Le président sortant iranien Mahmoud Ahmadinejad doit prêter serment mercredi pour entamer son second mandat de quatre ans sur fond de protestation contre sa réélection et de critiques de ses amis conservateurs sur son manque de fidélité au numéro un iranien.
Depuis le 12 juin, l'Iran est plongé dans sa plus grave crise politique depuis l'instauration de la République islamique en 1979 avec des manifestations qui ont fait au moins 30 morts.
Les leaders de l'opposition, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, continuent toujours à demander l'annulation de l'élection présidentielle pour fraude.
Près de 2.000 protestataires ont été arrêtés ainsi qu'une cinquantaine de dirigeants réformateurs et journalistes accusés de vouloir renverser le régime islamique.
Samedi, le procès d'une centaines de personnes s'est ouvert devant le tribunal révolutionnaire de Téhéran qui les juge pour atteinte à la sécurité nationale.
Dans un discours clé, le 19 juin, le Guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei, avait apporté un soutien ferme à M. Ahmadinejad après une semaine de protestation à la suite de l'annonce de sa victoire.
Le Guide suprême, qui décide des grandes questions politiques du pays, a confirmé lundi son élection au cours d'une cérémonie en présence de hauts dignitaires du régime.
Les responsables iraniens ont accusé les pays occidentaux, en particulier la Grande-Bretagne, d'avoir soutenu les manifestations post-électorales.
Londres a démenti toute ingérence dans les affaires iraniennes, alors que la tension est montée entre les deux pays à la suite de l'arrestation de neuf employés locaux de l'ambassade britannique, accusés par Téhéran d'avoir participé aux manifestations. Ils ont été libérés par la suite.
Les relations entre l'Iran et l'Occident se sont détériorées durant le premier mandat du président Ahmadinejad, en raison notamment des attaques verbales de ce dernier contre Israël, "voué à disparaître" selon le président et de la poursuite du programme nucléaire controversé de l'Iran.
Le président Ahmadinejad a été critiqué sur sa politique internationale qui a eu pour conséquences cinq résolutions du conseil de sécurité dont trois assorties de sanctions économiques après le refus de l'Iran de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium.
Ces dernières semaines, M. Ahmadinejad qui a toujours bénéficié du soutien du Guide suprême s'est attiré les critiques de ses amis conservateurs après avoir nommé un proche Esfandiar Rahim Mashaie au poste de premier vice-président.
Finalement, sur injonction de l'ayatollah Khamenei, il a été contraint de revenir sur sa décision. Mais il a attendu une semaine avant d'appliquer l'ordre du numéro un iranien. Surtout il a immédiatement nommé M. Rahim Mashaie à la tête du cabinet présidentiel. Ce qui n'a pas calmé la colère des conservateurs.
La tension s'est accrue avec le limogeage du ministre des Renseignements, Gholamhossein Mohseni Ejeie, après une dispute avec le président à propos de M. Rahim Mashaie.
M. Ahmadinejad est intervenu pour démentir tout différend avec le Guide assurant qu'il entretenait avec lui des liens très étroits.
Sur le plan international, le président Ahmadinejad entame son second mandat alors que les relations avec l'Occident sont au plus mal.
Téhéran n'a pas répondu à l'offre de dialogue des grandes puissances sur le nucléaire et affirme préparer son propre paquet pour discuter des grandes questions internationales. L'Iran risque un durcissement des sanctions en cas de refus de réponse.
L'Iran n'a pas répondu non plus à l'ouverture faite par le président américain Barack Obama qui avait proposé de tourner une page dans les relations entre les deux pays.
Depuis le 12 juin, l'Iran est plongé dans sa plus grave crise politique depuis l'instauration de la République islamique en 1979 avec des manifestations qui ont fait au moins 30 morts.
Les leaders de l'opposition, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, continuent toujours à demander l'annulation de l'élection présidentielle pour fraude.
Près de 2.000 protestataires ont été arrêtés ainsi qu'une cinquantaine de dirigeants réformateurs et journalistes...

