Le président américain Barack Obama devait recevoir mercredi pour la première fois à la Maison Blanche le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki et le pousser à faire plus pour réconcilier un pays encore instable afin qu'il ne sombre pas à nouveau.
L'autorité du Premier ministre s'est considérablement renforcée depuis qu'il a pris ses fonctions il y a trois ans en plein déchaînement interconfessionnel. Et Maliki a lui aussi des attentes.
Nouri al-Maliki compte sur le soutien américain pour obtenir de l'ONU qu'elle réduise les compensations versées par l'Irak au Koweït au titre des réparations pour l'invasion de l'émirat par l'armée de Saddam Hussein en 1990.
Il a plaidé sa cause à l'Onu auprès du secrétaire général Ban Ki-moon, puis des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.
"L'Irak n'est plus une menace pour la communauté internationale" et les sanctions ne sont donc "plus nécessaires", a-t-il dit après ces réunions.
Il devait ensuite rallier Washington pour rencontrer Obama, qu'il avait reçu en avril.
Maliki voudrait s'assurer le soutien des Etats-Unis à la reconstruction de son pays et à la normalisation de ses relations avec ses voisins.
L'administration Obama dit vouloir développer des relations normalisées, économiques, culturelles, à long terme. Mais elle s'inquiète que la sécurité reste fragile dans un pays situé au coeur d'une région pétrolière et stratégique, comme l'a montré une série d'attentats qui ont fait 21 morts mardi.
Et Washington insiste sur la nécessité de la réconcilier les communautés irakiennes toujours à couteaux tirés sur la répartition des revenus du pétrole ou l'équilibre des pouvoirs entre gouvernement central et autorités provinciales.
Le récent accès de tensions entre Arabes et Kurdes et le conflit territorial sur la région pétrolière de Kirkouk s'ajoutent aux préoccupations.
Aussi la nouvelle relation d'une administration américaine soucieuse de tenir la grande promesse d'Obama de mettre fin à la guerre de manière "responsable" et d'un gouvernement irakien jaloux de son indépendance a-t-elle suscité des tensions.
Obama et Maliki "auront des conversations franches, nous aurons des discussions sur la nécessité de poursuivre le processus politique" afin d'éviter tout retour en arrière, dit un haut responsable de l'administration américaine sous couvert d'anonymat.
Obama, un des rares Américains à s'être dès la première heure opposés à la guerre en Irak, et Maliki, l'interlocuteur privilégié de l'ex-président George W. Bush, se rencontrent trois semaines après le retrait militaire américain des villes irakiennes.
D'ici à fin 2011, il ne doit plus y avoir de soldats américains en Irak, en vertu de l'accord conclu de 2008 entre l'administration Bush et le gouvernement Maliki.
Lors d'une visite en juillet, le vice-président Joe Biden avait menacé d'un désengagement américain si la violence confessionnelle et ethnique reprenait.
Maliki a renvoyé les Américains sèchement dans leur coin.
A Washington, le Premier ministre se livre à un exercice délicat. Lui qui s'est employé à s'imposer comme une figure nationaliste au-dessus des communautés et qui a présenté le retrait américain comme une victoire, ne peut paraître trop proche des Américains six mois avant les législatives.
Mais il devrait se prêter jeudi à une visite, à peine concevable récemment, au cimetière militaire d'Arlington, près de Washington, où reposent des Américains tués en Irak.
L'autorité du Premier ministre s'est considérablement renforcée depuis qu'il a pris ses fonctions il y a trois ans en plein déchaînement interconfessionnel. Et Maliki a lui aussi des attentes.
Nouri al-Maliki compte sur le soutien américain pour obtenir de l'ONU qu'elle réduise les compensations versées par l'Irak au Koweït au titre des réparations pour l'invasion de l'émirat par l'armée de Saddam Hussein en 1990.
Il a plaidé sa cause à l'Onu...

