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Téhéran se prépare à deux manifestations concurrentes

Téhéran se préparait mardi à deux manifestations réunissant au même endroit les partisans du président Mahmoud Ahamdinejad puis, un peu plus tard, ceux qui contestent sa réélection, dans un climat de tension accru par la mort de sept civils la veille.

Les partisans de Mir Hossein Moussavi, qui ont défilé par centaines de milliers lundi dans le centre de la capitale iranienne malgré une interdiction de manifester, ont appelé à un nouveau rassemblement place Vali Asr à 17H00 (12H30 GMT).

Sept civils ont été tués en marge de la manifestation géante après s'en être pris à une unité militaire, a rapporté mardi la radio officielle d'information iranienne Radio Payam.

M. Moussavi a appelé à ce que la manifestation de mardi soit "calme et pacifique", selon son site internet.

L'ex-Premier ministre, qui conteste la réélection du président Ahmadinejad le 12 juin, n'entend pas participer à cette nouvelle protestation mais "demande au peuple et à ses partisans d'agir pacifiquement, de ne pas tomber dans le piège des combats de rue et de conserver son calme".

Les partisans du président Ahmadinejad ont de leur coté prévu une manifestation au même endroit que celle des pro-Moussavi, mais deux heures plus tôt, selon l'agence officielle Irna.

"Un grand rassemblement populaire se tiendra à 15H00 (10H30 GMT) sur la place Vali Asr pour protester contre les émeutes et les dommages infligés aux équipements publics", a dit l'agence.

Lundi soir, un groupe de manifestants pro-Moussavi, qualifiés mardi de "voyous" par la radio publique Payam, s'en était pris en marge du cortège à une base de la milice islamique du bassidj.

"Une attaque contre un poste militaire visait à s'en emparer et à y saisir des armes, malheureusement sept de nos citoyens ont été tués et un certain nombre ont été blessés", a dit la radio, précisant que l'incident s'est produit "alors que les gens rentraient pacifiquement chez eux".

Les bassidjis, qui opèrent en civil dans la capitale, sont particulièrement haïs par une partie des manifestants, qu'ils pourchassent en moto, armés de bâtons et barres de fer.

Téhéran a été le théâtre d'émeutes samedi et de manifestations violentes dimanche, qui n'avaient officiellement pas fait de victimes jusqu'à lundi soir, dans la foulée de l'annonce de la réélection du président ultraconservateur avec un score écrasant de 63%.

M. Moussavi avait été le premier à contester les résultats le créditant de seulement 34%, malgré une mobilisation historique de 85% des électeurs qui était clairement censée lui bénéficier.

Il a déposé plainte auprès du Conseil des gardiens de la constitution, avec les deux autres candidats, le réformateur Mehdi Karoubi et le conservateur Mohsen Rezaï, laminés au scrutin.

MM. Moussavi, un conservateur modéré, et Karoubi ne reconnaissent pas les résultats alors que M. Rezaï exige d'obtenir le détail du vote.

Lundi, juché sur le toit d'une voiture au milieu des manifestants, M. Moussavi s'est dit "prêt à participer de nouveau à une élection présidentielle", tandis que son épouse, Zahra Rahnavard, a déclaré qu'ils "iraient jusqu'au bout" pour contester le résultat du scrutin du 12 juin.

L'ampleur de la mobilisation contre la réélection de M. Ahmadinejad, et les violences qui l'ont suivi, commencent à fissurer l'unité du pouvoir.

Mardi matin, le président du Parlement Ali Larijani, un personnage des plus influents du camp conservateur, a tenu le ministre de l'Intérieur Sadegh Mahsouli responsable pour des attaques contre des étudiants et des habitants d'une cité du nord de Téhéran dimanche.

Une commission d'enquête du parlement, dominé par les conservateurs, a aussi été créée pour enquêter sur l'attaque par des bassidjis dimanche d'un dortoir de l'Université de Téhéran.

Le rassemblement prévu mardi place Vali Asr sera un indicateur crucial de l'ampleur de la contestation.

Le président Ahmadinejad est arrivé mardi dans la ville russe d'Ekaterinbourg pour un sommet régional sur la sécurité après avoir retardé son voyage d'une journée en raison des troubles en Iran.

Téhéran se préparait mardi à deux manifestations réunissant au même endroit les partisans du président Mahmoud Ahamdinejad puis, un peu plus tard, ceux qui contestent sa réélection, dans un climat de tension accru par la mort de sept civils la veille.
Les partisans de Mir Hossein Moussavi, qui ont défilé par centaines de milliers lundi dans le centre de la capitale iranienne malgré une interdiction de manifester, ont appelé à un nouveau rassemblement place Vali Asr à 17H00 (12H30 GMT).
Sept civils ont été tués en marge de la manifestation géante après s'en être pris à une unité militaire, a rapporté mardi la radio officielle d'information iranienne Radio Payam.
M. Moussavi a...