M. Rafsandjani "a répété des allégations illogiques et sans fondement" sur d'éventuelles fraudes lors du scrutin, indique le principal quotidien conservateur, "Kayhan", dont le rédacteur en chef est nommé par le guide suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei.
"M. Rafsandjani dit qu'une grande partie du peuple a émis des doutes sur l'élection. Mais il ne dit pas pourquoi (...) Si le peuple a des soupçons, c'est au sujet de l'origine des émeutiers et de ceux qui se trouvent derrière les émeutes".
Téhéran qualifie d'"émeutiers" les manifestants qui ont protesté, à plusieurs reprises et massivement, contre la validité des résultats de l'élection.
"Kayhan" accuse en outre M. Rafsandjani, ennemi juré de l'ultraconservateur Ahmadinejad qui l'avait battu à la présidentielle de 2005, de soutenir les manifestations, les plus importantes de l'histoire de la République islamique et qui ont fait au moins 20 morts, selon des chiffres officiels.
M. Rafsandjani "a ouvertement soutenu ceux qui violent la loi. Il aurait dû condamné le meurtre de personnes innocentes, le pillage de leurs affaires et les incendies de bâtiments publics. Mais il ne l'a pas fait", écrit "Kayhan".
Lors d'un prêche vendredi à l'université de Téhéran, M. Rafsandjani a estimé que le régime avait perdu la confiance du peuple après la présidentielle controversée. Il a demandé la libération des centaines de personnes emprisonnées depuis et la réouverture des médias suspendus.
"Kayhan" a également critiqué M. Rafsandjani, pour avoir employé le mot de "crise" pour qualifier la situation de l'Iran.
"M. Hachémi sait ce que signifie "crise" (...) mais "complot" est le meilleur mot pour décrire la situation actuelle", affirme le journal.
Le régime accuse l'Occident et l'opposition iranienne en exil d'être les instigateurs des troubles.
"Un grand nombre de gens sensés du pays ont dit qu'ils avaient des doutes" sur le résultat du scrutin. "Nous devrions oeuvrer à répondre à ses doutes", a déclaré lors du prêche M. Rafsandjani, alors même que le guide suprême avait validé, fin juin, les élections.
L'ancien président, qui dirige aujourd'hui deux institutions clés du régime, l'Assemblée des experts et du Conseil de discernement, a notamment critiqué le Conseil des gardiens de la constitution, estimant que cette instance suprême de validation n'avait pas "bien utilisé" le délai accordé pour vérifier les votes.
Un membre de cet organe et haut dignitaire religieux a contre-attaqué samedi.
"La légitimité du gouvernement est donnée par Dieu", a dit l'ayatollah Mohammad Yazdi, cité par l'agence de presse Isna.
"L'approbation par le peuple n'apporte pas la légitimité à un gouvernement islamique. M. Rafsandjani a ignoré cet important point islamique et a parlé (...) comme si les gouvernements étaient seulement désignés par le peuple", a-t-il ajouté.
Avec le réformateur Mohammad Khatami, M. Rafsandjani, un conservteur pragmatique, est l'un des deux anciens présidents qui ont soutenu à la présidentielle le principal rival de M. Ahmadinejad, Mir Hossein Moussavi.
Le prêche de vendredi a été suivi par une manifestation à Téhéran de milliers de partisans de M. Moussavi, qui ont lancé des slogans à sa gloire.
La police a rapidement dispersé la foule et procédé à plusieurs arrestations, selon des témoins.
"M. Rafsandjani dit qu'une grande partie du peuple a émis des doutes sur l'élection. Mais il ne dit pas pourquoi (...) Si le peuple a des soupçons, c'est au sujet de l'origine des émeutiers et de ceux qui se trouvent derrière les émeutes".
Téhéran qualifie d'"émeutiers" les manifestants qui ont protesté, à plusieurs reprises et massivement, contre la validité des résultats de l'élection.
"Kayhan" accuse en outre M. Rafsandjani,...


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