a-t-il ajouté. "Mais je suis incapable de confirmer" cette information "tant que je n'ai pas de preuves solides", a-t-il tempéré.
Les premières informations sur le sujet sont venues mercredi de Washington, où un responsable américain a déclaré à l'AFP sous couvert d'anonymat qu'il y avait "des raisons de penser que Mehsud soit mort". "Mais cela ne peut pas être totalement confirmé à ce stade", a-t-il souligné.
La chaîne de télévision américaine ABC, citant des responsables américains sous le couvert de l'anonymat, a affirmé qu'il n'y avait pas de preuves matérielles, mais des "indices" indiquant que Mehsud avait été tué.
S'il est confirmé, le décès de Baïtullah Mehsud serait une victoire pour Washington, qui avait offert une récompense de cinq millions de dollars pour sa capture, mort ou vif, tandis qu'Islamabad avait promis 615.000 dollars.
Agé d'environ 35 ans, Baïtullah Mehsud était devenu ces dernières années l'ennemi public n°1 au Pakistan, en raison des nombreux attentats attribués à son réseau, le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), dont celui qui avait tué l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto en décembre 2007.
Le TTP a revendiqué une partie de ces attentats suicides qui ont ensanglanté le pays à partir de juillet 2007 (environ 2.000 morts).
Mais l'armée pakistanaise, déjà engagée militairement contre d'autres talibans du nord-ouest à Swat, hésitait à lancer une offensive terrestre contre lui dans son fief du Waziristan du Sud. Il s'agit d'une zone tribale semi-autonome frontalière de l'Afghanistan, reculée et très difficilement contrôlable.
Les Américains, qui concentraient jusque là leur attention sur d'autres talibans, ceux qui attaquent leurs troupes en Afghanistan, se sont convaincus ces derniers mois de la nécessité de neutraliser Baïtullah Mehsud, qu'ils considèrent comme un relais clé d'Al-Qaïda dans les zones tribales.
"Baïtullah Mehsud est l'une des personnes les plus dangereuses et odieuses de la région, et les Etats-Unis n'ont pas assez fait attention à lui jusqu'à très récemment", déclarait fin juin l'émissaire américain pour le Pakistan et l'Afghanistan, Richard Holbrooke, en soulignant que son élimination était devenue un objectif stratégique d'importance pour Washington.
L'étau s'est depuis resserré sur le chef du TTP, à mesure que des drones américains bombardaient son fief du Waziristan du Sud, tuant plus de 150 de ses hommes et éliminant une bonne partie de sa garde rapprochée, selon des responsables pakistanais. Dans le même temps, les attentats suicide, encore nombreux au Pakistan jusqu'à la fin juin, ont quasiment cessé depuis.
Sa mort "serait un énorme coup porté au TTP", et créerait une crise de leadership d'autant plus grave qu'"il n'y apparemment pas d'autre leader de sa stature", estimait jeudi le spécialiste des zones tribales Rahimullah Yusufzai.
Selon plusieurs responsables pakistanais et habitants du Waziristan du Sud (nord-ouest), fief de Baïtullah Mehsud, ce dernier serait mort mercredi dans l'attaque de drone américain qui a coûté la vie à sa seconde femme.
L'information restait à confirmer officiellement vendredi.
"Des informations indiquant qu'il est mort nous parviennent", a déclaré dans la matinée à la presse le ministre de l'Intérieur Rehman Malik.
"La bonne nouvelle, c'est que...

