Néanmoins, le retrait d'Émile Naufal et de Mahmoud Awad et la perspective d'une alliance entre les indépendants qui se réclament du président de la Ré publique, Michel Sleiman, à savoir Moustapha Husseini et Nazem el-Khoury et le « faucon » 14-marsiste, Farès Souhaid, ont renversé la donne. Aux dires de milieux politiques de la région, le Hezbollah et le CPL ont été alarmés par le retrait d'Émile Naufal et de Mahmoud Awad et ont enjoint à leurs partisans respectifs de voter massivement pour la liste de « l'opposition », composée de Abbas Hachem, Simon Abiramia et Walid Khoury, sans panachage.
Ainsi, les partisans du Hezbollah à Hsoun comme dans les autres villages de la région, notamment Lessa, Almat et Mechane ont fini par voter massivement pour Abbas Hachem et ses colistiers.
Pas d'instructions
Tel n'a toutefois pas été le cas des partisans Amal dont la plupart ont voté pour la liste des indépendants en biffant le nom de Farès Souhaid, aux dires de certaines sources politiques autorisées. Celles-ci précisent que les cadres Amal dans le caza de Jbeil ont attendu les instructions de leur direction centrale jusqu'à très tard dans la nuit du samedi au dimanche pour savoir dans quel sens voter. « Sauf que d'instructions, il n'y a pas eu, ajoutent ces sources. Et nombreux ont été les partisans Amal à voter pour Moustaphaa Husseini et Nazem el-Khoury. »
Des milieux proches de la liste des indépendants regrettent que les choses en soient arrivées à ce point avec Michel Aoun. « Sur proposition de Moustapha Hussein, révèlent-elles, un deal a été mis sur la table. Il s'agissait d'accorder un siège chrétien au CPL, un autre à un indépendant proche de Michel Sleiman, et un siège chiite à un proche de Nabih Berry. Le chef de l'État et le président de la Chambre ont tous les deux accepté cette proposition. Michel Aoun l'a rejetée. Depuis le retrait d'Émile Naufal, le CPL et le Hezbollah ont perdu leurs nerfs. Lors de leurs meetings, ils ont accusé les indépendants d'être pro-israéliens et offraient jusqu'à mille dollars par voix. »
Toujours est-il que les scrutateurs des deux camps que L'Orient-Le Jour a interrogés ont systématiquement accusé leurs adversaires d'avoir recours à la corruption électorale. Malgré la multiplication des rumeurs à ce sujet, il était impossible d'avoir la moindre preuve tangible, comme d'habitude. D'autant que toutes les localités que L'Orient-Le Jour a visitées, aussi bien Hsoun que Mechane, Almet, Lassa, Akoura, Ehmej, Kartaba, Mazraa el-Siyyad, Amchit, que la ville de Jbeil ont voté dans un parfait respect de la loi, comme ont pu le noter des observateurs turcs déployés dans la région, malgré certaines rumeurs selon lesquelles des membres des RG auraient exercé des pressions sur des partisans de la liste des indépendants.
Il reste à noter que l'affluence des électeurs était substantielle durant la matinée, de longues queues s'étant formées devant les bureaux de vote dès 8 heures. La participation a toutefois reculé au cours de la journée et le nombre de votants s'établissait à 58 % des inscrits en soirée. Quant aux résultats, aucune des machines électorales des deux camps n'était en mesure de donner le moindre indice avant l'ouverture des urnes. Et pour cause : les électeurs chrétiens qui sont majoritaires dans le caza étaient fortement divisés. Sur le littoral, il était clair que le CPL était prédominant, alors qu'à Amchit, nombreux seraient ceux qui ont voté pour les deux candidats originaires du village, à savoir le aouniste Walid Khoury et son cousin, l'indépendant Nazem el-Khoury. Dans la région du jurd, en revanche, les partisans de Farès Souhaid étaient visiblement les plus nombreux...


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