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Culture

« Lire, il paraît que ça fait grandir ! »

Beyrouth, capitale mondiale du livre 2009. Pour célébrer cette désignation, mais surtout pour rendre un hommage au livre, voici une petite bibliographie sélective concernant, en première partie, les livres des juniors. Ou quand les livres parlent... des livres.

Le plus drôle

« Des livres plein la maison »
de Ludovic Flamant et Émile Jadoul

 

Un petit garçon, accompagné de son doudou, fait l'inventaire des livres de la maison : les livres des grands, mais il ne sont pas très intéressants... les siens, par contre, il en a plein, il peut les manger, les mâchouiller, baver dessus. Et peut-être même les « lire, il paraît que ça fait grandir ! ».
Les illustrations d'Émile Jadoul sont à croquer ! Voilà un petit album, chez Pastel, L'École des loisirs, très réussi.

Le plus farfelu

« On lit trop dans ce pays ! »

de Daniel Picouly

 

D'emblée, le titre provocateur attire l'attention. Imaginez, en effet, un pays où on lirait trop. Imaginez un pays où les livres seraient partout, où il suffirait de tendre la main pour en attraper un. Ce pays, c'est celui de Rose Bibly. Et lorsqu'un chevalier tout gris, envoyé par le seigneur de Trop-C-trop, annonce : « Maintenant c'est décidé, pour lire il faut payer ! », c'est sans compter sur l'imagination que tous les enfants ont développé depuis de si longues années. À la croisée de la légende, du conte et du poème, cette belle histoire, signée Daniel Picouly, marque l'avènement du livre pour les enfants à partir de 8 ans. Et le pouvoir de celui-ci, sous la direction de Pef au dessin, est de nous faire voyager et rêver dans une bibliothèque magique où les livres se dégustent et se grappillent comme des fruits bien mûrs.

Le plus documenté

« Le livre des livres pour enfants »
de François Rivière

 

Critique littéraire, éditeur, romancier, traducteur, biographe et scénariste de bande dessinée, François Rivière propose dans cet ouvrage un véritable kaléidoscope où il décrypte l'histoire d'un genre en plein essor, à savoir le livre de jeunesse. Au gré de reproductions pleine page qu'accompagnent les commentaires de l'auteur, Le livre des livres pour enfants, aux éditions Chêne, fait défiler plus de 80 ouvrages, parus entre 1808 à 1969. Derrière ces dates, un âge vraiment doré : le règne de Victoria, époque à laquelle a paru le Petit Lord Fauntleroy. L'on retrouve là de nombreux secrets sur les personnages et  héros de notre enfance. Mary Poppins, La Mère Michel, Babar, Oui Oui et les autres nous embarquent dans une magnifique promenade au cœur de la littérature enfantine.

Le plus pertinent

« ces livres qui font grandir les enfants »
de Joëlle Turin

 

Les enfants ont-ils besoin des livres pour grandir ? « Oui, mais pas n'importe lesquels ! », s'exclame Joëlle Turin. La spécialiste de littérature de jeunesse présente là une étude passionnante. À travers cent albums, elle présente ce que devrait être la littérature pour les enfants, un espace de pensée, de rêve, de sentiments, un monde qui raconte le monde, créatif et ouvert, un monde de sens, qui fait sens, sans didactisme ni complaisance, attentif à son jeune public, à sa curiosité, à sa fragilité aussi, à son imaginaire autant qu'à son intelligence. Dans cette analyse, elle s'intéresse autant à l'image qu'au texte, à leur relation, leurs rôles équivalents et pourtant différents, deux langages ici complices, et non plus le premier au service du second. Ce qui donne un essai très illustré, les propos s'appuyant sur des extraits, des pages des livres cités.
La sélection se présente sous cinq axes pertinents quant à l'enfance, eux-mêmes divisés en chapitre affinant le sujet et renvoyant à deux ou trois albums (par exemple, pour le domaine du sentiment, Joëlle Turin distingue la colère, la jalousie, l'amour, la solitude...).
Troisième titre de l'excellente collection Passeurs d'histoires, ce livre est un indispensable.

Le plus malicieux

« Comment apprendre à ses parents à aimer les livres pour enfants »
d'Alain Serres et Bruno Heitz

Alain Serres est un ancien enseignant de maternelle. Auteur engagé, il décide, en 1996, de fonder sa propre maison d'édition, souhaitant publier des ouvrages différents des standards que l'on trouvait alors en librairie : des livres qui donnent envie de lire, qui « titillent l'intelligence des enfants, leur esprit critique et leur sensibilité artistique », des ouvrages qui « interrogent le monde, le remettent en cause et encouragent à imaginer la vie autrement ». Naissent alors les éditions Rue du Monde, dont le présent album qui regorge d'idées pour aider le jeune lecteur à dire aux plus grands combien lire leur fait du bien ! Une approche malicieuse, un recueil de situations tour à tour drôles, magiques, ou dramatiques pour montrer que les livres pour enfants ne sont rien moins que le reflet de la réalité, qu'ils sont le tremplin de l'imaginaire, bref, que les livres pour enfants sont indispensables !

 

Le plus didactique

« Roman pour ados : mouvement littéraire ou opération monétaire ? »
de Josée Lartet-Geffard

 

Tout au long de cet ouvrage précieux, Josée Lartet-Geffard offre un regard passionné sur un authentique mouvement littéraire qui va s'amplifiant depuis quelques décennies : une littérature à part entière (en dépit de l'indifférence dédaigneuse de nombre de médias), d'autant moins aisée à définir qu'elle s'adresse officiellement à des lecteurs à mi-parcours entre l'enfance et l'âge adulte.
Plutôt que d'asséner des réponses tranchées, l'auteure progresse par questionnements, des interrogations ouvertes qui ne cessent d'en engendrer d'autres, créant une vision protéiforme de l'artefact que l'on intitule, par défaut, « roman pour ados » - une appellation qui met en relief le destinataire, la cible, « commerciale » en quelque sorte... L'auteure va cependant au-delà de l'idée que cet étiquetage ne serait là que pour mieux tenter le lecteur potentiel - et analyse, selon un ordre rigoureux, ce que la notion renferme, explore plusieurs pistes, sans a priori, en s'appuyant justement sur ses lectures, sur des paroles d'auteurs et sur les multiples réflexions qui semblent lui venir d'emblée à l'esprit - sans que cette spontanéité n'ôte à l'ensemble son caractère assurément didactique. 

Le plus drôle « Des livres plein la maison » de Ludovic Flamant et Émile Jadoul
 
Un petit garçon, accompagné de son doudou, fait l'inventaire des livres de la maison : les livres des grands, mais il ne sont pas très intéressants... les siens, par contre, il en a plein, il peut les manger, les mâchouiller, baver dessus. Et peut-être même les « lire, il paraît que ça fait grandir ! ».Les illustrations d'Émile Jadoul sont à croquer ! Voilà un petit album, chez Pastel, L'École des loisirs, très réussi.Le plus farfelu« On lit trop dans ce pays ! » de Daniel Picouly
 
D'emblée, le titre provocateur attire l'attention. Imaginez, en effet,...
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