Après Stationnement alterné, où le public a fait connaissance avec les péripéties de la famille Martin, Chat et souris (à prononcer Tchat, car toute l'histoire part de là ) fait redécouvrir l'univers de Ray Conney, cet acteur-auteur très british, émaillé d'un rythme fou et d'une dynamique frénétique tant dans les réparties que dans l'action.
Dans ce décor qui annonce déjà la couleur, tous les ingrédients de base - à savoir : portes au nombre de sept, un canapé, deux fauteuils et surtout l'indispensable téléphone - sont là. Un décor unique, mais séparé visuellement et virtuellement en deux, pour symboliser deux foyers. Voici la recette idéale pour un vaudeville. Une recette qui ne peut pourtant réussir sans « the final touch », cette touche finale qui est sans aucun doute le jeu des acteurs et leur direction.
Un théâtre passion
Avec sa mise en scène intelligente qui tire parti des contraintes théâtrales (deux lieux dans un même décor), Michèle Malek a aussi le souci du détail. Perfectionniste, la réalisatrice dirige avec amour et discipline sa petite troupe. Une direction si rigoureuse, que personne ne remarque la différence entre les nouveaux venus et les habitués. Car au sein de Très-Tôt Théâtre, il y a ceux qui ont déjà six ans d'atelier, comme Fouad Aoun, et d'autres, comme Alexandre Khoury (le papy), qui en ont deux.
Pour Michèle Malek, la passion prévaut tout. Cette passion qui la pousse à enseigner le théâtre, à monter des spectacles et à relever toujours les défis. Cette même passion, fil conducteur d'une bonne équipe qui ose tout en faisant primer le « jeu » collectif au « je » et qui se traduit par cette solidarité à chaque acte et scène.
Chat et souris évoque certes les progrès de l'Internet, mais aussi l'équilibre entre les personnages féminins, raisonnables et équilibrés, et les masculins, plus déjantés et caricaturaux, tout comme dans les dessins animés de Disney. Le style est enlevé, les dialogues acérés et les mouvements de scène incessants sous une musique bien choisie, qui valse également entre oriental et occidental. Portes qui claquent, quiproquos, tout cela pimenté de propos débridés. Tous les acteurs semblent prendre un tel plaisir à jouer que cela devient contagieux. On ne s'ennuie pas une seule minute dans la pièce de Michèle Malek (bien que la pièce dure plus de deux heures), mais on s'amuse à jouer, tout comme ces formidables acteurs, au Chat et à la souris.
* Théâtre Monnot, jusqu'au 12 juillet. Réservations : 01/202422.


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