Œuvres de grands maîtres
On l'aura compris, cette exposition (organisée en collaboration avec Solidere et avec le concours de deux sponsors, Cartier et Barclays Wealth) s'adresse donc en premier aux connaisseurs et grands collectionneurs. Les pièces présentées n'étant pas à la portée de toutes les bourses et certains tableaux, comme un paysage à l'huile de Sisley (Le long du bois en automne, 60 x 73 cm, 1885) ou une grande encre sur papier de Picasso (Le mousquetaire, 1967, 63 x 47cm), pouvant atteindre le million et demi de dollars. Un peu plus accessibles, les œuvres sur papier de Dubuffet, de Botero, de Chagall (une étude de costume, celui du pirate, réalisé en 1967 pour les ballets Nidjinska, la sœur de Nidjinski)... Il n'en demeure pas moins que les amateurs moins fortunés peuvent y trouver leur compte. Ne serait-ce que le plaisir de découvrir un panel de pièces contemporaines d'artistes des quatre coins du monde. Aussi bien de France que du Japon, de Chine que de Californie, de Hollande, de Grèce, de Barcelone ou encore de Cuba - avec notamment une huile d'Ahmed Gomez, un talentueux peintre cubain d'origine libanaise !
Des œuvres également accessibles aux non-initiés, car choisies dans un « esprit de vacances », en donnant la primauté au festif, au coloré, au joyeusement fantasque... Pas d'art rigoureusement conceptuel dans cette exposition ni de sombres coups de pinceaux (abstraction faite d'une toile de Lita Cabellut, artiste espagnole d'origine gitane, dont les influences conjuguées de Goya, Rembrandt et Bacon enrobent son portrait d'homme d'une touche de grotesque et de clair-obscur).
À part cette toile exceptionnellement noire, le reste de l'accrochage est - en adéquation avec l'atmosphère estivale - dominé par la couleur, la légèreté, l'ironie, l'humour et un esthétisme qui n'est ici absolument pas en opposition avec la qualité et la créativité.
C'est le cas par exemple de la magnifique acrylique sur toile - un éblouissant cercle formé de mille couleurs - de Wang Yehan, un artiste chinois qui dit trouver son inspiration dans les toiles de Kandinsky et Paul Klee, et dont la cote prend de plus en plus d'ampleur auprès des collectionneurs privés et publics.
Diversité et audace
C'est également le cas de l'œuvre à deux mains (photo et peinture) du duo new-yorkais Yasmina Alaoui et Marco Guerra, des sculptures en résine sur le thème de la féminité et de la maternité de Marie-Madeleine Gautier, ou encore des peintures hyperréalistes des Français Patrick Boussignac et Hervé Sbarberi, ce dernier va jusqu'à peindre le grain de poussière sur ses natures mortes...
Dans le registre des pièces surprenantes : il y a une sculpture de dragon en pneus recyclés de Ji Yong Ho, celle d'un buste féminin entièrement réalisée en pièces de puzzle du Colombien Federico Uribe, les effigies animalières néopop en bois ou métal laqué du Brésilien Romero Britto, ou encore ce portrait de d'Humphrey Bogart, entièrement élaboré à partir de plaques minéralogiques par l'artiste américain Kalish.
Et du côté des œuvres audacieuses : la toile du Sud-Coréen Bae Joon Sung mêle, en techniques picturales et hologrammes, des scènes contemporaines avec d'autres du passé, et la «poupée manga», en casque de cosmonaute et porte-jarretelles entièrement en silicone et fibre de verre du Britannique Colin Christian, porte bien son nom de...Cosmonaughty !
Bref, c'est pop, « fun » et à voir. Jusqu'au 31 juillet.
* Pièce unique, Saifi Village. Horaires d'ouverture : du lundi au samedi, de 10h30 à 19h00. Tél. : 01/975655.

