Une centaine de jours après sa formation, le pléthorique cabinet de droite de Benjamin Netanyahu n'a pas réussi à convaincre l'opinion israélienne, qui le crédite d'une mention "passable".
Les Israéliens donnent une note de 5,6 sur 10 à ce gouvernement pour sa gestion des affaires, et 49% d'entre eux se disent "satisfaits" de leur Premier ministre, selon un récent sondage du quotidien Haaretz.
"Contrairement à ses prédécesseurs, d'emblée contraints de faire face à des attaques terroristes et à des incidents de frontières qui ont donné le ton de leur mandat, il a été servi par la chance", relève mercredi un éditorialiste de du quotidien libéral, qui a gratifié M. Netanyahu d'une mention "passable".
A l'issue de législatives anticipées où son parti, le Likoud, n'a obtenu que 28 sièges sur 120 à la Knesset, M. Netanyahu a formé le 31 mars une coalition s'appuyant sur les formations de droite et le parti travailliste, dans le sillage de l'offensive israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza (décembre-janvier).
Grâce à un répit dans les violences, M. Netanyahu a consolidé son emprise sur la scène intérieure, et neutralisé Tzipi Livni, chef du Kadima centriste (29 députés) qui dirige l'opposition et table sur la chute rapide de cet improbable cabinet de 30 ministres.
"Ce gouvernement multiplie les zigzags: il aspire uniquement à survivre et n'a aucun projet politique ou économique", a déclaré Mme Livni mercredi à la radio militaire.
Reste que selon Ron Ben Yishaï, expert des affaires militaires du journal en ligne Y-Net, M. Netanyahu a marqué des points sur le plan sécuritaire, notamment le dossier nucléaire de l'Iran, considéré comme une menace "existentielle" pour l'Etat hébreu, selon le Premier ministre.
"A l'issue de sa rencontre avec le président Barack Obama (le 18 mai à la Maison Blanche), les Etats-Unis ont fixé à novembre prochain le délai au-delà duquel ils pourraient reconsidérer leur politique de dialogue avec l'Iran" à propos de son programme nucléaire, souligne Ron Ben Yishaï.
Il ajoute qu'avec l'aide du ministre travailliste de la Défense, Ehud Barak, M. Netanyahu a obtenu que les Etats-Unis débloquent des crédits supplémentaires pour le projet israélien Hetz de missile anti-missile, ainsi qu'"un net rapprochement" avec l'Egypte.
En politique étrangère, M. Netanyahu marche cependant sur des oeufs notamment pour avoir choisi le controversé Avigdor Lieberman, chef du parti ultranationaliste Israël Beitenou, pour diriger la diplomatie.
Le Premier ministre est également pris entre les exigences de ses alliés de la droite radicale et des "durs" du Likoud, tous des inconditionnels d"Eretz Israël" (le grand Israël aux frontières bibliques), alors que le grand allié américain exige un gel de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés.
Il a également dû céder face à la pression américaine, en acceptant dans son discours du 14 juin à l'Université Bar-Ilan près de Tel-Aviv la "solution de deux Etats pour deux peuples" préconisée par M. Obama.
Pour Mme Livni, "Netanyahu a ainsi à nouveau montré qu'il cède facilement aux pressions. Il ne croit pas à ce qu'il dit, mais ses mots l'engagent, et tant mieux".
Sur le plan intérieur, M. Netanyahu peut se flatter d'avoir conclu avec la puissante centrale syndicale Histadrout d'obédience travailliste, un "pacte social" pour faire face aux retombées de la crise économique mondiale.
Les Israéliens donnent une note de 5,6 sur 10 à ce gouvernement pour sa gestion des affaires, et 49% d'entre eux se disent "satisfaits" de leur Premier ministre, selon un récent sondage du quotidien Haaretz.
"Contrairement à ses prédécesseurs, d'emblée contraints de faire face à des attaques terroristes et à des incidents de frontières qui ont donné le ton de leur mandat, il a été servi par la chance", relève mercredi un éditorialiste de du quotidien libéral, qui a gratifié M. Netanyahu d'une...

